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Après six années passées à la tête de l'UDSEA, Joëlle Huon s'apprête à céder la présidence du syndicat. Certains y verront une des conséquences directes du mauvais score aux dernières élections Chambre d'agriculture. Dans les faits, l'agricultrice de Plouigneau avait déjà annoncé sa volonté de se retirer dès la fin l'année dernière. "Six ans, c'est assez. Presque trop si l'on veut un foisonnement et un renouvellement d'idées", a-t-elle commenté le 5 avril dernier, lors de l'assemblée générale du syndicat qui se tenait à Châteaulin. Yvon Pouliquen, agriculteur à Saint-Thégonnec, pourrait lui succéder.
Aujourd'hui sur le départ, la militante-présidente, qui ne se dit pas "du tout abattue" par le revers des dernières élections, a dressé un rapport d'orientation empreint de solides convictions. "Je crois qu'après la défaite, nous n'avons pas à rougir de nos valeurs qui sont ressorties très fortement de notre assemblée générale interne du 13 mars 2007", a-t-elle dit. Et d'ajouter : "Ces valeurs sont profondes et nous y croyons".
Pas question donc de revenir sur les valeurs de solidarité et de partage sur lesquelles le syndicat avait bâti son projet pour conquérir l'organisme consulaire. Et de déplorer une "société individualiste, de plus en plus individualiste dans laquelle le monde agricole y glisse à son tour". Derrière cette observation, le syndicat y lirait peut-être une ébauche d'explication des résultats Chambre d'agriculture ?
Tous les projets sont prioritaires
"Nous continuerons à militer et à travailler sur nos fondamentaux", a maintenu avec détermination la présidente, en rappelant qu'un paysan sur cinq a voté pour l'UDSEA. "Nous nous devons de le défendre".
Dans les mois à venir, le syndicat envisage donc d'occuper la place qu'il se doit dans le paysage agricole finistérien, notamment en ferraillant sur les dossiers qui lui sont chers. "D'abord sur les dossiers d'actualité. Comme aujourd'hui la qualité de l'eau où nous ne manquerons pas de réaffirmer nos valeurs". (Lire aussi page 10).
Le syndicat souhaite également faire entendre sa voix sur le dossier de l'installation, qualifié de "cheval de bataille" pour les élections Chambre d'agriculture. "Depuis 2001, c'est l'hécatombe dans le rang des agriculteurs", a déploré Christine Corvest, vice-présidente et responsable du dossier installations. "La politique menée dans le département ces six dernières années aboutit à près de 400 départs par an contre à peine plus de 100 installations. Si rien ne change nous ne serons peut-être plus que 7 000, voire moins, dans très peu de temps". L'UDSEA ne veut pas être caution d'une telle projection. C'est pourquoi, déclare C. Corvest, "aujourd'hui, tous les projets d'installations sont prioritaires".
Didier Le Du
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