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Dans la majorité des cas 2 traitements suffisent pour combattre la septoriose. Cette stratégie permet de contrôler efficacement cette maladie très fréquente et très nuisible en Bretagne. Les produits choisis en T1 comme en T2 devront être efficaces sur septoriose.
Dans un programme classique à 2 traitements, le positionnement des traitements aux stades 2 à 3 nœuds, et début épiaison constitue le meilleur compromis pour réussir à protéger les 2 dernières feuilles et l’épi qui contribuent le plus au rendement. Il faut veiller à respecter un délai de 4 à 5 semaines maximum entre 2 traitements même avec les produits les plus performants.
A même dose totale de produit fongicide, les programmes à 2 ou 3 traitements sont équivalents. Toutefois, une stratégie à 3 traitements donne plus de souplesse dans le positionnement notamment lorsque l’on veut prendre en compte le piétin verse au premier traitement et la fusariose à la floraison. Le passage à 3 traitements est dans la plupart des cas nécessaire pour avoir une protection efficace contre la fusariose. Dans ce cas, on positionnera les traitements du stade 1-2 nœuds à la floraison en intervenant toutes les 3 semaines.
Le premier traitement a pour objectif de limiter les attaques de septoriose, mais aussi de piétin verse ou d’oïdium. Ces 2 dernières maladies ne sont à prendre en compte que dans un nombre limité de situations compte tenu de leur moindre nuisibilité par rapport à la septoriose.
Sur septoriose, privilégier les meilleurs
L’arrivée sur le marché d’une nouvelle strobilurine , la trifloxystrobine vient compléter la gamme des meilleures références pour lutter contre la septoriose. Cette nouvelle matière active est développée dans 3 spécialités : - Sphere (1 l/ha) : Trifloxystrobine ( 187 g/ha) + Cyproconazole ( 80 g/ha) - Rombus (1l/ha) : Trifloxystrobine ( 125 g/ha) + Propiconazole ( 125 g/ha) - Twist (2 l/ha) : Trifloxystrobine (250 g/ha)
Au plan des rendements, les résultats sont particulièrement clairs : triazoles + strobilurines > strobilurines > triazoles…ce que l’on constate déjà depuis 4 ans avec Amistar et Ogam.
• Triazoles + Strobilurines = Sphere (1l/ha) ; Ogam (1l/ha) ; Amistar (0,5l/ha)+Opus (0,5l/ha) ; Twist (0 ,5l/ha) + Opus (0,5l/ha) ; Amistar Pro (1l/ha)+Opus (0,5l/ha) ; Rombus (1l/ha). Il y a peu de différences d’efficacité sur septoriose entre ces différentes spécialités, seul Rombus est légèrement en retrait.
• Strobilurines : Amistar (1l/ha) ; Twist (1l/ha). La trifloxystrobine seule (Twist) donne des résultats proches sinon légèrement supérieurs à ceux obtenus par Amistar. Comme Amistar, il conviendra donc de l’associer pour en tirer le meilleur profit.
• Triazoles : Parmi les triazoles, les produits à base d’époxiconazole : Opus (1l/ha), Opus Team (1,5l/ha) …procurent les meilleures efficacités
piétin verse : Raisonner en fonction du risque parcellaire
Le piétin verse est observé principalement dans les parcelles où le blé est souvent cultivé où des dégâts de piétin verse ont déjà été constatés. Son développement est favorisé par les hivers doux et humides, mais sa nuisibilité est faible dans la majorité des situations.
En effet, en présence de piétin verse les pertes de rendement n’excèdent pas 5 à 7 q/ha (en l’absence de verse), alors qu’elles peuvent dépasser 25 q/ha pour les attaques de septoriose. Deux matières actives ont une bonne efficacité : le cyprodinil (Unix) et le prochloraze. Pour conserver l’efficacité maximale, la dose d’Unix doit être proche de 0.8 kg/ha, et positionnée au plus tard au stade 2 nœuds du blé. L’Unix ne renforce pas l’action des fongicides associés sur septoriose, par contre il apporte une assez bonne efficacité sur oïdium en préventif. Le prochloraze utilisé à la dose de 450 g/ha obtient des résultats équivalents à l’Unix sur piétin verse, de plus il renforce l’activité des produits associés sur septoriose. Il faudra être vigilant sur les variétés sensibles : Isengrain, Soissons, Charger…
L’oïdium : A prendre en compte au cas par cas
Depuis plusieurs années les attaques d’oïdium sont modérées et seules les variétés sensibles sont réellement concernées (Oracle, Sidéral, Trémie, Apache…). En 2002, on observe des attaques sur Altria et Sponsor.
Parmi la panoplie de produits utilisables sur cette maladie, le quinoxyfen (Aldus, Fortress…), l’Ogam ou le Sphere utilisés en traitement précoce présentent un excellent niveau d’efficacité et une grande régularité d’action. Le cyprodinil (Unix) utilisé en préventif est également une référence. En revanche, le quinoxyfen et le cyprodinil perdent toute efficacité lorsqu’ils sont utilisés sur oïdium déclaré.
Les morpholines (fenpropimorphe, fenpropidine) que l’on trouve en association dans beaucoup de spécialités commerciales sont légèrement en retrait, mais présentent une efficacité suffisante en cas d’attaque modérée. Ajoutons que ces matières actives sont les seules à pouvoir maîtriser la maladie en cas d’attaques déclarées d’oïdium.
Pour maîtriser les coûts fongicides, et savoir si la prise en compte de l’oïdium est nécessaire, il faut donc s’appuyer sur les observations de terrain et les sensibilités variétales. Rappelons également que les fortes densités et les excès d’azote favorisent les attaques d’oïdium.
ADAPTER LE COÛT A LA VARIÉTÉ
L’approche économique conduite depuis plusieurs années par l’ITCF en Bretagne a permis de préciser l’investissement fongicide nécessaire en fonction de la sensibilité de la variété aux maladies.
Ainsi on observe que pour les variétés sensibles aux maladies et à la septoriose en particulier, l’investissement doit se situer entre 76 €/ha et 107 €/ha (soit 500 à 700 francs/ha), pour un blé à 10,7 €/q (ou 70 F/q ). Dans cette plage, il n’y a pas de différence de gain net (produit brut - coût fongicide). On trouve dans cette catégorie les principales variétés cultivées en Bretagne : Altria, Soissons, Trémie, Ritmo, Dinghy…
Pour les variétés peu sensibles (Oratorio, Cézanne, Cardos, Virtuose), le coût peut être plus limité, et l’investissement pourra se situer entre 52 €/ha et 107 €/ha (soit 340 à 700 francs/ha). Ces variétés permettent plus de souplesse dans la protection : positionnement et dose. Ainsi, un défaut de conduite aura moins de conséquences que sur variétés sensibles.
Les variétés Sponsor, Mercury, Apache ont un comportement intermédiaire entre ces 2 catégories.
Eric Masson Alain Morel ITCF |