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Sommaire | " LES DÉPARTEMENTALES " | 29 | Article n°7095 |
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Finistère (29)
(29) Jeunes Agriculteurs : Les reprises coûtent de plus en plus cher, La nécessité d'imaginer de nouveaux outils de transmission
 
Stéphane Choupeaux, le président des Jeunes Agriculteurs du Finistère, l'a martelé lors de l'assemblée générale du syndicat qui se tenait vendredi dernier à Landivisiau : "Nous voulons être des moteurs pour l'agriculture de demain".
Reste que pour actionner ce moteur, il faut avoir toutes les manettes en main. Ce n'est plus toujours évident. Avec l'agrandissement des structures, la manette-pilote est de plus en plus financière. Comme si les installations conventionnelles à emprunt unique de 50 000 euros sans véritables garanties appartenaient dorénavant aux souvenirs du siècle passé.
Oser l'ouverture ?
"Aujourd'hui, comment un jeune peut-il apporter 20 % d'autofinancement, soit 200 000 euros sur 1 million que coûte la reprise de certains élevages porcins", interroge Thierry Gallou, directeur du LT, qui parle "d'évolution à faire", notamment en ayant recours à du financement extérieur.
Jacques Jaouen, président de la Chambre d'agriculture, avance à petits pas sur ce terrain. "Attention à ne pas perdre notre indépendance", dit-il. Il est rejoint par Claude Guisquet, ancien président de JA 29 et membre du bureau de JA national, qui se demande "comment garder son indépendance si l'agriculteur ne maîtrise pas les capitaux de son exploitation".

Dans les campagnes, c'est en fait une petite révolution culturelle qui agite les monde des cédants et des repreneurs depuis quelques années. Sachant que le problème de financement ira crescendo avec l'agrandissement des structures, il faudra trouver des solutions innovantes.

Laurent Fischer, vice-président de JA national, relativise les difficultés françaises. Il cite, entre autres, le cas de la Hongrie où des firmes semencières, profitant d'un manque d'autofinancement chez les agriculteurs, reprennent des fermes et orientent l'agriculture du pays. "En parallèle, l'installation de tiers est encore possible dans notre pays. C'est une particularité française".
Thierry Gallou ne se focalise pas sur cette question de l'origine des financements. Ce directeur de groupement préfère diriger les projecteurs sur "la compétitivité des exploitations, clé de leur avenir, clé de l'avenir agricole et agroalimentaire breton". Alors, composer avec des capitaux extérieurs, pourquoi pas… "Mais dès qu'on parle de coopérative, on crie à l'intégration", ose-t-il en exemple dans une salle où l'on revendique la liberté d'entreprendre, la liberté tout court, celle de l'agriculteur "maître dans sa ferme".
"Aux banques de jouer leur rôle", contre J. Jaouen. Et d'ajouter : "Les banques doivent savoir prendre des risques et accompagner l'économie". Mais pas "sans garanties", comme l'évoquent des représentants des banques qui parlent de nécessaire retour sur investissement.
La valeur des Hommes fait la différence
Les garanties sont aussi les Hommes, avec un grand H, s'accordent les différents invités aux débats. Des femmes et des hommes nombreux à vouloir s'installer, comme l'a rappelé Hervé Le Saint, président de l'Adasea. "Aujourd'hui, nous avons deux fois plus de jeunes inscrits au répertoire départemental d'installation (RDI) que de cédants". Et de souligner le nombre croissant de demandes pour des installations dites atypiques qui trouvent difficilement du foncier. "Il s'agit pourtant de projets avec de réelles perspectives économiques", dit-il. Et personne ne le dira en public ce soir-là : des projets qui ne nécessitent pas de fonds aussi conséquents que le "modèle conventionnel".
Conventionnel ou atypique, la valeur des Hommes se construit en tout cas par la formation, comme le pense Jacques Jaouen. "La formation initiale, mais aussi la formation continue", insiste-t-il, en mettant l'accent sur "l'ouverture nécessaire sur le monde. Sur ce monde qui bouge beaucoup autour de nous". Une façon de rappeler que la transmission des exploitations et la pérennité du dynamisme agricole breton passent aussi par la préparation des esprits aux évolutions qui n'épargneront pas l'agriculture régionale immergée dans un monde de plus en plus globalisé et ouvert.

Didier Le Du


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Date de l'article : semaine du N° du 16 au 22 Mars 2007
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