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L’arrivée du printemps et les premières montées de température sont souvent accompagnées du développement des mouches. “Jamais très agréable, cela devient franchement agaçant au moment de la traite”, note Pierre-Marie Droumaguet, éleveur laitier en Gaec avec sa mère Maryvonne à Berhet (Ouest Côtes d'Armor). “Les vaches sont perturbées, bousent plus et parfois provoquent des décrochages”. Sans oublier que leur prolifération ne se limite pas aux seuls bâtiments d'élevage. “Dans la maison d'habitation toute proche, on devait aussi les supporter”.
En 2006, à la suite d'un article paru dans Paysan Breton sur le sujet dans un dossier consacré à la lutte contre les mouches, les éleveurs décident de solliciter l'Ad.tech pour étudier l'opportunité de conduire une action mieux ciblée et plus complète. Ils utilisaient déjà des produits, mais sans doute pas dans les meilleures conditions d'applications et plus curatif qu'en préventif.
D'abord les larves
“Une mouche vit 2 à 3 semaines et va pondre jusqu'à 2000 œufs”, explique Alain Garzuel technicien Ad.tech. Ce sont donc des milliers de larves qui vont en sortir et donner autant de mouches. La méthode la plus appropriée pour limiter la population de mouches est donc d'éviter leur développement par l'application d'un larvicide. Celle-ci doit donc être particulièrement soignée. Elle ne se limite pas à l'aire paillée de la stabulation. “Il faut appliquer dans la stabulation, sur la fumière et les fosses, le logement des veaux. Et repérer tous les endroits où les larves peuvent se développer le plus facilement, sous les auges, au bord des murs, autour des poteaux, à proximité des abreuvoirs...”. Le produit retenu est dissous dans de l'eau chaude pour une meilleure dilution et appliqué généralement à l'arrosoir.
Une bonne attaque des larves va donc limiter la population de mouches. Mais il en reste toujours et s'il y a un ou plusieurs élevages à proximité, elles se déplacent. Ce qui contraint à avoir aussi recours aux adulticides. La technique désormais privilégiée consiste à appliquer le produit sur un des panneaux clairs et propres disposés ensuite dans des endroits stratégiques, par exemple au-dessus des cases à veaux, dans le parc d'attente, dans la salle de traite … “Le fait de disposer de panneaux propres permet de préserver la rémanence du produit jusqu'à 12 semaines”, souligne Alain Garzuel.
Le coût de l'efficacité
Le Gaec a donc passé un contrat avec l'Ad.tech pour la fourniture des produits et l'application des produits: “Nous proposons un protocole qui se déroule sur 4 étapes avec des consignes bien précises. Au cours du premier passage, si possible assez tôt (avant la fin avril), le technicien applique un larvicide et un adulticide. Six semaines après (en juin), l'éleveur opère une deuxième application du larvicide. Le technicien revient de nouveau au bout de 6 semaines (fin juillet) pour une nouvelle application du larvicide et de l'adulticide. La dernière application du larvicide se fait 6 semaines plus tard, soit à la mi-septembre. Elle est de nouveau réalisée par l'éleveur”. A noter que quelques éleveurs ont souhaité que l'ensemble des interventions soit effectuée par le technicien. C'est possible, mais cela donne lieu à une facturation supplémentaire du service.
Le technicien insiste sur la rigueur nécessaire pour une bonne efficacité et sur le respect du protocole. “Les meilleurs produits mal appliqués n'ont pas de réelle efficacité. La frustration est alors double, puisqu'il y eu dépenses et pas de résultats”. La prestation a en effet un coût qui comprend les produits et les interventions. Au Gaec, le coût sur l'année est d'environ 600 euros. L'éleveur relativise : “Auparavant les produits que l'on utilisait avaient aussi un coût, mais avec relativement peu d'efficacité. On a gagné notamment en confort de traite”.
Pierre Dénès
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