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La formation aménagements des abords de ferme a pour objectif d’identifier sur la ferme le circuit de l’eau, de déterminer les zones à risque fort et de permettre à chacun(e) de réaliser un plan d’aménagement adapté. Ce dernier vise essentiellement à limiter voire à supprimer les traitements chimiques, en priorité sur ces zones à risques fort.
Patrick Le Brun, exploitation en dindes futures reproductrices et vaches allaitantes, Plougras
Vous avez participé fin 2006 à une formation aménagement des abords de ferme. Qu’en attendiez-vous ?
Au niveau des pesticides, nous avons des choix à faire. Tout ce que l’on entend dans la nature fait peur. Quand on voit les résultats de la qualité de l’eau de la rivière, il est temps de se poser des questions et de faire des efforts pour réduire l’usage des pesticides, protéger la ressource en eau et ne pas la gaspiller, c’est vraiment très important.
Je pense qu’il faut commencer par appliquer les changements chez soi. Si nous voulons être bien intégrés dans la société d’aujourd’hui, nous devons montrer l’exemple. L’image de l’agriculture passe aussi par des exploitations bien entretenues ayant le souci de préserver la qualité de l’eau.
Que vous a apporté la formation ?
Le fait de travailler en groupe permet de se situer par rapport aux autres, de mesurer les efforts qu’il reste à faire et de s’échanger des conseils. On a pu réfléchir ensemble aux risques phytosanitaires sur chaque exploitation et en discuter, c’était très constructif. La visite sur mon exploitation d’un formateur m’a sensibilisé encore d’avantage aux risques phytosanitaires et m’a montré des solutions alternatives simples à mettre en œuvre.
Ce qui vous a le plus marqué dans la formation ?
Ce sont d’abord les visites sur le terrain et la réflexion autour du circuit de l’eau. J’avais déjà conscience que le fait de traiter mes abords d’exploitation contaminait les fossés et les cours d’eau. Mais je continuais à le faire quand même, comme tout le monde, par facilité. Je me disais: je continue à traiter tant que j’en ai le droit . L’arrêté préfectoral qui interdit le traitement des fossés m’a permis de me rendre compte que ça n’allait plus et de prendre conscience des dégâts que nous sommes en train de causer.
Quels aménagements avez-vous prévu ?
Je souhaite que l’entrée soit accueillante, avec de jolies haies. Autour des bâtiments, je vais semer de l’herbe, tout simplement. Devant, plutôt que de traiter, je vais essayer de désherber les plantules à l’eau chaude ou au désherbeur thermique. A priori, même si je dois passer un peu plus souvent, chaque passage devrait être rapide, donc ça ne me dérange pas.
Au final, l’ensemble de ces aménagements va m’éviter de traiter là où je mettais du glyphosate partout avant.
Vos remarques?
On devrait inviter d’avantage de gens à venir à ce type de formation, pour qu’ils se rendent compte des enjeux, et des moyens simples à mettre en oeuvre qui existent. Et je pense aux agriculteurs comme aux particuliers! Bien souvent, ces derniers appliquent des doses beaucoup trop importante compte tenu des surfaces traitées. Je trouve qu’il faudrait plus les toucher pour qu’ils s’impliquent davantage, et peut-être travailler avec eux.
Eric Henry, exploitant en porc naisseur-engraisseur et vaches laitières, Plougras
Lors de la formation, vous aviez déjà aménagé en partie votre exploitation. Pouvez-vous nous décrire ce que vous avez
fait ?
Avant, j’entretenais tout au désherbant total. Le problème, c’est que j’ai beaucoup de surface autour de mes porcheries, et que tout ce qui était en pente s’érodait du fait de l’absence de couvert végétal. Du coup, il y a deux-trois ans, j’ai laissé l’herbe venir. J’entretenais à la débroussailleuse, ça faisait beaucoup de travail. Alors, j’ai mis un cheval, mais l’herbe poussait trop drue et cette alimentation ne lui convenait pas. Jusqu’au jour où j’ai hérité de deux moutons. Je me suis dis, pourquoi ne pas essayer. J’ai clôturé autour des bâtiments et j’ai installé mes moutons dedans. C’est une bonne solution pour moi. Les moutons gardent l’espace propre, et du coup, j’ai eu d’avantage de temps libéré.
Nous voulons éviter de traiter par rapport à la pollution que cela entraîne et à l’image que l’on donne de notre exploitation.
Qu’attendiez-vous de la formation aménagement des abords de ferme ?
Je souhaitais encore réduire ma charge de travail à la débroussailleuse et embellir la ferme. J’avais besoin d’un regard extérieur pour savoir quoi planter et où. A travers la formation, grâce aux conseils de la technicienne en aménagement, j’ai pu choisir des plants adaptés : ce sera essentiellement des plantes couvre-sols ainsi que quelques arbustes pour créer un bosquet. J’ai déjà ramené de la terre, mais le terrain est encore trop humide pour planter. J’attendrai mars ou avril. Je prévois de pailler autour des plants au départ, pour faciliter leur démarrage (température et humidité conservées) et limiter la pousse d’adventices.
Source Chambre d'agriculture
Lannion
Contact : pour renseignements et formation : Sarah Bascou au : 02 96 46 21 03
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