Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
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Semaine internationale de l'Agriculture du 3 au 11 Mars
 
Dans quelques jours, Paris se mettra à l'heure de l'Agriculture. Pendant une semaine, au Parc des expositions de la Porte de Versailles du 3 au 11 mars va se dérouler le Salon de l'agriculture. Manifestation grand public, vitrine de la diversité de l'agriculture française et de ses produits, il préserve un côté professionnel, notamment au travers des Concours animaux.
Parallèlement, mais sur une durée plus courte, du dimanche 4 au jeudi 8 mars, le Parc des expositions de Paris-Nord-Villepinte accueille le SIMA, vitrine mondiale du machinisme agricole. Salon professionnel, il embrasse toutes les activités agricoles et rurales; de l'élevage aux grandes cultures en passant par les productions de fruits et légumes, jusqu'à l'entretien de l'espace rural et forestier.



Sommaire
- SIMA 2007 : Vitrine mondiale du machinisme agricole Page 9
- Palmarès : 29 produits récompensés Page 10
- Simagena : Show génétique et vitrine commerciale Page 11
- Animations et conférences Page 12
- SIA : Le Hall des bovins totalement revisité Page 13
- Les éleveurs bretons inscrits dans les différents concours et présentations Page 14
- Gaec Mahé – Bourriquen : Des indexeux de la Prim'holstein Page 15
- Elisabeth Clech sur les rings : Le juge est une femme Page 16
- EARL Lesné-Potier : Le concours de Paris pour baptême du feu Page 17

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Gaec Mahé-Bourriquen, à Ergué-Gabéric (29)
Des "indexeux" de la Prim'holstein

Ricotta, une fille d'Addison, représente un peu l'archétype de la vache recherchée par Pierre-Yves Bourriquen, Hélène et Bernard Mahé.

Si elle avait les taux, Ricotta serait parfaite. Presque parfaite… car la perfection est subjective. "On sait de toute façon, qu'avec une origine Addison, on pèse inévitablement sur les taux", rappellent à l'évidence les éleveurs, sans chercher à masquer ses index de -1,3 en TP et de -6,8 en TB. "Par contre, en lait, elle se défend bien. Avec + 2 655 kg, elle était n°2 au niveau national lors de la sortie d'index de novembre 2006 ; elle est 4e pour la dernière sortie de janvier (+ 2 611 kg)".
Au-delà de ses index laitiers, la vache qui représentera cet élevage finistérien au prochain concours du Salon de l'agriculture, tient aussi son rang au niveau conformation : bien charpentée (+1,8 en capacité), elle affiche un honorable + 0,9 en morphologie. S'il faut lui chercher un défaut, on le trouve du côté des pattes, au niveau de l'angle de jarret qui lui confère une légère faiblesse sur les membres. Reste qu'avec une note globale Ex 91 points, Ricotta s'affiche comme une bonne vache que beaucoup aimeraient avoir dans leur troupeau.
Objectif : "Une vache belle avec de l'index"
Ce tour de pointage conduit tout droit Bernard Mahé à circonscrire le type de vache qu'il recherche : "Le jour où tu as une bête très laitière, la morphologie c'est la cerise sur le gâteau".
Potentiel de production et morphologie. C'est exactement le doublé dans l'ordre recherché sur cette exploitation laitière. Avec des nuances toutefois entre les trois éleveurs, tous sélectionneurs de longue date, mais qui conduisaient chacun leur troupeau jusqu'en mars dernier.
