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Pour les protéagineux de printemps, l’échelonnement des dates de semis et la pluviométrie sont les deux facteurs à prendre en compte pour raisonner la protection fongicide. Avec l’inscription récente de bonnes variétés de pois d’hiver et l’échelonnement de semis de printemps, à cause notamment, d’un mois de février particulièrement pluvieux, la plage de semis du pois s’allonge.
En Bretagne, elle va de début novembre à courant février en terres filtrantes et même jusqu’à la mi-mars en sol plus humide, de type limon. La présence d’une phase hivernale dans le cycle de la culture, la durée globale du cycle et les conditions climatiques favorisent les périodes de contamination par les champignons.
Pois d’hiver : l’anthracnose
Avec les conditions plutôt douces et humides de l’hiver, les contaminations des plantes par l’anthracnose sont déjà présentes ; la progression de la maladie dépendra aussi des conditions climatiques à venir et pourra même « exploser », s’il pleut régulièrement pendant la floraison. La protection fongicide s’impose avec un premier traitement avant la fermeture du couvert
(début avril au plus tard) compte tenu de l’avance des cultures.
Pois de printemps
Pour les semis de printemps, les traitements avant le début floraison ne s’imposent pas mais cette année la précocité des premiers semis et la précocité des cultures pourraient conduire à un traitement avant la floraison. Les dates prévisionnelles d’entrée en floraison et la période à couvrir par les traitements fongicides sont présentées au tableau 1
Pas de nouveauté fongicide
La base des traitements reste le chlorothalonil ; certains produits utilisables associent le chlorothalonil à d’autres matières actives. Utilisée seule, la dose de chlorothalonil par traitement ne doit pas être inférieure à 1000 g/ha (carbendazime, pyriméthanil, flutriafol, …). Le nombre de traitements dépendra de la pluviométrie pendant la floraison. En pois d’hiver, il se situera de 2 à 4. En pois de printemps semé tôt (avant la mi-février) il pourra varier de 1 à 3. En pois de printemps semé tard, prévoir 1 à 2 traitements, voire aucun si les conditions sont particulièrement sèches.
B. Gaillard
Arvalis-Unip
D’autres maladies moins fréquentes
•La bactériose : quelques dégâts ont eu lieu cette année, à cause de la période froide de la fin janvier. Les symptômes sont différents de ceux de l’anthracnose et se présentent sous forme de tâches “huileuses” (on l’appelle aussi la graisse du pois) sur les tiges et les feuilles. Les plantes atteintes se dessèchent (dégâts sous forme de ronds dans les parcelles). Il n’y a pas de possibilité de lutte fongicide en végétation.
•Le mildiou : En végétation, il apparaît sous forme d’un feutrage violacé sur les feuilles ; sa fréquence est liée à la contamination des sols (pois fréquent dans la rotation) et/ou de semences. Ces dégâts sont peu importants en général et il n’y a pas de traitement efficace.
•Le botrytis : Sous forme d’une pourriture grise, le botrytis peut se développer en conditions chaudes et humides, mais pas avant la floraison (chute des premiers pétales dans le couvert). Les traitements fongicides de “pleine floraison” doivent intégrer ce risque mais le chlorothalonil ne suffit pas. Utiliser soit du pyriméthanil, soit de la vinchlozoline (ou une matière active équivalente à cette dernière).
•Sclérotinia et oïdium : Ce sont deux maladies de fin de cycle mais relativement rares. Le risque “sclérotinia” est accru dans les rotations avec colza et pois fréquents. Le risque “oïdium” est possible en fin floraison, en parcelles irriguées.
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