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Sommaire | " POLITIQUE AGRICOLE " | Article n°7165 |
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Philippe Mangin, président de Coop de France : Une coopération innovante et conquérante
 
Philippe Mangin, président de Coop de France était l'invité du congrès de la FDSEA des Côtes d'Armor, mardi à Plérin. Le plaidoyer qu'il a effectué en faveur de la coopération est à la fois sans ambiguïté et sans concession.
D'emblée, il place le débat dans le contexte international autour de trois défis : alimentaire, énergétique et écologique. "Nous devons à la fois relever le défi alimentaire avec une augmentation vertigineuse de la population mondiale dans les années à venir et plus particulièrement dans des pays émergents qui adoptent un mode de vie semblable au nôtre. Intégrer la nouvelle demande énergétique dont tous les experts s'accordent à dire qu'elle passera aussi par l'agriculture (biomasse, biocarburants). Assurer un développement durable pour produire plus et mieux".
Il se montre par contre très inquiet du contexte européen et mondial. Considérant notamment que la machine infernale de l'OMC évolue à l'écart de ces grands défis en n'ayant comme seul credo que le libéralisme forcené. "Il ne faut surtout pas se laisser bercer par les discours de ceux qui pensent que le marché va tout régler". Préoccupé aussi par le manque d'ambition de l'Union européenne qui n'affiche pas de volonté d'une agriculture moderne et ne fait plus de la préférence communautaire une priorité.
Contractualisation maîtrisée
Des interrogations et des inquiétudes, mais également des convictions fortes pour une coopération innovante, conquérante qui doit selon lui "sortir de la logique de production pour entrer dans une logique de transformation et de commercialisation". "Nous avons besoin d'usines aux bouts de nos champs, des usines championnes de l'innovation pour des produits de plus en plus élaborés et répondant à la demande des consommateurs". Il définit trois niveaux de priorité : "la praticité pour le consommateur, l'avantage santé, l'assurance qualité par la démonstration de processus de production et de transformation dans une démarche citoyenne".
Une évolution jugée indispensable qui invite aussi à la contractualisation entre les producteurs et leurs organisations économiques. "Mais pas n'importe quelle contractualisation", s'empresse t-il de rajouter, sentant monter de la salle une réserve certaine. Les déboires de la filière avicole sont présents dans beaucoup d'esprits, et cette forme de contractualisation à du mal à séduire. Il imagine donc une contractualisation dans laquelle les intérêts des producteurs seraient préservés. Déléguant aux interprofessions le pouvoir de fixer des règles claires et précises pour une contractualisation maîtrisée.
Nécessaires alliances
Son objectif est par ailleurs de réconcilier les agriculteurs avec le monde coopératif. Car comme d'autres, il sent notamment chez les jeunes, sinon une hostilité, du moins une certaine méfiance et rappelle que la coopération reste un rempart solide contre les délocalisations. "Ce qui ne veut pas dire qu'elle ne doit pas évoluer. Nous devons améliorer la gouvernance de nos coopératives pour attirer de la matière grise et de véritables capitaines d'industries, mieux impliquer les jeunes autour de projets économiques, en préservant la dimension territoriale et collective".
S'il invite les agriculteurs à ne pas fuir la contractualisation, il est tout aussi convaincu que les groupements de producteurs doivent s'inscrirent dans une politique de filière, tout comme il est nécessaire de réaliser des alliances entre les coopératives. Un discours qui n'aura sans doute pas séduit tout le monde, notamment ceux qui veulent rester en retrait de tout engagement dans l'aval, croyant y perdre leur indépendance et leur pouvoir.
Mais il ne manque pas d'arguments pour étayer ses propos : "Passer des alliances, c'est muscler ses capacités en recherche et développement, en innovation, c'est préserver des marques lorsque nous en avons, permettre à nos outils industriels d'atteindre une taille critique pour affronter la concurrence, renforcer notre potentiel commercial face à la distribution". Il veut enfin renouer et renforcer le dialogue entre la coopération, le syndicalisme, et les Chambres d'agriculture.

Pierre Dénès


Olivier Allain passe le témoin

Nouvellement élu à la présidence de la Chambre d'agriculture des Côtes d'Armor, Olivier Allain a donc annoncé qu'il ne serait pas candidat à sa succession lors des prochaines élections au sein du Conseil d'administration de la FDSEA. Elles sont prévues le jeudi 12 avril. Une présidence relativement courte, seulement 2 ans, qu'il aura mis à profit pour assurer la relance des syndicats locaux et une campagne d'adhésion renforcée. La FDSEA annonce 3500 adhérents. Une implantation de terrain qu'il a mis en évidence pour expliquer la large victoire aux élections à la Chambre.
Dans son discours de clôture, il a mis en exergue les principaux défis que devaient relever l'agriculture bretonne et française : autonomie alimentaire, compétitivité, environnement, énergie …

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Date de l'article : semaine du N° du 6 au 12 Avril 2007
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