Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
Sommaire | " DOSSIERS " | Fongicides | Article n°6992 |
Recherchez  dans  Recherchez
Recherche avancéeRecherche avancée
Archives (prochaine parution le 25 mai 2012) Recevoir les articles par mailAlerte email
 
 
Témoignage : Jean-Michel Le Quéau St Coulitz (29)
 
L'exploitation de Jean-Michel Le Quéau est entièrement consacrée aux cultures de vente malgré des sols hétérogènes, limoneux en bordure du canal, plus froids et plus argileux sur les hauteurs. L'assolement s'appuie, en grande partie, sur une rotation blé-maïs. Le triticale est réservé aux parcelles plus difficiles. "L'élevage de volailles de chair occasionne des besoins importants de paille, d'où la surface de céréales. Les fumiers sont épandus principalement sur maïs grain et colza mais la surface "épandable" consacrée à ces deux cultures n'est pas suffisante, ce qui m'oblige à décaler une petite partie des semis de blé en fin d'hiver, sur des parcelles préalablement fumées", explique Jean-Michel.
Labour systématique
Le blé est implanté après maïs grain, colza ou légumes, broyage des cannes de maïs et traitement des repousses de colza. "Quel que soit le précédent, j'effectue systématiquement un labour. Je ne suis pas équipé de matériel de semis direct et je préfère labourer pour enfouir les résidus de maïs et limiter ainsi les risques de mycotoxines".
Avec sa charrue 8 corps (sur relevage avant et arrière du tracteur), Jean-Michel laboure environ 2 ha à l'heure. Le semis est réalisé immédiatement avec un combiné herse rotative + semoir de 3 m. Les semis s'étalent du 10 novembre au 15 décembre, en démarrant par les parcelles de colza et de légumes.
Résistance aux maladies
"Dans le choix des variétés, ce qui me semble important c'est le potentiel de rendement, la résistance à la verse et aux maladies. Je m'appuie sur les conseils de Patrick Le Corre, conseiller culture de Coopagri, sur les essais de Glomel et ceux réalisés sur l'exploitation. Chaque année, j'introduis une variété nouvelle", précise l'exploitant.
Pour les semis précoces, Jean-Michel a retenu des variétés "hiver" comme Cordiale, Dinosor, Mercury avec un traitement Gaucho pour éviter les risques d'attaques parasitaires. Pour les semis plus tardifs, des variétés demi-alternatives ou alternatives comme Orvantis, Alixan, Paledor. La densité de semis varie entre 250 grains/m2 pour les plus précoces et 300 grains pour les plus tardifs. Le triticale est semé vers le 10-15 novembre avec une seule variété Triskell.
Exprimer le potentiel
L'exploitation, située dans la région de Châteaulin, est soumise à un pluviométrie de 900 à 1 000 mm, avec parfois du brouillard en bordure de rivière, d'où une pression maladie assez forte. Les rotations courtes augmentent également les risques. La comparaison entre bande traitée et non traitée a donné un écart de rendement est de 25 à 30 q/ha.
Le poste fongicide représente un quart des charges opérationnelles du blé. "Mon but est d'apporter une protection suffisante pour que la culture exprime son potentiel tout en essayant d'optimiser les charges, en particulier quand le potentiel est limité. Pour déterminer la stratégie fongicide, je fais le point chaque année, en février, avec Patrick Le Corre", explique Jean-Michel. "Nous partons sur la base de 3 fongicides". Si une parcelle est ensemencée avec une variété sensible à l'oïdium, il effectue un traitement à base de Virtuose (0,75 L/ha).
Trois traitements
Cette année, sur les parcelles à bon potentiel, le premier traitement sera réalisé au stade 1 nœud avec Bell (1 L/ha). "J'essaie d'effectuer ce premier passage mi-avril, de façon à protéger les blés pendant 3 semaines et ne pas avoir d'intervention pendant la période de semis de maïs". Pour le second, il emploiera MadisonPack (0,5+ 0.125) et Sportak 0,8 L/ha, en traitant vers le 5 mai. "Ce programme assure une protection contre l'ensemble des maladies, y compris le piétin verse, compte tenu des rotations courtes", souligne P. Le Corre. Le 3ème traitement visera la fusariose avec Sunorg Pro (0,75 L/ha) au stade fin épiaison - début floraison. Le coût d'un tel programme se situe autour de 105 à 110 euros/ha.
Si pour une raison climatique, sur une partie des parcelles, le premier passage ne peut pas être réalisé, l'exploitant se limitera à 2 fongicides. Le T1 sera à base de MadisonPack 0,6 à 0,7 L/ha + Sportak 1 L/ha et le T2 associera Amistar 0,25 L/ha (pour la qualité de la paille) et Sunorg Pro 0,75 L/ha. Le coût de ce programme à 2 traitements se situera autour de 90 à 95 euros/ha. Si le potentiel de la parcelle est plus faible, la stratégie reposera sur 2 traitements avec des produits plus communs (Bravo Premium) pour un coût de 60 à 65 euros/ha.
Réactif à l'évolution climatique
Ces choix sont le fruit d'un travail d'équipe avec le conseiller cultures de manière à anticiper, à appliquer le bon produit, au bon moment, à la bonne dose. "Nous travaillons sur des associations de molécules en étant le plus réactif possible à l'évolution climatique et en tenant compte de la réglementation", ajoute P. Le Corre. Les conditions d'application sont bien entendu essentielles, elles devraient encore s’améliorer avec le projet d’achat à court terme d’un nouveau pulvérisateur.
Jean-Michel Le Quéau récolte lui-même ses céréales. En conduisant la moissonneuse, il peut apprécier, à l'œil, l'état de la culture dans chaque parcelle et en tenir compte dans les décisions, l'année suivante. En fin de moisson, un bilan est réalisé avec le conseiller culture, en recherchant les causes éventuelles, s'il y a chute de rendement. À l'avenir, la protection contre les maladies sera facilitée par l'utilisation de la modélisation qui prendra en compte la date de semis, la variété, la pluviométrie, pour ajuster encore plus précisément les traitements et optimiser les charges.

