|
Du 28 février au 7 mars 2007, la Chambre d'agriculture d'Ille-et-Vilaine a organisé des rencontres techniques concernant les filières de traitement des effluents peu chargés, avec visites d'installations en fonctionnement. Le 2 mars, de nombreux agriculteurs se sont déplacés sur l'exploitation de Jean-Michel Travers à La Selle-en-Luitré, où ils ont pu observer des filtres plantés de roseaux sur deux étages, destinés à traiter les eaux blanches et les eaux vertes de quai de traite. Ce dispositif est encore peu utilisé : on en compte moins de 5 en Ille-et-Vilaine.
Limiter les épandages
"Comme les lagunes ou les bassins tampons de sédimentation (BTS), les filtres plantés de roseaux représentent une alternative intéressante au stockage. Toutefois, les filières lagunes et BTS permettent de traiter tous les effluents (sauf purin de fumière couverte et lait non commercialisé)", précise Jacques Charlery, de la Chambre d'agriculture. "Cette installation de filtres plantés m'a permis d'éviter la construction d'une fosse et de limiter les épandages", note Jean-Michel Travers qui élève 39 vaches laitières sur aire paillée avec raclage du fumier. La fumière couverte totalise 240 m2.
Le dispositif des filtres plantés de roseaux commence avec l'arrivée des effluents dans deux fosses toutes eaux (6 m3 en tout). A la sortie des cuves, les eaux sont orientées grâce à un regard de répartition dans un des deux circuits de filtres plantés de roseaux. L'alternance est réalisée une fois par semaine pour éviter le colmatage du système. Les eaux passent dans des massifs filtrants à écoulement vertical : 10,5 m2 pour le premier étage, moitié moins pour le deuxième.
Sur prairie
Les parois des filtres sont en blocs à bancher, étanchéifiés à l'intérieur. Dans les bassins de filtration, des couches de granulats d'épaisseurs différentes se superposent : graviers, sables. La hauteur des couches varie entre le 1er et le 2ème étage où il y a plus de sable. A la sortie du 2ème filtre, les eaux sont réparties sur prairie.
Ce dispositif de filtres plantés de roseaux a coûté 4 854 euros au total, dont 2 500 euros pour la pompe, 512 euros pour les fosses toutes eaux (hors sol), 722 euros pour les blocs à bancher plus plastifiants, 500 euros pour les sables et graviers, 500 euros pour le PVC et 120 euros pour les roseaux.
Côté entretien, le système requiert une vidange annuelle (ou deux fois par an) des fosses toutes eaux, ainsi que la taille des roseaux à l'automne. "Il faut aussi veiller à la planéité de la surface et à la régularité de la couverture en eau des filtres. Le tuyau d'épandage est déplacé régulièrement", ajoute Jacques Charlery.
Agnès Cussonneau
Entretien différent selon les systèmes
Le lagunage est la solution de traitement qui demande le moins d'entretien avec surtout de la surveillance. Un couple de canards ou le broutage des abords par des moutons peuvent aider. Le BTS demande un curage régulier des boues. Il ne doit pas être vidangé complètement pour que la croûte se reforme rapidement (cela évite les odeurs). Le filtre à paille demande un nettoyage régulier du caniveau périphérique. La paroi filtrante doit être remplacée une fois par an.
POUR EN SAVOIR +
Repères
- Bassin tampon de sédimentation : 60 à 80 euros/m3 en autoconstruction, 125 à 150 euros/m3 par entreprise.
- Filtres plantés à deux étages : 60 à 80 euros/m3 (auto.) et 125 à 150 euros/m3 (ent.)
- Filtre à paille : 4 000 à 5 000 euros (auto.) et 7 000 à 9 000 euros (ent.)
- Lagunage : autour de 6 000 euros en terrain naturel compacté, 17 000 euros avec géomembranes.
|
|