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La conduite en
bandes et la technique du tout-vide tout-plein qui lui est associée
induisent des corvées de lavage qui reviennent de toute façon trop
rapidement. Trop rapidement au regard de la pénibilité de ce travail. Tant
et si bien que les incitations à nettoyer dessus et dessous, c'est-à-dire
à descendre dans les fosses, n'ont pas été vraiment suivies ou, au mieux,
délestées après quelques descentes courageuses. Comme témoignait récemment
un éleveur : "Descendre dans les fosses, c'est peut-être l'optimum
technique sur le plan de l'hygiène, mais ce n'est certainement pas le
summum de la condition humaine… surtout à l'heure où l'on parle de
réduction du temps de travail".
ESSAIS COMPARATIFS
Actuellement, la station bâtiments porcins de Guernévez vient de démarrer
un essai destiné à apprécier la qualité du sol en fonction de quatre
critères : propreté, facilité de lavage, blessure des pattes, impact sur
les onglons.
Dans cet essai, mené en post-sevrage, trois types de caillebotis sont mis
à l'épreuve : béton, métallique plastifié, fil. Ces caillebotis sont
placés à une quarantaine de centimètres au-dessus du fond de la pré-fosse.
Un fond de pré-fosse carrelé avec une pente qui aboutit dans un caniveau.
L'objectif étant aussi de pouvoir nettoyer la pré-fosse sans enlever les
caillebotis. Si le carrelage antidérapant s'avère intéressant pour la
sécurité quand il s'agit de descendre dans les fosses, dans ce cas, un
carrelage lisse pourrait suffire. Essai intéressant à suivre…
La station régionale de Guernévez avait déjà mené une première étude sur
la "lavabilité" de deux salles de sevrage précoce. L'objet était
d'apprécier la facilité de lavage de salles équipées de sols, de parois et
de fosses différents. "En conclusion, il apparaissait que la crasse
s'incrustait davantage sous les caillebotis fixes", explique Céline Salaün,
ingénieur à l'EDE-Chambre d'agriculture du Finistère. Et d'ajouter : "On
peut améliorer cette situation en utilisant des caillebotis ayant le moins
possible de cavités sur la partie inférieure".
Le recours à un dispositif de levage des caillebotis représente un bon
compromis pour le nettoyage des parties inférieures. En revanche, ce
système exige un volume supérieur des salles. "Avec des caillebotis qui se
lèvent, il faut aussi penser sécurité, donc solidité des amarrages pour
éviter tout risque d'accident", souligne C. Salaün.
AVANTAGE AUX CANIVEAUX LATÉRAUX
Sur le point précis de la conception de la fosse, l'inclinaison du fond en
"V" avec caniveau dans partie centrale rend le lavage plus difficile.
Propulsées par la pression du jet, les "saletés" ont en effet tendance à
éclabousser sur la pente opposée. Le caniveau latéral s'avère plus adapté
à une évacuation aisée des eaux de lavage. "L'idéal est de prolonger le
caniveau par un tuyau de gros diamètre semi-enterré pour éviter au maximum
les retours d'eau souillée. L'autre solution consiste à enfouir un tuyau
sous toute la longueur du caniveau et d'ouvrir des bouches d'évacuation
tous les 2-3 m", constate Thierry le Roux, technicien d'élevage à
Guernévez.
Autre solution creusée pour avoir des fosses propres sans avoir à gratter
: le lisier flottant. Cette technique, utilisée dans les années 70 dans
les étables à taurillons, consiste à construire une digue de quelques
dizaines de centimètres en bout de pré-fosse et de remplir ce volume
d'eau. Plus léger que l'eau, le lisier flotterait et s'évacuerait sans
sédimenter en fond de fosse. Cette idée pour l'avenir est actuellement
testée chez quelques éleveurs.
Enfin, d'autres techniques cherchant à allier facilité et efficacité sont
explorées ou développées (lire les articles suivants).
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