"Avant qu'on s'associe, j'étais plus morphologie que production", indique Pierre-Yves Bourriquen, précisant qu'occasionnellement il allait "jusqu'à utiliser un taureau négatif en lait s'il s'avérait nettement améliorateur en morphologie". Il ajoute : "Avec un petit faible pour les taureaux étrangers marqués dans ce sens". Quand on aime les belles bêtes, il n'est de limites qu'il faille se fixer arbitrairement ! Et c'est aussi cela qui fait le charme du métier d'éleveur-sélectionneur. "En fait, je recherchais entre autres des vaches à morphologie, avec des belles mamelles, ce qui est aussi un atout pour la traite".
De leur côté, Hélène et Bernard Mahé privilégient prioritairement les index production même si, dans leur choix, la morphologie talonne de près les aptitudes laitières. "Il faut certes qu'une vache soit belle, mais elle n'a de valeur que si elle en a sous le pied. Autrement dit, il faut qu'elle ait de l'index". Ce qui conduit Bernard Mahé à se définir lui-même comme un "indexeux" de la Prim'holstein.
Toutes les routes mènent au lait
Reste que cette nuance dans les objectifs de sélection entre les membres du Gaec n'a pas été un handicap lors de la fusion des trois troupeaux. La différence fait aussi la complémentarité. "Aujourd'hui, nous avons un objectif d'intensification en lien avec une production de lait oméga 3. Il s'avère que les deux troupeaux ont finalement des potentiels de production assez proches bien que les voies de sélection aient différé pendant des années", observent les éleveurs, indiquant qu'avec l'alimentation en ration complète le niveau moyen d'étable se situe à 10 500 kg par vache. Preuve que, par un bout ou par un autre, les vaches contemporaines sévèrement sélectionnées ont toutes du potentiel dans la mamelle. Et que la sélection n'est pas qu'une affaire de passion mais aussi de rentabilité. "Une vache à 10 000 kg ne mange proportionnellement pas 1/3 de plus qu'une vache à 7 500".
En effet, les éleveurs ont beau être tous trois férus de sélection, contexte économique et regroupement des structures justifient aujourd'hui le choix unanime d'aiguillonner sur le potentiel laitier. "Sans négliger la morphologie", rassurent aussitôt le trio, adepte des concours depuis de nombreuses années.
Et pas question de mettre son mouchoir sur cette passion qui apporte aussi son lot de richesses : celui de l'expertise dans la recherche constante de la vache idéale et celui des relations humaines qui se nouent dans le microcosme de la sélection.
Se tenir aux objectifs de sélection
L'orientation de sélection, bien cadrée et aujourd'hui partagée par tous, conduit à présent les éleveurs à ajuster les accouplements selon une hiérarchie clairement identifiée mais sans perdre cette vue d'ensemble qui fait du produit recherché un animal efficace. "Je prends la FIA (fiche individuelle vache laitière) éditée par l'Upra et je détaille les postes à améliorer. En insistant sur les points faibles de la vache". L'objectif étant de tendre vers la vache idéale…
C'est dans ce dessein de quête de la "bête parfaite" que, par exemple, Ricotta a été successivement accouplée par des taureaux forts en taux. "Elle a aujourd'hui une fille de Lorenzo, de Ramos et de Mascol. Cette dernière a aujourd'hui un Isu sur ascendance de 182 points. Elle a aussi deux fils en CIA".
Début février, cette même Ricotta a été collectée sous contrat avec Zénith, un taureau américain qui apporte de la conformation mais négatif en lait. Rien d'opposé aux objectifs de sélection ci-dessus définis puisque Ricotta, avec 13 294 kg en 273 jours en 3e lactation (29,4 de TP et 31,2 de TB) a plus que confirmé ses index laitiers inscrits sur papier.

