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Les résultats d'analyses de GTE de 1200 élevages bretons montrent que les GMQ stagnent depuis quelques années aussi bien en post sevrage qu'en engraissement. Ces résultats témoignent également d'une grande disparité entre producteurs. La moyenne en post sevrage est de 466 grammes de GMQ actuellement mais plus de 80 grammes séparent le groupe des meilleurs élevages des plus faibles. En sortie de PS, cette différence représente 5 kilos par porc.
Cette tendance se confirme en engraissement. La moyenne de GMQ est de 761 grammes mais les écarts sont élevés, de 708 g pour le tiers des élevages ayant les moins bons résultats à 854 g pour les 10% supérieurs soit 14 jours d'engraissement en moins. "Pour les moins bons, la situation est problématique" déclare Gwenaëlle Larour, de la Chambre d'agriculture, "les charcutiers ne sortent pas assez rapidement et les vides sanitaires ne sont pas effectués correctement. A l'inverse, les meilleurs sont dans un cercle vertueux". En terme financier, cette différence de performances en engraissement entre les meilleurs et les moins bons est chiffrée à 31 euros par truie et par an.
L'indice de consommation a tendance à augmenter en PS
En terme d'indice de consommation, les résultats s'améliorent régulièrement depuis quelques années en engraissement. Ce n'est plus le cas en PS depuis 2003. L'utilisation d'aliments déconcentrés ou l'arrêt de l'incorporation des facteurs de croissance peuvent être, selon Gwenaëlle Larour, responsables de la légère augmentation de l'indice. Là encore, l'élément essentiel de l'étude est la différence entre le groupe inférieur et celui regroupant les 10% meilleurs. Cette différence est chiffrée à 22 euros par truie et par an en PS et 42 euros en engraissement.
Les pertes, quant à elles, baissent régulièrement. En moyenne, elles sont de 2,3% en PS et 4,8% en engraissement avec toujours des écarts importants entre élevages.
Le TVM, en moyenne à 61,4, a gagné 1 point en six ans essentiellement en raison de l'utilisation croissante de génétique Piétrain.
Les règles d'hygiène, trop souvent oubliées
"Les différences observées en engraissement sont le fruit d'un travail de fonds plus ou moins bien réalisé en élevage" observe Raymond Cariolet, de l'Afssa. "La majorité des éleveurs ne parvient pas à utiliser le potentiel génétique des animaux". Une enquête dans 32 élevages de la région sur différents paramètres tels que la conception de l'atelier, la conduite d'élevage, des futurs reproducteurs, de la prophylaxie ou encore de la façon de travailler de l'éleveur a été réalisée par l'Afssa.
On observe que les élevages les plus performants en croissance ont des pratiques plus rigoureuses ou des bâtiments bien adaptés. On constate surtout que, dans la grande majorité des élevages, la conduite de l'hygiène et de la prophylaxie sont approximatives. Même les meilleurs élevages ont une conduite déficiente et des progrès à réaliser dans ce domaine, selon R Cariolet. Les moins performants sont loin des normes en vigueur, ces insuffisances se traduisent par une augmentation de l'indice de consommation ou une augmentation des rhinites atrophiques.
Ces pratiques simples comme la désinfection des bottes à l'entrée des salles sont responsables, selon lui, du fait qu'une majorité de producteurs ne parviennent pas à optimiser le potentiel génétique des animaux. La prise colostrale est également un élément clé de la protection d'une bande. Pour des raisons d'immunisation ou non des mères pour tel ou tel virus, il est essentiel, selon lui, que les porcelets adoptés boivent du colostrum des deux mères, biologique et adoptive.
Bernard Laurent
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