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Finistère (29)
(29) 100 ans après James de Kerjégu : Des attaches paysannes toujours bien vertes
 
Quand naît le Crédit agricole, le Finistère vit encore au pas du cheval. "Le progrès est bien là, mais il ne touche guère le paysan finistérien lequel, la plupart du temps, vit dans la pauvreté", peut-on lire dans un petit fascicule édité à l'occasion du centenaire de la banque verte. Un anniversaire symbolique célébré en avant-première au château de Trévarez, autre symbole, car construit par le premier président de la caisse régionale du Crédit agricole : James Montjarret de Kerjégu. Une occasion aussi de rappeler que c'est sous l'impulsion de grands propriétaires fonciers que cette banque a vu le jour.

Les femmes moins frileuses que leurs époux

De 1907 à 1939, le Crédit agricole passe de trois caisses locales à quarante caisses regroupant près de 1 900 sociétaires. La parenthèse dramatique de la guerre crée paradoxalement des initiatives sur le plan bancaire. Ce sont en effet les femmes qui, en l'absence des hommes, ont pris les commandes des fermes. "Or, elles sont moins frileuses que leurs époux. Ce sont elles qui vont se lancer dans l'accession à la propriété en recourant en 1921 à des prêts à long terme. Le succès est d'ailleurs tellement grand que, faute de disponibilités, la banque doit stopper ce type de prêt".

Le siècle a passé et le "succès est toujours là", se félicitent les responsables actuels qui mettent en avant les presque 10 milliards d'euros d'encours de collecte réalisés en 2006. "L'augmentation est de 8,3 %. Nous représentons un tiers du marché", détaille Jack Bouin, directeur général. Et de mentionner une légère baisse de l'épargne. "C'est la première fois. C'est dû au changement de législation sur l'épargne logement. En contrepartie, les produits d'assurance vie progressent de 14,4 %" .
De l'autre côté de la balance, les emprunts. En 2006, c'est 1,7 milliard que la banque verte a injecté dans l'économie du département (+6,6 %). "Les crédits vont surtout aux particuliers : 1 017 millions dont 880 millions d'euros dans l'habitat", chiffre la direction qui ne craint pas "de chute brutale des prix dans l'immobilier, même si ça se tasse".
À noter également la forte progression des crédits accordés aux collectivités publiques (+ 28,9 %). Avec des fins de mandat qui se profilent et des échéances électorales encore suffisamment éloignées, 2006 était une bonne année pour entreprendre des travaux afin, aussi, d'afficher un bon bilan quand viendra le moment de se représenter…

Agriculture : année correcte

Le secteur agricole n'affiche pas le même tonus que l'immobilier ou les collectivités, même si comme le dit Jean Le Vourc'h, président de la caisse régionale, plusieurs productions agricoles du département ont connu une année correcte. "Les crédits consentis à l'agriculture s'élèvent à 150 millions d'euros, en baisse de 6,6 %. Ça correspond à une baisse de l'investissement. Reste à présent à voir l'évolution dans les années à venir", observe J. Bouin, soulignant que le Crédit agricole reste "très présent sur le bonifié et les jeunes agriculteurs".
Malgré cette baisse du recours à l'emprunt, il n'y a pas lieu de s'alerter pour l'agriculture départementale. "Le porc a connu une année correcte et l'encours a globalement diminué", note J. Le Vourc'h qui n'oublie pas la frange des éleveurs "en réelle difficulté depuis plusieurs années et qu'il faut suivre de près".
En lait également, "la situation évolue positivement". Le marché est favorable aux cours des matières premières. "Il y a une relative pénurie de beurre en Europe. Les vocations de développement agricole de l'Argentine et de l'Australie sont contrées par des sécheresses successives", analyse le président, constatant "qu'il arrive au lait ce qu'il arrive aux autres matières premières : le manque soutient les prix". Et d'ajouter : "Pour le producteur, cela se traduit par un maintien de la situation, même s'il doit faire face à des dépenses de mise aux normes". Reste que la reprise des négociations de l'OMC pourrait changer la donne. Jean Le Vourc'h en est convaincu : "Le beurre ne pourra pas rester à ce niveau de prix".

Didier Le Du

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Date de l'article : semaine du N° du 13 au 19 Avril 2007
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