Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
Sommaire | " LES DÉPARTEMENTALES " | 29 | Article n°7036 |
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Finistère (29)
(29) Lait : Un élevage de 1 000 vaches aux USA, Une technicité "à la bretonne" à la dimension américaine
 
Avec son père, Scott Ruby est la tête d'une "exploitation familiale" de 1 000 vaches laitières sur la côte Pacifique des Etats-Unis. Comprenez : une exploitation à capitaux familiaux.

"En 1967, mon père a repris les 30 vaches de mon grand-père", a expliqué cet éleveur-sélectionneur, aux adhérents d'Holstein Finistère. "À cette époque, les quotas étaient déjà en place, mais nous pouvions acheter du lait sans lien avec le foncier. C'est ainsi qu'en 16 ans, mon père a monté un troupeau de 180 VL".

Puis, en 1983, survient la suppression des quotas. "Du coup, tous les droits à produire que nous avions achetés ont subitement perdu toute leur valeur. Nous étions très inquiets de voir se libéraliser le prix du lait. Pour nous adapter, nous avons choisi la voie de l'expansion. Aujourd'hui, nous avons deux sites de 500 vaches distants l'un de l'autre de 100 km".
Sept mois de pâturage
Au-delà des dimensions particulières qui caractérisent ce pays, le récit technique de Scott Ruby n'est pas sans rappeler quelques similitudes avec l'élevage en Bretagne. "Il pleut beaucoup dans l'Oregon. Autour de 1 500 mm par an sur la première exploitation et 4 000 mm sur la seconde située à proximité des côtes". Avec ses 1 500 mm, Brennilis ou Coray font pâle figure…

Cette forte pluviométrie conduit ces éleveurs américains à donner une place importante à l'herbe. "Les vaches pâturent 7 mois par an", explique cet éleveur, précisant que "la conduite alimentaire du troupeau reste très basique (herbe + maïs ensilage + foin de luzerne). Mais nous veillons à un parfait équilibre de la ration".

Pour disposer d'une herbe de qualité, le pâturage est mené de façon intensive. "Les parcelles sont découpées en longues bandes suffisantes pour accueillir des lots de 180 vaches. Même s'il est toujours difficile d'apprécier avec précision la consommation d'herbe, nous réduisons le soja d'un demi-kilo quand la teneur en protéines de l'herbe est élevée".

Une ration complète, distribuée en complément de l'herbe, permet d'atteindre le niveau de production escompté (12 340 kg/Vl). "La quantité de foin de luzerne variant en fonction de la quantité d'herbe disponible", détaille l'éleveur, faisant remarquer que "l'objectif est de remplir les tanks à lait, c'est-à-dire de produire 1 million de litres chaque mois".
La génétique pour améliorer la productivité
Même si faire pâturer un millier de vaches suppose quelques difficultés pratiques et d'organisation, Scott Ruby y trouve de multiples intérêts. "Les vaches qui vont à l'herbe ont de meilleurs membres ; les résultats de reproduction sont meilleurs et la longévité est améliorée", observe-t-il, en évoquant plusieurs vaches de son troupeau ayant dépassé le cap des 100 000 kg de lait dans leur carrière. Et de résumer : "La vache idéale est un animal qui produit beaucoup de lait, tout en retenant bien, sans jamais tomber malade".

Si l'alimentation et la conduite contribuent à parvenir aux objectifs technico-économiques visés, la génétique est considérée comme un levier important dans cet élevage américain. "Elle permet d'améliorer la productivité, d'augmenter la longévité et donc de diminuer le taux de réforme. Le coût de renouvellement est réduit d'autant. En résumé, j'estime que la génétique est un avantage concurrentiel évident, y compris par rapport à nos voisins qui, dans un système libéral, sont aussi nos concurrents"

L'économie laitière pèse sur l'orientation génétique retenue sur cet élevage. "Nous analysons le marché laitier. Nous définissons des objectifs et nous restons concentrés sur ces objectifs pendant plusieurs années", note S. Ruby, soulignant que 89 % des recettes de son élevage proviennent du lait, valorisé pour 50 % en fromage, 45 % en lait de consommation et 5 % en yaourt.
Cinq-six taureaux par campagne
"A partir de ce marché, nous avons défini une hiérarchie dans les postes à sélectionner. Dont dans l'ordre : 1- la protéine ; 2- la matière grasse, 3- le lait ; 4- le type (en liaison avec l'aspect longévité lié aux membres et à la mamelle) ; 5- la puissance : Il s'avère en effet que les vaches les plus puissantes vivent plus longtemps".
Particularité de cet élevage également, mais pas très surprenante si l'on se réfère aux objectifs économiques et organisationnels des éleveurs, un nombre restreint de taureaux est utilisé sur le troupeau. "Cinq à six taureaux par campagne", chiffre S. Ruby, notant que cette stratégie favorise une certaine homogénéité du troupeau. "Et quand un taureau marche bien, nous n'hésitons pas à l'utiliser pendant longtemps. Cette façon de procéder facilite aussi sacrément l'accouplement des lots de filles".

Didier Le Du



L'élevage des génisses

Avec 1 000 vaches, le renouvellement du troupeau est capital. L'objectif est "d'avoir le maximum de génisses, d'où l'utilisation de semence sexée même si pour l'instant le taux de réussite est moins élevé qu'avec de la semence conventionnelle (- 19 points sur génisses sur cet élevage). En revanche, sur un des derniers lots, sur 45 génisses inséminées avec de la semence sexée, nous avons eu 41 femelles".
Toutes les génisses vont à l'herbe à 6 mois d'âge. La saison de pâturage dure 7 mois. Durant les 5 autres mois, les génisses en stabulation reçoivent une alimentation à base de maïs + ensilage de trèfle + foin d'avoine + 2 kg de concentré.
L'insémination à lieu à 14 mois d'âge (13 mois avec de la semence sexée). Ce qui fait un vêlage vers 23 mois en moyenne.





L'élevage en bref…

- Moyens de production :

• 1 000 VL sur deux sites.
• Production annuelle : 12 millions de litres.
• Production par VL : 12 344 kg – 38 TB – 31 TP (305 jours).
• 3 traites par jour (salle de traite 2 X 14 – 1 trayeur relayé toutes les 8 heures : 7 h de traite + 1 h de lavage pour 500 VL).
• Recettes : lait (89 %) ; viande (3 %) ; vente de génétique (8 %).

- Conduite :

• 7 mois de pâturage.
• 5 mois d'hivernage : logettes sur sciure avec système chasse d'eau. (les génisses sont également en logettes à partir de 3 mois d'âge).
• Séparation du lisier et du fumier par tamisage ("compostage" obligatoire pendant 80 jours).
• Ensilage de maïs : 70 % est acheté à une usine de conserves de maïs. Le "chantier" dure 5 semaines, 24 h/24, livraison en direct d'usine par camions.
• Achat de résidus d'usine : carottes, haricots, etc. incorporés dans la ration complète.

- Reproduction :

• 2,06 IA/veau né en moyenne (2,3 sur VL et 1,4 sur génisse).
• En 1997, les résultats moyens étaient de 3 IA/VL.
• Insémination par l'éleveur : "L'inséminateur de l'élevage qui obtient la meilleure réussite utilise des gants en latex, prend des précautions pour la décongélation, prend son temps".


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Date de l'article : semaine du N° du 2 au 8 Mars 2007
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Les glaces, délices de la ferme de Patricia et gilles





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