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Ille et Vilaine (35)
Association emploi formation : Un projet pour attirer des candidats
 
C ela ne sert à rien de voir les éleveurs de porcs se piquer les salariés. Le déficit de main-d'œuvre est chronique et ne s'améliore pas au fil du temps. Les élevages utilisent des techniques toujours plus pointues et continuent de grossir avec des besoins croissants en personnel". C'est le constat fait par Philippe Morel, technicien à Arca. Il ajoute : "Un certain nombre d'éleveurs sont prêts à former des salariés ne connaissant rien à la production pour peu qu'ils soient motivés par ce type de travail".
Alors l'Association Emploi formation (AEF) avec l'ANPE a réfléchi à un dispositif d'accompagnement au recrutement en production porcine. Avec des candidats hors agriculture, il s'agit de voir quelle connaissance ils ont du métier, de leur faire visiter un élevage et d'apprécier leurs capacités à exercer le métier : attention, respect des règles… Un stage en élevage leur montrera le travail : contact avec les animaux, bruit, odeurs, travail en solo… "On veut vérifier les capacités, pas les compétences. On ne demande pas de CV", souligne Loïc Le Bihan de l'ANPE. Dans un premier temps, une communication générale ou ciblée va être faite en précisant bien que les emplois existent.
Cette phase débouche sur une formation qualifiante (BPA) à réaliser au CFPPA du Rheu. La première doit débuter le 21 mai pour se terminer le 18 janvier. Elle se fait en alternance avec un tuteur. Ensuite un CCD d'au moins 6 mois ou un CDI font partie de l'accompagnement.
Deux témoignages
Qu'est ce qui peut attirer des hommes et des femmes vers les métiers du porc ? Fabien Mottier, qui fait du remplacement en production porcine depuis 7 ans au Sdaec, ne connaissait rien au porc, il travaillait dans les assurances. Suite à un changement de région et après de petits boulots, il découvre le porc : "Les aspects techniques, rigueur, autonomie m'ont plu". Il travaille chez un éleveur, suit une formation de base, fait un remplacement à l'ITP et intègre le Sdaec avec une préférence pour les élevages de 100 à 180 truies. "Le travail est devenu moins difficile avec l'automatisation. Il requiert de la qualification et de l'autonomie". Question horaires, il préfère parler de durée hebdomadaire respectée : "C'est le cochon qui commande". À l'adresse des employeurs, il insiste sur le respect du salarié. Ce que Martine Milan, présidente de l'AEF, traduit par "les bons patrons font les bons ouvriers et inversement".
René Godin est venu dans le porc parce que personne ne souhaitait s'en occuper dans l'exploitation dont il avait été le gérant et après sa reprise par un Gaec. "On m'a fait confiance. J'ai trouvé le travail attrayant, très technique, j'ai apprécié d'être autonome, d'avoir l'entière responsabilité de l'élevage. J'y suis resté 17 ans". S'il n'y avait pas eu une question d'âge (prêt JA), une association aurait pu s'envisager. Autrement dit, en production porcine, une évolution de carrière est possible à condition d'être un peu mobile.
Les deux salariés présents à la table ronde de l'AEF adhèrent pleinement au projet. Il leur paraît toutefois essentiel d'avoir des éleveurs pédagogues pour faire apprécier le métier. Et puis les mots ont leur importance : Il faut parler de technicien d'élevage et non de porcher. Ça change aussi l'image d'un métier.

Paul Chauvin



Emplois : plus d'offres et de demandes en 2006

La bourse de l'emploi gérée par l'Association Emploi Formation (AEF) avec l'ANPE a reçu 307 offres d'emplois en 2006 (+ 16 %). Elles concernent tous les secteurs d'activité agricole avec une dominante élevage (porc et lait), mais aussi cultures spécialisées (tomates, maraîchage) et machinisme. Les offres se partagent également entre contrat à durée déterminée et contrat à durée indéterminée. Ces derniers sont nettement plus fréquents en élevage (porc notamment) que dans les cultures spécialisées qui recourent plus facilement au CDD. Technicien d'élevage porc, agent d'élevage laitier et agent de cultures légumières sont les plus recherchés.

Les demandeurs ont été également plus nombreux (341, soit + 17 %). Ils recherchent un travail dans tous les domaines d'activité. Cependant il y a plus d'offres en porc et cultures spécialisées que de demandes. C'est l'inverse en lait, machinisme et paysages. Le portrait du demandeur au regard des candidatures correspond à un homme, de moins de 35 ans, avec un niveau bac, expérimenté et non issu du milieu agricole. À noter qu'en 2006, 140 placements ont été réalisés par l'AEF qui avait enregistré à la fois l'offre et la demande.

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Date de l'article : semaine du N° du 23 au 29 Mars 2007
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