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Les poussins et les dindonneaux qui sortent des couvoirs ont besoin de bonnes conditions de confort. La litière et la chaleur procurée par le chauffage sont deux éléments importants de ce confort et tout doit être mis en oeuvre pour que les conditions optimales soient réunies.
PAILLE OU COPEAUX
La paille broyée est le minimum pour les lots de dindes. L’intérêt, c’est son coût (de l’ordre de 250 à 300 F /t. sur le champ et 600 F/t. rendue pour la paille hors-région). Le broyage de la paille se fait en général dans le poulailler avec l’inconvénient de la poussière et des risques d’incendie. D’où la solution adoptée par certains éleveurs d’utiliser de la paille pré-broyée au champ, ou par passage dans une ensileuse.
«On recherche des brins de 3 à 5 cm. La paille sèche absorbe de 3,5 à 4,7 fois son poids en eau. Le meilleur pouvoir absorbant est obtenu par la paille d’orge ensilée et le plus mauvais par la paille de blé entière», déclare Christian Nicolas de la Chambre d’Agriculture 29. Il faut être vigilant à la qualité sanitaire de la paille notamment pour les dindes (absence de champignons). On épandra 6 à 7 kg de paille au démarrage, pour une consommation totale de 10-12 kg par m2 pour la durée totale d’un lot de dindes.
Le copeau coûte plus cher (de l’ordre de 800 F/t. en vrac). Son pouvoir absorbant est quasiment le double de la paille. On épand environ 6 kg au démarrage des dindes et 9 à 10 kg sur l’ensemble du lot. L’utilisation des copeaux est fréquente pour la totalité du lot, en Morbihan. Ailleurs, les éleveurs utilisent les deux (paille et copeaux) ou seulement la paille broyée pour leur litière.
«L’entretien de la litière est un problème qui préoccupe les éleveurs car avec l’aliment végétal, les litières sont grasses. Il faut repailler souvent, ce qui prend du temps, au détriment parfois d’autres travaux».
LA BONNE TEMPÉRATURE
En poulets, le démarrage en ambiance s’est généralisé avec une température de 32-33°C, soit un minimum de 25°C au niveau de la litière. Le préchauffage est particulièrement important en sol bétonné car il y a des risques de condensation. Pour la dinde, on recherche 33-34°C. «La majorité des éleveurs démarrent en ambiance pour une question de travail. La litière doit être la plus plane possible, car les dindonneaux peuvent s’y réfugier. Il faut éviter les anfractuosités, arrondir les angles du poulailler par des grillages».
Le démarrage en localisé se fait généralement par ronds de 2 radiants. Dans ce cas, il suffit que la température ambiante soit à 27-28°C car les animaux peuvent venir à l’aplomb de la source de chaleur (température à 38-40°C). «Il est par contre impératif d’avoir cette température sous radiants sinon les poussins s’entassent et risquent d’étouffer. La hauteur des radiants est généralement fixée à 1,20 m en localisé et 1,80 m en ambiance».
Certains éleveurs démarrent en semi-localisé, par grands ronds de 3 à 4 parcs. Les conditions de température sont les mêmes qu’en démarrage en ambiance. L’objectif est de sécuriser le démarrage en créant des zones mais le travail est plus important.
Les circuits d’eau doivent être purgés avant l’arrivée des poussins. Il faut également d’être vigilant à la température de l’eau de boisson. Elle doit être identique à celle de la litière. Si elle est glacée, les poussins ne boiront pas.
RENOUVELER L’AIR
Les besoins en renouvellement d’air au démarrage sont faibles. Il y a peu de rejets d’humidité car le poids par m2 est peu élevé. Sur la base de 0,6 à 1 m3 d’air/h par kg, le besoin global au démarrage sera de l’ordre de 1 000 m3/h d’air dans un poulailler de 1 200 m2 avec 25 poulets par m2. A 7 jours, le besoin passe à 3 600 m3/h. En dinde, les besoins au démarrage sont encore plus faibles car le poids de volailles est moins élevé (faible densité). «Même si les besoins d’air sont faibles, ils existent dès le 2ème et 3ème jour. Il faut à tout prix évacuer l’humidité dès le démarrage car le pouvoir de rétention de la litière est tel que quand l’humidité s’installe, il est difficile de la combattre», souligne C. Nicolas.
BOIRE ET MANGER
Créer des conditions de confort, c’est aussi mettre à disposition des poussins et dindonneaux, l’eau et l’aliment nécessaires à leur croissance. En poulet, tout le matériel adulte est mis en place au démarrage (pipettes et chaînes). Pour obtenir une bonne homogénéité des lots, il est préconisé d’utiliser du matériel spécifique de démarrage comme le papier déroulé près des chaînes, les plateaux plastiques ou les alvéoles.
L’utilisation de matériel adulte pour l’alimentation dès le départ (absence de matériel spécifique) peut entraîner des conséquences néfastes sur le lot car les animaux se couchent dans les assiettes. Il ne faut pas non plus tomber dans l’excès de matériel spécifique mais s’en servir pour attirer les poussins au départ car ce qui est important, c’est l’appétence de l’aliment. «En effet, même s’il y a profusion de matériel, il faut renouveler souvent l’aliment surtout en dinde où les fientes sont plus liquides. En effet, un renouvellement insuffisant peut se traduire par une non-consommation et/ou des problèmes sanitaires sur le lot.»
De nombreuses astuces existent pour remplir les trémies de démarrage par exemple, en plaçant directement sous la chaîne, le seau qui servira au remplissage de la trémie ou la trémie elle-même. On peut également se servir du tuyau de descente de la chaîne aérienne.
L’abreuvement des poulets avec des pipettes a tendance à se généraliser en poulets. Si l’éleveur utilise des plassons en dinde, il doit régler l’eau très haut pour que le dindonneau boive dans de bonnes conditions. Il faut également être vigilant aux fuites qui pourraient dégrader la litière et fausser les enregistrements de consommation. En fait tous les détails sont importants dans le démarrage d’un lot. Une bonne préparation du bâtiment faite avec rigueur sera un atout pour le démarrage. |