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Les urnes ont rendu leur verdict. Dans le collège des chefs d'exploitation et assimilés, la liste FDSEA-JA conserve ses 17 sièges. Le changement vient de la Confédération Paysanne qui ne retrouve que deux élus au lieu de trois, la Coordination Rurale ayant désormais deux sièges. Chez les salariés, le nombre d'élus ne varie pas d'une élection à l'autre, la FGA-CFDT rafle la mise chez les salariés des groupements professionnels et ne laisse qu'un siège à la CGT chez les salariés de la production. Quant aux autres collèges, les résultats étaient connus d'avance, une seule liste était en présence. On notera un renouvellement des personnes : plus de la moitié n'était pas membre lors de la précédente mandature. (Voir la liste nominative des élus en dernière page).
Plus intéressants sont les pourcentages de voix obtenus par les différentes listes syndicales chez les exploitants. Avec 58,59 % des voix (56,14 % en 2001), la liste FDSEA-JA consolide sa position de syndicat majoritaire. C'est tout le contraire pour la Confédération Paysanne qui recule fortement à 21,22 % au lieu des 27,95 % de 2001. Elle devance à peine la Coordination rurale qui grimpe à 20,18 %. Elle était à 15,91 %. À noter aussi que l'objectif d'affaiblir la FDSEA dans le département du président de la FNSEA, n'a pas donné les résultats escomptés. Joseph Ménard sort donc vainqueur de cette élection, il pourra remplacer Michel David à la présidence de la Chambre.
On peut également considérer ces chiffres comme représentatifs de l'électorat puisque la participation dans ce collège a atteint 60,89 % (58,81 % lors de la dernière élection). Difficile de savoir quelle a été l'incidence du vote par correspondance dans ce chiffre. Un regret cependant exprimé par les différentes listes, celui de ne pas avoir de résultats locaux, ce qui aurait été possible.
Des réactions
L'heure était à la satisfaction du côté de Joseph Ménard, tête de liste FDSEA-JA. "La bonne participation révèle que les agriculteurs ont voulu exprimer leur choix. Ils ont confirmé leur large soutien à la liste FDSEA-JA dans un contexte difficile. Le vote traduit aussi le travail réalisé sur le terrain au quotidien". Il ajoute : "Ce résultat est aussi un message aux politiques au plan national et local. Ils doivent prendre en compte les options défendues par le syndicalisme majoritaire".
Même sentiment chez Frédéric Chevalier président des JA, il qualifie le résultat de "victoire". Qu'il explique par des positions très différentes sur la vision de l'agriculture notamment de la part de la Confédération Paysanne. "Les agriculteurs ne se sont pas trompés". Déjà, il perçoit qu'il va y avoir du travail à réaliser avec des choix importants : évolution de la PAC, financement… "Nous devons rester force de proposition et poursuivre le travail de terrain en syndicats responsables".
Patrick Besnard chef de file de la liste Confédération Paysanne s'avouait très déçu. "Notre message n'est pas passé. Nous proposions une logique de répartition correspondant aux attentes de la société face à celle de la concentration des moyens de production qui répond à des attentes à court terme et à du tout économique. Notre message n'était pas adapté à une profession qui a exprimé un repli sur elle-même, alors qu'elle ne pourra régler seule ses problèmes". Il entrevoit donc une restructuration qui va s'accélérer. Et il regrette que les minoritaires ne soient pas représentés au niveau régional.
La Conf se trouve désormais talonnée par la Coordination rurale. Yves Georges était satisfait de sa progression, mais il espérait plus et notamment en grignotant des voix à la liste FDSEA-JA. "Nous sommes plus connus qu'en 2001 et l'on s'est démarqué avec notre revendication sur les prix et non des aides, la simplification administrative". Cette nouvelle crédibilité, la Coordination veut, tant sur le plan local que national, l'utiliser pour être admise dans les différentes instances. C'est vrai notamment au niveau régional. Tous les élus seront convoqués pour une session d'installation le 16 février.
Paul Chauvin
Des participations variables suivant les collèges
Si les exploitants se sont exprimés à 60,89 % dans ce scrutin, il en va autrement pour les autres collèges. Les électeurs des collèges coopératives, crédit, mutualité, syndicat ont participé à plus de 80 %, voire jusqu'à 96 %. En revanche, la motivation pour voter semble moins forte chez les anciens exploitants avec un peu plus de 40 %. Elle descend encore chez les salariés des groupements professionnels avec 36 %. Puis elle s'effondre avec les salariés de la production (22,5 %) et chez les propriétaires (26,6 %). La Chambre d'agriculture n'est sans doute pas considérée comme un enjeu.
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