Patrick Bégos



Désherbage et fertilisation azotée

La flore d'adventices évolue depuis la suppression de l'atrazine, avec notamment la présence de fumeterres et des levées tardives de renouées. "Sur fumeterre et véronique, je traite avec Kalao D+ (1,5 à 2 L/ha) et j'effectue un second passage avec Absolu (300 à 350 g/ha notamment sur folle avoine). Sur pensée, mouron, séneçon, gaillet, paturin et folle avoine, je traite avec Paréo (0,75 à 1 L) Primus (0,05) Absolu (150 à 250 g) en rajoutant 1 L d'Actirob", précise J.M Le Quéau.
La fumure azotée est ajustée en fonction du potentiel de la parcelle, qui peut varier de 70 à 100 q/ha. Les parcelles semées en fin d'hiver reçoivent du fumier de volailles avant semis. Sur les autres parcelles, un premier apport d'azote est effectué au tallage : 80 à 100 unités d'Entec dont l'effet retardant permet de supprimer un épandage d'azote. Le second passage est effectué vers la mi-avril (80 à 100 unités). L'utilisation du Hydro N Testeur, au stade 2 nœuds, permet d'ajuster le second apport et éventuellement de le compléter, mi-mai. "Au printemps, je n'épands pas de fumier de volailles sur les céréales d'automne car la répartition et donc l'efficacité sont trop aléatoires, en l'absence de matériel adéquat".

Tous les dossiers " Fongicides"
Date de l'article : semaine du N° du 16 au 22 Février 2007
Imprimer l'article Imprimer l'article



Les glaces, délices de la ferme de Patricia et gilles





Dossiers Paysan Breton
Chiffres clés de l'agriculture bretonne
Contact
Abonnez-vous à
Paysan Breton
Recherchez une
petite annonce
Déposez une
petite annonce
Déposez une
annonce légale


(+ de 12829 depuis 1997)