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Dans le cadre du contentieux européen sur la directive eaux brutes, l’Etat français s’apprête à proposer à Bruxelles un nouveau programme de mesures environnementales, sans précédent, qui anéantit toute perspective durable pour les agriculteurs situés dans les bassins versants de l’Horn et de l’Aber Wrac’h, dans le Finistère", écrit dans un communiqué la Fédération des coopératives agricoles et agroalimentaires du Finistère. Une Fédération qui, réunie en assemblée générale le 19 février 2007, a jugé "les décisions annoncées inacceptables sur le plan économique, indignes sur le plan social et totalement incohérentes sur le plan technique, eu égard à l’objectif poursuivi et aux améliorations et résultats déjà obtenus depuis 10 ans sur ces deux bassins versants".
Pour la Fédération des coop, "la limitation draconienne de la fertilisation à 140 unités d’azote total à l’hectare et imposée sur des seules bases administratives, juridiques et bruxelloises et indépendamment des réalités agronomiques et des résultats observés, ne peut, en termes de conséquences que conduire :
- Au plan économique et social, à une récession et à un déclin de toute une dynamique territoriale et des 2 000 emplois liés aux 300 entreprises agricoles menacées sur les 2 territoires,
- Au plan technique agricole, à concentrer et à intensifier les exploitations, notamment laitières, dans l’impossibilité de produire sur de telles bases de fertilisation, les besoins alimentaires nécessaires à leurs élevages,
- Au plan environnemental, à casser l’engagement financier, humain et la modification profonde des pratiques de toute une profession depuis plus de 10 ans et reconnues aujourd’hui efficaces au travers des indicateurs de résultats et dont l’action ne demande qu’à être conduite à son terme pour bénéficier du retour environnemental sur l’investissement réalisé.
"Le développement durable prôné aujourd’hui par tous ne peut pas se réduire à la seule composante environnementale. Il exige d’être conduit en prenant impérativement en compte l’économie et l’emploi", poursuit la Fédération, estimant que "l’environnement ne peut être préservé que par l’engagement et la progression régulière et durable de la masse des agriculteurs dans cet objectif et non par la disparition de quelques-uns, aujourd’hui organisée par notre propre administration".
La Fédération Départementale des coopératives agricoles et agroalimentaires du Finistère est "aujourd’hui scandalisée par l’insuffisance ou l’impertinence de l’analyse globale et des mesures envisagées qui ne peuvent qu’appauvrir territoires et population, sans satisfaire l’objectif poursuivi". Et d'ajouter : "Comment accepter de telles mesures lorsque la teneur de la directive nitrates européenne reconnaît la double justification agronomique et environnementale des 170 unités d’azote organique à l’hectare et lorsque l’on sait les dérogations intra-communautaires en la matière".
"Si l’environnement reste une finalité partagée, l’économie, la compétitivité des outils et les hommes pour les mettre en œuvre sont les seuls moyens pour y parvenir", poursuit l'organisation indiquant que "cette compétitivité rend aujourd’hui prioritaire une modernisation des structures avec une cohérence technique et sanitaire sans faille, mais elle demande aussi d’urgence un renforcement des mesures financières individuelles et collectives pour poursuivre et développer les synergies en faveur de l’environnement".
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