Didier Le Du

Un peu de généalogie
Ricotta qui défendra les couleurs du Gaec Mahé-Bourriquen à Paris est l'une des descendantes d'une vache acquise en 1991 par Bernard Mahé. Une certaine Fruité, fille de Charleston (92 points) et petite fille de Soleil (94 points), qui s'est distinguée dans l'élevage Quinquis, à Guilers.
Fruité (93 points) a largement essaimé dans cet élevage. Et entre autres de Ispane (92 points) une fille de Mascot qui accouplée par Esquimau a donné Laurentide, la mère de Ricotta.

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Concours : Elisabeth Clech sur les rings
Le juge est une femme

Elisabeth Clech de Pleyber-Christ au sud de Morlaix est depuis quelques années l'une des seules femmes juge de concours agréé par l'Upra Prim'Holstein.

Une femme sur le ring. Dans ce monde où les hommes sont très largement majoritaires, ce n'est pas courant. Pour autant Elisabeth Clech assume son statut de femme-juge avec enthousiasme. Tout a en fait démarré, au début des années 1980, Elisabeth et son mari Michel , tous les deux issus de la zone légumière, se sont installés sur une petite exploitation du centre Bretagne Costarmoricain. "Nous avons débuté en achetant un lot de génisses anglaises. Le premier pas dans le monde de la génétique. Nous avons attrapé le virus".
L'exploitation trop petite pour le couple, Elisabeth suit la formation d'inséminateur à Rambouillet et obtient son diplôme. Elle exerce depuis plus de 20 ans. "Un contact permanent avec l'élevage sur l'exploitation familiale et une ouverture sur les autres élevages au travers du métier font que la génétique laitière est devenue une réelle passion".
Un nouveau défi
Sans avoir l'ambition d'officier sur les rings des concours, elle décide de suivre la formation de juge dispensée par l'Upra Prim'Holstein début 2001. "Mon métier d'inséminateur me conduit à apporter des conseils d'accouplement dans les élevages. Suivre la formation de juge, c'était d'abord pour moi un test pour savoir si ma perception des animaux était la bonne".
Un peu plus tard, Elisabeth se présente aux épreuves d'agrément de juge, poussée par un inspecteur de l'Upra et quelques éleveurs. Un agrément qui a également été une manière de se battre et de relever un nouveau défi. Elle explique : "Fin 2001, peu de temps après que nous ayons changé de siège d'exploitation, repassant la frontière des Côtes d'Armor au Finistère, nous avons eu la mauvaise surprise d'apprendre que le troupeau devait être éliminé pour cause d'ESB. Un choc et une épreuve qu'il fallait digérer alors que nous revenions du Space avec le prix de la meilleure mamelle adulte".
Accepter l'agrément, c'était aussi accepter de juger. Dès lors les sollicitations ont commencé d'abord dans les comices cantonaux ou inter-cantonaux du Finistère, des Côtes d'Armor; du Morbihan, puis au niveau de régionaux en Normandie, Poitou-Charente, Centre. "Quand on aime, on se prend vite au jeu". Elisabeth Clech avoue prendre un réel plaisir à juger les animaux en concours. "Passées les premières appréhensions, à partir du moment où je vois de belles vaches, je suis heureuse".
Ce qui ne veut pas dire qu'il n'y a pas un certain stress. "Comme pour une épreuve sportive, il faut se préparer dans sa tête et apprendre à résister à la pression". Avant des concours importants, sa préparation débute quelques jours auparavant. "Sur ma tournée j'observe beaucoup de vaches. C'est une façon de préparer mon œil. Je revois aussi mon langage pour des commentaires justes et bien compris".
Juge, mais aussi jugé
L'agrément ne constitue en fait qu'une première étape. "C'est comme le permis de conduire, l'apprentissage réel se fait sur le ring en pratiquant. Car si pour l'épreuve d'agrément, le candidat doit juger une section; sur un concours le juge voit défiler plusieurs sections, des prix de championnats, des prix d'ensemble… C'est un peu plus compliqué." Le jugement et le classement n'étant en outre qu'une partie de la fonction. "Certes il faut savoir apprécier une vache, mettre en valeur ses qualités voir les défauts et décider pour dégager un classement. Mais c'est aussi un rôle d'animateur pour avoir des concours vivants et dynamiques".
Ainsi au terme du jugement, le commentaire compte autant pour elle que le classement. Un commentaire qu'elle aime à faire partager et qui doit selon elle être adapté en fonction du public, parfois non agricole dans le cadre d'un comice. "Il faut être en mesure d'expliquer et de faire partager ses choix par les éleveurs et le public. Sans jamais blesser un éleveur quel que soit la position dans le classement, mettre en valeur les qualités de l'animal, de la présentation. Il ne faut jamais oublié que ceux qui présentent ont fait un effort de se comparer à d'autres et de préparer leurs animaux. Cela mérite du respect. Avec un public non agricole, il faut pouvoir avoir un langage plus pédagogique".
Elle insiste sur cet aspect relation entre juge, éleveurs et public. "Il faut savoir par la voix et par le geste, exprimer des messages positifs, clairs, précis et concis". Et ne pas oublier que "si l'on est juge, on est aussi jugé par tous ceux qui sont autour du ring". Et sans doute encore un peu plus lorsque l'on est une femme.

Pierre Dénès

Une vache solide et harmonieuse
Le jugement implique de dégager des priorités. Ainsi si chaque juge a sa manière d'opérer et de se comporter sur un ring, tous travaillent sur les mêmes bases, c'est-à-dire la table de morphologie de l'Upra.
Elisabeth Clech décrit "la vache idéale" comme harmonieuse dans l'agencement de toutes ses parties :
- Harmonie dans les dimension corporelles associée à de l'angularité
- Solidité du corps dans la ligne de dos, dans le bassin, la largeur de poitrine
- De bons membres avec de la force lui garantissant une locomotion aisée
- Un bassin bien éclaté avec des ischions larges qui laisse de la surface portant pour une mamelle bien intégrée au corps, tant en jeune qu'en adulte. Une mamelle équilibrée dotée avec une attache avant ferme, et arrière haute et large.

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Normande : EARL Lesné-Potier (35)
Le concours de Paris pour baptême du feu

Alain Lesné, éleveur à Noyal-Châtillon sur Seiche, ira directement à Paris pour sa 1ère participation à un concours bovins.

