Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
Sommaire | " LES DÉPARTEMENTALES " | 35 | Article n°6922 |
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Ille et Vilaine (35)
(35) Contrôle laitier : Des nouvelles formules émergent
 
Que mange la vache "moyenne" d'Ille-et-Vilaine ? Le Contrôle laitier a la réponse : du maïs (3,8 tonnes de matière sèche), de l'herbe (1,7 tonne) mais seulement 30 % des vaches n'ont que l'herbe au printemps, des concentrés (1 tonne) et d'autres fourrages (0,4 tonne). Cela se traduit par 36 % de la surface fourragère en maïs et une offre de 30 ares d'herbe par vache avec un rendement de 6 tonnes/ha. "Ces données sont relativement stables, alors que la moyenne laitière a progressé d'une centaine de kilos par an depuis 10 ans et ce, grâce aux fourrages, analyse Alain Bourge. Qui ajoute : les écarts de coût alimentaire s'accroissent : 45 euros aux 1000 litres pour le quart meilleur et 75 euros pour le quart inférieur". D'où la proposition du Contrôle laitier lors de ses réunions locales d'examiner de nouvelles pistes sous les angles technique, économique et travail.
Tourteau de colza fermier
Avec un hectare de colza, on peut espérer obtenir 900 litres d'huile et 1,8 tonne de tourteau. Question valeur, on peut compter sur 1 UFL et 180 g de PDI au kg. La teneur élevée en matière grasse limite la consommation à 3 kg par jour. Quel est l'effet sur la production ? À la Station des Trinottières (Maine-et-Loire), en milieu de lactation, le remplacement de 3 kg de soja par 1,9 kg de tourteau de colza (20 % de matière grasse) et 1,9 kg de soja s'est traduit par une augmentation de l'ingestion, de la quantité de lait (+ 4,3 kg), une baisse sensible du taux butyreux (-5,5) et un maintien du taux protéique. L'effet dépressif sur le TB en début de lactation n'est pas aussi marqué.
Avec un troupeau de 25 vaches à 8000 kg utilisant 650 kg de tourteau de colza par vache, la surface nécessaire est de 7,5 ha (rendement 30 q). Une approche économique indique un gain de 3000 euros à condition de bien maîtriser la conduite du colza. Cependant l'arrivée de presses à huile sur le département va contribuer à développer l'utilisation de ce tourteau.
Rations sèches
Tout à fait à l'opposé d'une ration avec un maximum de fourrages, la ration sèche utilise beaucoup de concentrés avec un complément fibreux (foin ou paille). La distribution peut se faire à la brouette, au nourrisseur ou au DAC (distributeur automatique de concentrés). Les premières observations du Contrôle laitier, sur un nombre limité d'élevages, font apparaître une augmentation sensible de la production de lait (+ 900 kg) avec des écarts de 300 à 3300 kg. Le TB chute fortement de 4,9 points (de -3,1 à -7,2) tandis que le TP perd un point, avec parfois quelques soucis métaboliques.
En augmentant la production par vache, l'objectif est de réduire le travail, les éventuels investissements (moins de places pour un même quota). Par contrecoup, la surface en céréales va s'accroître. Le calcul économique ne plaide pas en faveur de la ration sèche pour des laitières. La marge diminuerait de 40 euros/1000 l. La question est de savoir comment, dans un élevage donné, compenser cette baisse : moins d'investissement, plus de performances techniques, amélioration de la productivité de la main-d'œuvre… Une étude personnalisée s'impose.
Déshydratation
L'utilisation de luzerne déshydratée sécurise le fonctionnement de la panse tout en augmentant l'ingestion et la quantité de lait (0,6 à 1 kg). Elle apporte un confort de travail. En revanche, le coût alimentaire est supérieur d'en moyenne 4 euros/1000 litres, mais avec une meilleure productivité (8510 kg au lieu de 7920 kg) d'après les observations du Contrôle laitier.
Méteil
En associant des céréales (blé, triticale, avoine) à des légumineuses (pois, vesce, féverole), on obtient un ensilage qui a une valeur comprise entre le foin et l'ensilage d'herbe. L'intérêt réside dans la constitution d'un stock (7 à 13 tonnes/ha) avec un coût faible avant une éventuelle sécheresse estivale. Le méteil est utilisable par les vaches en complément du maïs pendant l'hiver (2 à 3 kg de matière sèche) et peut représenter d’un tiers à la moitié de la ration en été. Les quantités sont fonction de la valeur. Il peut aussi constituer le fourrage de base des génisses.
D'autres pistes pour simplifier l'alimentation présentent un intérêt plus ou moins grand suivant que l'on se place sur le plan technique, économique ou travail. On peut citer la ration complète, la cuma distributrice, le pâturage seul pendant 2-3 mois, le DAC, la proximité des stocks, une distribution 6 jours sur 7, la ration sèche pour les génisses… Savoir chaque mois quel est le coût de la ration permet aussi de réagir et d'anticiper. Le Contrôle laitier peut l'établir.

Paul Chauvin







Le choix d'une Cuma distributrice

Installé en 2003, Sébastien Brault de Parcé a opté dès l'année suivante pour la distribution des fourrages avec une désileuse-distributrice automotrice en Cuma, le matériel existant étant à changer. Objectif : gagner du temps. Qu'en est-il aujourd'hui ? Il l'a précisé aux éleveurs du Contrôle laitier en visite chez lui : "C'est trois quarts d'heure d'astreinte en moins. Le troupeau a gagné 1000 litres en trois ans (9300 kg aujourd'hui avec 139 g de concentrés). L'efficacité économique a été maintenue avec 51 euros/1000 litres de coût alimentaire et 15 euros de distribution".
Sur un plan pratique, la ration est la même pour tous les animaux (vaches, génisses et taurillons), les vaches ont un complément en salle de traite. La distribution commence par les génisses pour être précis sur les quantités. Elle a lieu six fois par semaine à 6h45 du lundi au vendredi et le samedi à 15h avec des rations majorées le vendredi et le samedi. "Sans baisse de la production et sans refus". Avec l'arrivée de l'automotrice, l'éleveur a dû modifier légèrement la charpente de la stabulation (trop basse) et il devra penser à refaire des bétons.

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Date de l'article : semaine du N° du 2 au 8 Février 2007
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