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Nous avons de bons éleveurs, de bons nutritionnistes ou formulateurs, nous disposons d'une génétique de haut niveau et pourtant nous plafonnons en performances d'engraissement” déclare François Madec, directeur de la filière porcine à l'Afssa. L'optimisation de ces atouts est difficile, le facteur limitant se situe, selon lui, au
niveau des bâtiments qui
ne permettent pas une bonne maîtrise des pathologies respiratoires sur le porc en croissance.
Un parc bâtiment vieillissant
“Les porcheries ont une trentaine d'années. Malgré les rénovations, elles ne répondent pas exactement aux nouvelles exigences. Nous devons innover, anticiper pour améliorer la qualité de l'air, pour le bien être des porcs mais aussi pour celui des éleveurs”. L'amélioration des performances technico-économiques en engraissement passe, en premier lieu, par la maîtrise des agents infectieux véhiculés par voie aérienne. Les règlementations sur le bien être, sur les nuisances olfatives ou encore des modifications éventuelles sur la législation du travail pourraient également être plus contraignantes à l'avenir. Les unités de production sont de plus en plus grandes et les besoins en main d'oeuvre salariée augmentent. Les conditions d'ambiance en bâtiment sont peut être, selon lui, à mettre en relation avec la difficulté de recruter.
Toutes ces raisons ont poussé l'Afssa à développer un programme de recherche sur la qualité de l'air en
porcherie. Des entreprises bretonnes ont décidé de lui apporter un soutien financier et logistique. Ce soutien a permis à l'Afssa de lancer
des études grâce à l'acquisition d'outils innovants et d'accéder à des sites de production équipés des dernières technologies mises au point par ces entreprises.
Développer de nouvelles technologies
Une collecte de données dans 120 élevages du grand ouest sur les températures , l'hygrométrie, les teneurs en gaz et surtout en poussières permettront d'établir une typologie physico-chimique de la qualité de l'air en post sevrage ou en engraissement et d'identifier les circonstances associées à de mauvaises conditions d'ambiance. La teneur en poussières, classées selon leur taille, sera mesurée par une méthode photométrique qui permet, d'une part, d'avoir des résultats en instantané et d'autre part, d'avoir un suivi de mesures en continu sur quelques heures. Les méthodes classiques ne permettent que des mesures ponctuelles. Un recoupage avec les caractéristiques des salles et notamment des matériaux de contruction des murs, des sols, des cloisons ou des plafonds sera réalisé. Les dimensions des bâtiments, les types de ventilation et leur réglage, le mode de stockage des effluents et les modes d'alimentation seront également pris en compte. Enfin, les performances de croissance des animaux, leur état de santé et l'étude des organes en abattoir permettront d'établir des relations entre toutes ces différentes données. L'analyse et l'interprétation de ces paramètres sera réalisé en fin 2007.
Les entreprises associées au programme y voient l'intérêt de développer de nouvelles technologies, chacune dans son domaine d'activité spécifique. “Actuellement, les régulations de ventilation se basent sur des données de température et d'hygrométrie. Les études sur les concentrations en gaz ou en poussières pourraient, par exemple, entraîner une conception de nouveaux capteurs et un ajustement plus précis des systèmes de ventilation” déclare l'un des représentants de ces entreprises. Cette étude de la qualité de l'air peut également déboucher sur l'élaboration de nouveaux matériaux de construction et la conception de nouveaux bâtiments. Les entreprises partenaires pourront, en tous cas, disposer d'une base d'informations originales et actualisées sur la composition de l'air et d'une plate forme de validation terrain pour leurs systèmes commercialisés. L'enjeu de ce programme collectif d'intérêt régional est donc de construire l'élevage de demain, pour le confort et la santé des porcs mais aussi pour le bien être des éleveurs.
Bernard Laurent
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