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Ille et Vilaine (35)
(35) Lait : Les éleveurs de Normandes en Mayenne, Des fourrages déshydratés pour des rations précises
 
Denis Houdayer de Saint Germain Le Fouilloux au nord de Laval (Mayenne) s'est fixé des objectifs. Il les a précisés aux éleveurs de Normandes d'Ille-et-Vilaine venus lui rendre visite. "Je veux vivre de mon métier, produire un lait de qualité, donner une bonne image de l'agriculture, avoir du temps pour les enfants, un cadre de vie agréable et des activités extérieures". Vaste programme. Mais qui se retrouve dans les choix qui ont été faits.
Ainsi les taurillons ont été supprimés en 1997 : "On aurait dû investir sans nécessairement gagner plus. La suite nous a donné raison, nous sommes devenus plus performants en lait". Le choix de la Normande résulte de la nature de l'exploitation (séchante avec des potentialités moyennes : 8-10 tonnes en maïs, 55-60 q en blé) afin d'utiliser le maximum en surface fourragère. Aujourd'hui, l'exploitation compte 45 vaches pour 250 000 litres de lait et 80 ha dont 60 à proximité des bâtiments.
Un cocktail de fourrages déshydratés
Pour cet éleveur féru d'alimentation, la mise en place de la Codema près de Laval (une usine de déshydratation fonctionnant au biogaz) a été une opportunité. Et une difficulté : les références avec une alimentation avec seulement des fourrages déshydratés étaient rares. "Nous avons mis 4 à 5 ans pour mettre au point la ration en passant du temps à observer, en particulier les bouses. Finalement les valeurs des fourrages déshydratés se sont révélées supérieures à celles qui sont notées dans les tables".
Dans les années 94-96, avec un régime classique maïs + soja, l'écart entre le taux butyreux et le taux protéique atteignait 10 points. Or, baisser le TB permet de livrer plus de lait (en raison du quota matière grasse) et augmenter le TP se traduit par un meilleur prix du lait. Avec une utilisation du tourteau de colza (jusqu'à 4 kg) plus riche en PDIE, l'écart se réduit de 3 points. L'introduction de maïs déshydraté va dans le même sens : 5-6 points entre les deux taux. La teneur en PDIE du maïs déshydraté est à 85 alors qu'elle n'est que de 65 avec un ensilage ; la différence s'explique, selon l'éleveur, par l'action de la chaleur lors de la déshydratation. Au final, le TP a gagné 4 points, le TB a reculé de 2 et 11 000 litres supplémentaires ont pu être livrés. La moyenne laitière a augmenté à 7200 kg, mais ce n'est pas l'objectif.
En pratique, c'est une ration complète qui est distribuée. Elle est complétée par du foin. "Un élément incontournable pour apporter des fibres", pour Denis Houdayer. Il le réalise sur des parcelles de ray-grass italien ou de fétuque après une première coupe en déshydratation, dans l'idéal 9 semaines après. Il n'oublie pas de souligner que "l'herbe pâturée reste essentielle dans le système de février à juin".
Des données économiques
L'introduction d'une ration sèche à base de déshydratés s'est traduite par une augmentation du prix du lait de 9 euros par 1000 litres entre 97/98 et 99/03. Il était de 348 euros en 2004/2005, hors aide directe laitière. Le produit viande s'est aussi amélioré avec moins de perte de veaux (lait moins riche en matière grasse) et des ventes aux périodes favorables (vêlages groupés). Et le coût alimentaire ? "On sait que le déshydraté est cher, on connaît précisément le prix, alors on y fait très attention", souligne l'éleveur. Il était de 107 euros/1000 litres sur le dernier exercice, récolte, stockage et distribution compris. Autres facteurs en faveur du système adopté : la diminution du temps de travail et un taux de réussite de 80 à 90 % avec deux inséminations. On retiendra que la dernière marge connue était de 331 euros pour 1000 litres (286 en moyenne pour les troupeaux normands mayennais).
Denis Houdayer explique aussi aux éleveurs qu'il est essentiel de passer beaucoup de temps en surveillance : chaleurs, acidose, bouses… Pointu en alimentation, mais aussi cohérent : pas de labour, un seul tracteur de 100 cv… Il n'hésite pas à prendre sa calculette pour peser, en euros, les plus et les moins de toute décision.

Paul Chauvin




Une distribution automatisée

La stabulation n'a plus de silo pour l'ensilage. Huit cellules contiennent les constituants de la ration : maïs plante entière, ray-grass, tourteau de colza, blé, luzerne déshydratée (avec une séparation de différentes coupes). Le foin est stocké dans le couloir d'alimentation. Un automate sur rail se charge, grâce à une vis, à chaque cellule de la quantité programmée, mélange et distribue au cornadis. La distribution a lieu six fois par jour. Pour Denis Houdayer, "une alimentation entièrement sèche évite tous les coûts liés à la récolte, au transport et à la distribution du maïs".





Une chasse d'eau pour nettoyer les couloirs

Entre les cornadis et les logettes, l'aire d'exercice avait été réalisée avec une pente. Deux fois par jour, une réserve d'une dizaine de m3 se déverse dans les couloirs et entraîne les déjections. Trois fosses successives assurent la séparation solide-liquide et un traitement aérobie de l'élément liquide qui est alors être réutilisé. L'originalité de l'installation est d'avoir un tapis (polyéthylène haute densité) sur le sol des couloirs et dans les logettes. "C'est bien pour les pieds et presque trop confortable, car certaines vaches se couchent dessus au lieu d'utiliser les logettes paillées", constate l'éleveur.

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Date de l'article : semaine du N° du 2 au 8 Mars 2007
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