Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
Sommaire | " LES DÉPARTEMENTALES " | 29 | Article n°7075 |
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Finistère (29)
(29) Développement : La femme est l'avenir des fermes
 
Qu'il semble loin le temps où il y avait une femme dans chaque ferme. Car si aujourd'hui, elles représentent un quart des installations et pèsent un tiers des actifs agricoles, les femmes sont de moins en moins nombreuses à embrasser le métier et à épouser l'homme qui va avec … Certains hommes s'en désespèrent et en souffrent. C'est du moins l'avis des responsables-femmes de GVAF qui soulèvent le problème des "hommes seuls qui, à 40 ans, quittent l'exploitation lorsque les parents se retirent".
Des avantages à redécouvrir
Sophie Enizan, fille d'agriculteur, fait partie de cette génération qui du haut de leur jeunesse jurait qu'elle n'épouserait jamais un agriculteur. Fontaine, je ne boirai jamais de ton eau… Elle a épousé Bruno… un agriculteur, de Riec-sur-Belon. Puis les choses se sont enchaînées jusqu'à ce qu'elle devienne elle-même agricultrice.
"J'étais salariée à l'extérieur quand, au départ en retraite de ma belle-mère, s'est posée la question de son remplacement", explique-t-elle. "En tant que salariée, je commençais tôt le matin et finissais tard le soir. Dans ces conditions, avec des jeunes enfants, la vie personnelle en pâtit. D'où mon choix de m'installer avec mon mari sur l'exploitation laitière de 330 000 litres et de 15 taurillons vendus par an".
En 2001, Sophie s'engage dans une formation agricole à Saint-Ségal où elle obtient son BP REA. En 2003, elle devient agricultrice à part entière. "J'aime bien mon métier que j'exerce dans un cadre de vie agréable. Quand il y a des clôtures à mettre, c'est un peu l'équivalent d'une balade sur un sentier côtier", dit celle dont l'exploitation surplombe la magnifique baie du Bélon. "Sans oublier que ce travail m'octroie une certaine liberté pour conduire les enfants à l'école. Je peux également leur consacrer le mercredi après-midi".
Des emplois à part entière
Au-delà du travail lié à l'élevage, Sophie Enizan a cherché à valoriser les compétences acquises lors de sa formation initiale de BTS "assistante de gestion". "Sur l'exploitation, j'ai mis en place un travail administratif de "professionnelle", dit-elle, citant la comptabilité, la gestion troupeau, la gestion financière, la Pac, etc.
Ces propos conduisent Régine Penvidic, présidente de la commission féminine départementale, à insister sur la nécessité de "faire reconnaître les emplois à part entière occupés par les femmes sur les exploitations. Les femmes sont souvent responsables des tâches administratives, du management des salariés. Ces postes ont une valeur économique réelle". Et de citer quelques incidences financières d'un travail administratif bien mené : "Une gestion rigoureuse génère des charges en moins. L'optimisation des primes, ce sont des produits en plus. L'optimisation fiscale, c'est du revenu en plus. Sans oublier que, lorsque ce travail n'est pas réalisé par les femmes d'agriculteurs, ce sont des prestations de service à payer en plus".

Reste à présent à la profession de reconnaître ce travail administratif au même titre que les heures passées sur le tracteur. C'est-à-dire d'intégrer ces tâches dans les projets d'installation comme on considère un autre moyen de production tel le quota laitier, par exemple. Cette étape n'est pas encore franchie. Peut-être aussi, parce que les critères définis en CDOA sont avant tout des critères d'hommes définis par des hommes qui, en majorité, siègent dans les instances professionnelles susceptibles d'appuyer de telles orientations agricoles.

Didier Le Du




Vers une agriculture sans femmes ?

"La population agricole féminine est en baisse. Si rien n'est engagé pour inverser cette tendance, l'agriculture du Finistère risque de devenir une agriculture sans femmes", préviennent les responsables des GVAF qui ont engagé une démarche pour rendre attractif le métier pour des femmes ; pour conforter et valoriser la place des femmes sur les exploitations ; pour favoriser l'égalité professionnelle en agriculture.

Pour parvenir à ces objectifs quatre chantiers sont ouverts :
• Faire évoluer les statuts des femmes : "Élaborer des propositions pour que les femmes et les hommes obtiennent les mêmes droits".

• Égalité et prise de responsabilités : "Les femmes ne sont pas très bien représentées dans les instances agricoles. Ce qui fait que leur point de vue et leur analyse ne sont pas prises en compte".

• Communication sur les métiers de l'agriculture au féminin.

• Professionnaliser la fonction administrative dans les exploitations agricoles.


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Date de l'article : semaine du N° du 9 au 15 Mars 2007
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Les glaces, délices de la ferme de Patricia et gilles





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