|
Evaluer le risque sanitaire à la parcelle
Dès que la culture est implantée, la marge de manœuvre pour maîtriser la fusariose et la contamination en DON éventuellement associée se révèle très limitée. En effet la contamination en DON (déoxynivalénol) est plurifactorielle : après la climat qui a rôle primordial à la floraison (vis-à-vis de la maturation de l’inoculum, des contaminations …), il y a les résidus de cultures qui constituent le potentiel infectieux et le choix variétal (tableau 1).
Vis-à-vis de ces facteurs, il n’est plus possible d’agir en cours de végétation, il reste seulement le levier protection phytosanitaire contre la fusariose.
L’évaluation du risque agronomique d’accumulation du DON dans le grain à la récolte est possible à l’aide de la grille proposée par Arvalis (tableau 2) où l’on voit que les blés derrière maïs et en non travail du sol constituent des situations plus à risque que les blés implantés derrière colza et sur labour.
Cette évaluation du risque devrait se faire avant le semis de façon à pouvoir modifier certains facteurs agronomiques.
Une fois la culture de blé en place, il est illusoire de vouloir maîtriser la qualité sanitaire avec le seul levier fongicide, il garde cependant son importance, ne serait-ce que pour contrecarrer l’influence climatique qui est non maîtrisable et non prévisible.
Etre prêt à intervenir à l’approche de la floraison
Quelques jours après l’épiaison, il conviendra d’être vigilant sur l’évolution des conditions climatiques et de se tenir prêt à intervenir dès le début floraison (sortie des premières étamines), notamment sur les parcelles à risque : note de 4 à 6 dans la grille d’évaluation.
Comme le positionnement, le choix du fongicide a aussi son importance. Seuls les triazoles anti fusarium doivent être utilisées et il ne faudra pas descendre la dose à moins de trois quart de la dose homologuée dans la mesure où même ces produits n’ont qu’une efficacité limitée sur les fusarioses (les meilleures protections fongicides ne dépassent pas en général 50% d’efficacité).
Alain Morel
Arvalis
* : notes GEVES modifiées par ARVALIS
CTPS et ARVALIS Institut du Végétal, 2006.
|
|