Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
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Finistère (29)
(29) La diversification s’invite à l’Ireo de Lesneven : Ouvrir les yeux sur des projets différents
 
Une journée consacrée aux productions de diversification. C’est ce qu’a proposé l’Ireo de Lesneven aux jeunes scolarisés dans les établissements d’enseignement agricole du département. Une idée encore incongrue il y a quelques années, mais qui n’étonne pas les jeunes générations qui savent que l’avenir ne sera pas seulement la reconduction du passé.
Pas question pour autant de faire table rase du passé. Des jeunes présents à cette journée n’ont pas hésité à défendre avec vigueur le modèle de leurs parents, le modèle que l’on appelle parfois modèle agricole breton. "Nous, Bretons, avons pris en main le problème de l’environnement", s’est élevé un étudiant face aux propos de Laurent Payat, producteur bio dans le Sud-Est de la France et élu à la FNSEA, quand ce dernier a suggéré aux Bretons de déconcentrer l’élevage porcin en allant s’installer dans la Creuse. Et L. Payat d’ajouter : "Vous êtes la cible de l’opinion publique. L’opinion publique, c’est tout le monde et personne. Ce sont vos consommateurs, vous devez en tenir compte".
Se faire conseiller
Un point de convergence toutefois. Le bio, comme tout autre modèle de diversification, n’échappe pas au respect des paramètres qui régissent toute activité économique. "Avant de se lancer dans une nouvelle production, qu’elle soit envisagée à titre principal ou complémentaire, il faut faire une étude de marché pour voir s’il y a une demande. S’interroger sur les investissements nécessaires, raisonner les charges, étudier la rentabilité potentielle de l’activité même si ce chiffrage reste aléatoire", prévient Véronique Blier, conseillère diversification à la Chambre d’agriculture du Finistère, rappelant que toutes les activités de diversification ne dégagent pas des marges mirobolantes.
"Il faut s’entourer et savoir se faire conseiller. Tout comme il ne faut pas occulter l’aspect contraintes que génère ces nouveaux métiers (emploi du temps, relation avec les services administratifs, etc.). De même, il faut être capable d’être critique sur ses propres capacités. Par exemple, suis-je capable de transformer mon lait en yaourts ? Suis-je prêt à aller vendre mes produits ? Etc.". Sans oublier le ressort financier. "Développer un marché ne se fait pas du jour au lendemain. Il faut plusieurs années pour créer le réseau de clients et s’assurer d’un débouché stable". Le développement d’une activité de diversification s’envisage le plus souvent progressivement.
Une fois toutes ces questions mises sur table, toutes les voies de diversification sont bonnes à prendre. Des plus "conventionnelles" (tourisme rural…) aux plus atypiques (élevage de souris, etc.). Le plus difficile étant peut-être d’avoir la bonne idée et d’être créatif avant les autres… et de savoir exploiter cette idée, de la faire évoluer pour toujours garder une longueur d’avance.

Didier Le Du


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Date de l'article : semaine du N° du 30 Mars au 5 Avril 2007
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