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Côtes d'Armor (22)
(22) Courants de fuite : La qualité de l’installation électrique peut avoir une influence
 
Courant 2005, l'Earl Cadiou-Buannec à Pommerit Le Vicomte a réalisé la mise aux normes de son atelier laitier. Ceci a notamment consisté en l'installation d'une salle de traite dans ce qui servait auparavant de parc d'attente. "A notre grande surprise, les vaches qui avant la mise aux normes venaient naturellement à la traite ont commencé à bouder. Et même à devenir plus agressives pendant la traite" explique Jean Marc Cadiou.
Les éleveurs ont d'abord mis cette attitude sur le compte de la nouveauté et aussi sur le fait qu'ils ne distribuaient plus de concentrés à la traite. "Mais rapidement nous avons aussi vu nos résultats leucocytaires se dégrader avec des vaches à plus de 300 000 cellules, y compris des primipares"."Nous comprenions d'autant moins que l'installation avait été vérifiée par le Crocit qui avait donc donné son agrément", note encore l'éleveur.

La conformité ne suffit pas toujours.

Sollicité, le GDS a lui aussi vérifié l'installation révélant un certain nombre d'anomalies. "Nous avons notamment constaté des variations importantes, de 0 à 400 milli-Volts, au niveau des lactoducs, des barres avant et des rives de quai", souligne Hervé Le Moine, technicien qualité du lait au GDS. Il était en outre impossible de vérifier la liaison électrique à la terre avec le Catohm. Le reste des mesures et observations faites par le technicien GDS ne mettait pas d’autre anomalie en évidence.
Le bilan a donc conclu à la présence de courants de fuite, y compris dans les bras de traite, courants ressentis par les vaches au point de les perturber.
L’éleveur a décidé de séparer la terre de l'installation électrique de celle des tubulaires et tout est rentré dans l'ordre. "Moins d'une heure de travail", note l'éleveur. "Depuis plus de problème pour faire entrer les vaches en salle de traite. Par ailleurs la moyenne leucocytaire est redescendue à un niveau correct. Les primipares démarrent à 20 000 / 30 000 cellules". Pour les éleveurs, ces problèmes ne sont plus qu'un mauvais souvenir, mais qui ont tout de même eu un coût. "Les pénalités à la laiterie ont atteint jusqu'à 0,15 centimes d'euro du litre" pendant quelques mois.

Un cumul de facteurs

Le Gaec du Gologouët à Laurenan a lui aussi été confronté à des problèmes importants de mammites. Dans cet élevage, plusieurs éléments ont été mis en évidence. Au niveau du bâtiment, une ventilation insuffisante améliorée par le remplacement d'une partie de mur par un bardage de 40 centimètres en claires-voies. Sur l'installation de traite, un niveau de vide trop important qui agressait les trayons des vaches, et un seuil de décrochage trop bas qui se caractérisait par du lait résiduel chez plusieurs vaches. Et des courants de fuite au niveau du lactoduc.
Dans cet élevage, il a donc fallu intervenir à plusieurs niveaux pour obtenir une amélioration de la situation sanitaire. "Les courants de fuite étaient l'un de ces éléments. Chaque facteur de risque corrigé a porté ses fruits". Ici aussi les résultats leucocytaires se sont nettement redressés.

Pierre Dénès

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Date de l'article : semaine du N° du 13 au 19 Avril 2007
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