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Renforcée par le large succès aux dernières élections Chambre d'agriculture, la FDSEA d'Ille-et-Vilaine n'entend pas pour autant se reposer sur ses lauriers. “Grâce à notre détermination, nous avons avancé sur plusieurs dossiers : PAD, SDDS, Acal professionnelles… Aujourd'hui, notre projet s'inscrit dans la notion de service auprès de nos adhérents. Nous souhaitons les connaître, les identifier grâce à une base de données fiable et concrète”, a déclaré René Collin, le nouveau président de la FDSEA 35. La carte moisson, une assistance juridique plus complète font partie des propositions du syndicat.
Présent à l'assemblée générale, Jean-Michel Lemétayer, président de la FNSEA, a fait part de l'enjeu de taille qui attend la profession agricole à très court terme : la négociation internationale. “Elle est très mal engagée depuis le début car l'agriculture est incluse dans le schéma général. Et il est extrêmement difficile de changer de cap. Pourtant, le débouché de l'agriculture est d'abord local”, explique-t-il.
“Les droits de douane à l'entrée de l'UE (Union européenne) vont baisser”, ajoute Claude Soudé, chargé des relations internationales à la FNSEA. “Nous devons faire reconnaître nos normes à nos propres consommateurs. Ils peuvent imposer des pratiques, mais doivent en payer le prix. En Autriche par exemple (Ndlr : davantage une agriculture de montagne), les consommateurs achètent autrichien”. “Nous devons faire reconnaître les aspects non commerciaux et les identifier pour que le consommateur décide”, confirme Jean-Michel Lemétayer.
Quelle mission pour l'agriculture ?
Sur le plan européen, “le débat sur la mission de l'agriculture est indispensable”, insiste Jean-Michel Lemétayer. “Souhaite-t-on l'indépendance alimentaire ou pas? Nous devons décider des orientations de la nouvelle Pac, d'où découlera ensuite un budget”. Or, actuellement, la réflexion se fait à budget constant. Par ailleurs, pour la France, le bilan de santé prévu en 2008 pourrait être une nouvelle réforme si le découplage total est imposé. “En 2003, de nombreux pays de l'Union ont mis en place un système régionalisé. Le choix français n'est pas majoritaire”, précise Claude Soudé.
Le spécialiste rappelle aussi tous les éléments externes qui vont se rajouter dans la construction de la nouvelle Pac. “La pression environnementale monte en puissance. La Pac se tourne aussi vers le processus de Lisbonne avec une orientation du développement rural en faveur de l'emploi. L'UE souhaite par ailleurs mieux légiférer au travers d'une simplification administrative et d'une OCM (Organisation commune de marché) unique, contre 21 OCM aujourd'hui…” Claude Soudé déclare en conclusion : “Libéralisme ne veut pas dire fin des soutiens. Les USA aident beaucoup leurs agriculteurs, c'est aussi le cas pour la Suisse, la Norvège, le Japon, le Canada…”
De son côté, Frédéric Chevalier, président de Jeunes Agriculteurs 35, rappelle que la fin des quotas laitiers est inéluctable. “Il faut se faire une raison et commencer à y réfléchir. La solution pourrait être une contractualisation collective (Ndlr : avec une structure intermédiaire de type interprofessionnel qui redistribuera les volumes aux transformateurs). La balle est dans le camp de la transformation”, note Frédéric Chevalier.
Agnès Cussonneau
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