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Ille et Vilaine (35)
(35) JA 35 : Foncier, financement, garantie… Des idées à foison pour mieux installer
 
Lors de leur assemblée générale qui s'est tenue le vendredi 9 mars à Rennes, les Jeunes Agriculteurs (JA) se sont interrogés sur la meilleure manière de préparer les installations de demain, et de les rendre pérennes. Socle indispensable des exploitations, le foncier s'est placé au cœur des débats. "Près de 3000 ha agricoles quittent l'agriculture chaque année en Ille-et-Vilaine. Ce sont autant de DPU qui partent, alors qu'ils font partie intégrante de l'économie des exploitations", déclarent les jeunes qui plaident pour la réhabilitation des DPU au sein de l'exploitation dans la mesure où l'activité principale y est conservée. Les JA souhaiteraient également que la Safer préserve son rôle de contrôle des prix agricoles, frein considérable pour l'accès au foncier des jeunes.
Sur les commissions locales de structure, le syndicat souhaiterait plus de transparence et de neutralité, notamment "en abandonnant l'échelon communal et en faisant paraître dans la presse tous les transferts de taille correcte". Face à des projets d'installation qui évoluent, "nous sommes favorables à la suppression du critère de 1/2 SMI, mais pas celui du revenu", déclare Frédéric Chevalier, président de JA 35.
Lors de l'assemblée générale, la hausse du coût des installations (en moyenne 192 000 euros en 2005) a aussi fait l'objet de propositions intéressantes. "Outre le financement par les capitaux privés, l'apport de capital par des investisseurs extérieurs est une voie à développer, sous la forme d'un fonds d'investissement (collecte et répartition via la CDOA)". Autre dispositif : un fonds de garantie qui permettra au cédant d'être assuré de recevoir la totalité du coût de reprise en cas de difficulté du jeune. Ce fonds sera abondé par l'Etat et les collectivités territoriales.
JA propose aussi la création d'un système de cautionnement pour apporter la garantie nécessaire à la banque. "Les nouveaux profils de candidats peuvent avoir du mal à trouver une caution". Et pour répondre au problème d'accès au foncier, le fonds d'avance fermage permettrait un versement au propriétaire de l'équivalent de 5 années de fermage. Ce dispositif serait réservé aux installations hors cadre familial.
Des formations mieux adaptées
Face aux insuffisances de formation des futurs agriculteurs (ressources humaines, ouverture), le syndicat participe à la réécriture du nouveau référentiel métier. "Les formations devraient aussi orienter les jeunes vers les solutions collectives : services de remplacement, Cuma…", note Jérôme Volle, vice-président de JA national. Participant également au débat de l'assemblée générale, Elisabeth Chevrier, membre de la Chambre d'agriculture 35, va plus loin. "La formation doit jalonner toute notre vie et nous devons y être préparés au cours de la formation initiale. Pour correspondre aux besoins des agriculteurs, les thèmes de formation proposés doivent remonter du terrain par les structures locales. Ces formations peuvent passer par les nouvelles technologies comme internet", note-t-elle.
Autre enjeu important : la personnalisation du parcours à l'installation. "Un test et un entretien permettraient d'évaluer les besoins de formation de chacun". Les jeunes souhaitent aussi une simplification administrative avec un numéro de dossier et un référent unique.
Concernant le revenu, "nous devons défendre des prix rémunérateurs", souligne Frédéric Chevalier. Il met en avant l'intérêt du collectif, notamment sur les problématiques laitière et environnementale. "La base de la négociation du lait passe par une interprofession plus forte" .

Agnès Cussonneau



En bref

- Pour faire venir des jeunes en viande bovine, production qui offre des perspectives intéressantes, les JA demandent la baisse du prêt JA à 1%. Ils proposent aussi de calculer le taux de spécialisation pour l'octroi des primes à l'UTH, et non par exploitation.
- En Ille-et-Vilaine, les TSST ont libéré 13 millions de L pour 98 producteurs ayant pris l'Acal. 38 exploitations ont arrêté avec des quotas supérieurs à 150 000 L. "Des exploitations qui auraient pu installer un jeune", selon les JA. Pour éviter ces effets pervers, ils proposent de ne pas indemniser le lait au-delà de 240 000 L, seuil du PAD pour une exploitation individuelle. Ils souhaitent aussi imposer à l'agriculteur un engagement à ne pas céder son exploitation dans les 5 ans après qu'il ait bénéficié de l'Acal.

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Date de l'article : semaine du N° du 16 au 22 Mars 2007
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