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Messieurs c'est parti … 1020, une fois ..., 1020 deux fois… 1030, une fois, 1030 deux fois, 1030 trois fois, vendu au numéro 6”. Tous ceux qui ont approché les marchés aux bovins ou aux veaux de Lamballe, Guerlesquin, Louargat, Callac, Ploërmel, St Mayeux …. connaissent la voix, le punch et les envolées de Jean-Noël Guégan. Celui qui comme nul autre savait emballer un marché, rendre une vente atone dynamique tout en respectant les acteurs qu'ils soient vendeurs ou acheteurs, va dans les prochains jours quitter son pupitre.
Jean-Noël Guégan, fils d'agriculteur de Saint Gelven dans le Centre Bretagne, démarre sa carrière, BTS agricole en poche, à la Cooperl à Lamballe en 1970, comme technicien porc. Deux ans plus tard naît, à l'initiative de quelques groupements, le Marché du porc. On lui propose de l'animer. Débute alors une nouvelle carrière qui va le conduire dans les salles de marché à St Pol de Léon, à Châteauneuf du Faou, Loudéac et Plérin. Il se souvient de ses débuts sinon difficiles du moins stressants et de quelques séances agitées. "Les nerfs ont parfois été mis à rude épreuve".
Au service du monde agricole
Dès 1974, c'est la création du marché au cadran au bovin de Lamballe. Tout naturellement c'est lui qui hérite de l'animation des ventes. Quelques mois plus tard, ce sera le tour des veaux de 8 jours. "La première vente de veaux de 8 jours aux enchères en France", se plaît-il à rappeler. Regrettant cette époque où à Lamballe plus de 500 veaux pouvaient être commercialisés aux enchères sur une après-midi. "Les jeunes ont moins de temps. Ils souhaitent le maintien des marchés qui fixent une référence, mais trouvent plus facile d'effectuer la vente directement sur l'exploitation. Et pourtant en bovins comme en porcs, c'est la confrontation directe de l'offre et de la demande qui permet de fixer le juste prix".
Le métier, il l'a appris au fil du temps. Car sur un marché c'est l'animateur qui fixe les bases des enchères en fonction de la conjoncture. "D'un seul coup d'œil en quelques secondes, il faut savoir apprécier un animal, ses qualités. Ce qui fera que les vendeurs auront envie de presser le bouton". Il insiste de nouveau sur le respect des intervenants. "Le vendeur, et c'est normal, veut vendre le plus cher possible. L'acheteur raisonne en fonction de ses besoins et de la valorisation possible, cherchant lui aussi les bons coups".
Cette passion le conduira aussi à animer les courses cyclistes, des milliers à son actif; ainsi que de multiples fêtes, comme la célèbre fête des remparts à Dinan. Jusqu'en 2006 où il décide là aussi de poser le micro. Fidèle aux Jeunes agriculteurs pendant plus de 25 ans, il anime les finales départementales et régionales de
labours en Côtes d'Armor tenant en haleine les spectateurs par ses commentaires lors des fameux Moiss'batt Cross. Sans oublier les trois finales nationales : à Meslin en 1983, Landivisiau en 1994 et Plumaudan en 2004.
C'est donc une voix et une figure reconnues et appréciées du monde agricole qui vont s'effacer pour laisser la place à un jeune. Désiré Gaspaillard prend petit à petit le relais sur les marchés aux Bovins. "J'ai toujours considéré être au service des paysans et du monde agricole", conclut Jean Noël Guégan.
Pierre Dénès
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