Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
Sommaire | " LES DÉPARTEMENTALES " | 29 | Article n°7155 |
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Finistère (29)
(29) FDSEA : Pourtant que la Bretagne est belle
 
Un dîner-spectacle à la place du rapport d'orientation. L'assemblée générale de la FDSEA, qui s'est tenue vendredi à Guipavas, s'annonçait festive. Mais la première partie de la soirée avait le goût amer des bassins versants en contentieux. Il a fallu attendre la deuxième partie de la soirée pour que l'assemblée retrouve le goût sucré de la victoire aux dernières élections Chambre d'agriculture.
La ferme volonté d'en découdre
Dans une salle où les 500 sièges ne suffisaient pas pour accueillir tous les adhérents présents, un front uni s'est déployé contre ce que Fanch Palut, président du LT, compare à une prise d'otages. "Si les dossiers en cours ne sont pas épaulés, les agriculteurs et les éleveurs des bassins versants seront pris en otage un par un", a-t-il alerté.

Sur ce dossier des bassins versants, dont l'enjeu est déclaré "vital" par le syndicat, la moindre lueur est vécue comme un espoir. Pour l'heure, la lueur, c'est le sursis accordé la semaine dernière par le directeur de cabinet de M. Stavros Dimas, le commissaire grec chargé de l'environnement à la Commission européenne. "Alors que la cause était perdue, on voit que, quand on s'y met tous, on peut faire avancer les dossiers", s'est enthousiasmé Jean-Pierre Le Verge, président de Breiz Europe, qui se retourne vers celui qui reste un des grands maîtres à penser du Finistère agricole. "Alexis Gourvennec disait que là où il y a de la volonté, il y a un chemin". Un message d'optimisme, mais aussi un conseil à la jeune génération que le président de Breiz Europe aimerait voir plus combative.
D'habitude plus nuancé à l'égard du syndicat majoritaire, le Conseil général, représenté par Jean-Luc Fichet, se range aujourd'hui derrière la FDSEA. Si le représentant du département rappelle l'attachement à "une agriculture durable et solidaire, à une agriculture qui se fait dans le respect de l'environnement", il regrette la décision du préfet de Région "prise sans concertation et dans la précipitation". Non sans souligner les "incohérences des dernières années que sont l'arrêt des CTE, l'absence de financement pour les CAD", J.L. Fichet qualifie les mesures "d'injustes et d'inadaptées. Les mesures de réduction de cheptel ne sont pas acceptables car elles pénalisent d'abord les plus petits et les plus jeunes".
"Construire plutôt que partir"
Il n'en fallait pas plus pour recevoir les félicitations du président de la FDSEA, Thierry Merret, qui, après avoir invité la salle à marquer une minute de silence d'une grande solennité pour l'ancien patron de la zone légumière, s'est également référé à Alexis Gourvennec, "la locomotive, le visionnaire, le catalyseur qui a permis à la Bretagne de sortir de son sous-développement".

Pas question donc pour T. Merret "de faire marche arrière", comme il dit, et "d'accepter l'éradication de l'agriculture qui est en marche. Ce serait un comble de sanctionner les bons élèves". Et de féliciter la délégation bretonne qui a obtenu un sursis. "Bravo à Breiz Europe, fondé par Alexis Gourvennec". Tonnerre d'applaudissements.

Martelant "qu'il n'est plus possible que des fonctionnaires passent leur temps à savonner la planche et qu'il n'y aura pas d'économie régionale prospère sans agriculture prospère", le président de la FDSEA a donné l'assurance que, "si l'agriculture est condamnée", le syndicat demandera l'équité. "C'est-à-dire que les eaux souterraines aujourd'hui à 100 mg soient également limitées aux 50 mg exigés pour les eaux de surface. Dans ces conditions, c'est tout Paris qui n'aura plus d'eau".

Exhortant à "construire plutôt qu'à partir", le président de la Fédération a conclu la 60e assemblée du syndicat en invitant la salle à accompagner la chorale des bassins versants qui, depuis la manifestation de Paris au Salon de l'agriculture, chante la Bretagne sous l'air de "La Montagne", de Jean Ferrat (paroles arrangées par Pierre Adam, maire de Kernilis). Un véritable hymne agricole pour des "paysans debout". La victoire se gagne-t-elle en chantant ? On peut le penser comme le copie Ségolène Royal qui a réhabilité la Marseillaise lors d'un de ses meetings le week-end dernier. A chacun ses registres, à chacun ses combats…

Didier Le Du


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Date de l'article : semaine du N° du 30 Mars au 5 Avril 2007
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