Alain Lesné passera son baptême du feu au Salon de l'agriculture de Paris, le vendredi 9 mars. Jamais il n'a connu les rings auparavant, ses parents (dont il a repris l'exploitation) non plus. Pas de comices, pas de concours départementaux… "Ça ne m'intéressait pas vraiment. Et surtout, je me disais que je n'avais pas de vache à la hauteur", avoue l'agriculteur, installé depuis janvier 1995 à Noyal-Châtillon sur Seiche (35).
C'est en septembre dernier que sa jeune vache Udinèse s'est fait remarquer lors d'un pointage du technicien Upra, David Lebullenger. "Au début, je n'y croyais pas trop", avoue Alain Lesné. Puis, après deux visites de présélection, le technicien et Henri Hamard, juge et ancien éleveur de Normandes, ont confirmé sa participation au concours de Paris. "C'est une expérience intéressante et une reconnaissance", remarque le producteur, en précisant qu'Udinèse est issue de son élevage, ce qui est d'autant plus valorisant. "Sa grand-mère était une bonne laitière. Son père, c'est Madison, un taureau qui apporte en lait et mamelle".
Née en novembre 2003, la jeune femelle a vêlé pour la première fois l'été dernier. Elle a produit 3 684 kg de lait en 123 jours de lactation et présente actuellement un Isu de 114. A Paris, elle mettra notamment en avant sa taille et sa mamelle. Elle participera aussi au concours départemental à Rennes fin mars, accompagnée par Violette, une génisse achetée qui présente également un bon potentiel.
Des conseils pour la préparation
L'agriculteur ne se déplacera à la capitale que le vendredi pour le concours. Transportée par camion, la vache Udinèse quittera l'élevage le mardi et rentrera le dimanche. Côté préparatifs, Alain Lesné a reçu de nombreux conseils, aussi bien de l'Upra que d'éleveurs habitués des concours. "Je laverai la vache le lundi 26 février, pour qu'elle soit tondue le lendemain par Henri Hamard, soit 10 jours avant le concours". Pour l'habituer au licol, l'éleveur va commencer en utilisant son chargeur.
Dans son troupeau, l'éleveur vise avant tout l'amélioration de la production laitière qui se place déjà à un bon niveau (moyenne d'étable de 7 500 kg brut). Il souhaite aussi voir progresser le TP, actuellement de 36-37 sur l'année. Le rapport de taux est jugé satisfaisant, avec un taux de matières grasses de 43-44. "Quand je me suis installé, mes parents avaient un troupeau comprenant un peu plus de Prim'Holsteins que de Normandes. Je suis progressivement passé en tout Normande pour mieux vendre le lait grâce au TP".
Dans ses choix génétiques, Alain Lesné s'attache aussi aux qualités de mamelle. "Il y a eu de nettes améliorations dans la race". Même si l'éleveur valorise bien ses bovins en produit viande, ce n'est pas prioritaire à ses yeux. Les accouplements sont réalisés au cas par cas avec l'inséminateur, en validant les propositions faites dans le plan d'accouplement. L'éleveur adhère à l'Upra depuis 1995.
Des achats à bon potentiel
Pour fournir le quota supplémentaire apporté par l'installation de sa compagne en 2006 (+ 70 000 L), Alain Lesné a acheté plusieurs vaches à des éleveurs d'Ille-et-Vilaine ayant de bons troupeaux ou lors de la vente PMS en juillet. La vache Tyrogeade compte parmi les acquisitions particulièrement intéressantes : elle affiche un Isu de 134, un TP de 38 et un TB de 39. En cours de troisième lactation, elle a produit 2 900 litres en 87 jours. Les génisses sont actuellement toutes gardées.
Plus que la génétique à proprement parler, les marges économiques représentent une priorité pour l'éleveur, qui travaille en groupe Ceta depuis deux ans. Parmi les actions mises en œuvre pour réduire les coûts, du méteil est cultivé et donné aux génisses en hiver. Le pâturage est bien exploité de début février à fin juin, moment où le silo de maïs doit être réouvert (il est fermé deux mois dans l'année). L'herbe est conservée majoritairement sous forme de foin, 3 à 4 ha sont ensilés. Cette année, le producteur va mettre de la pulpe de betterave dans la ration de printemps. L'alimentation hivernale des vaches est basée sur le maïs et le colza, apporté en tourteaux, mais aussi tanné.

Agnès Cussonneau

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Date de l'article : semaine du N° du 23 Février au 1 Mars 2007
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