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Un élevage sur quatre est concerné par la paratuberculose bovine. Et, plus et mieux, on cherche, plus on en trouve. D'où des coûts en forte croissance. "Cette année, l'action paratuberculose a coûté près de 304 000 ? au GDS 29", rappellent les responsables qui, pour sauvegarder l'action, ont été contraints de "réadapter les indemnisations et les prises en charge".
Les protocoles modifiés
Ainsi, depuis l'été dernier, les protocoles ont été modifiés par des avenants qui précisent que "l'indemnisation des bovins ne sera désormais attribuée qu'aux animaux présentant des signes cliniques". L'an dernier, l'indemnisation de 853 bovins avait coûté 166 000 ? (194 ?/bovin en moyenne). Les frais de dossier et les frais vétérinaires sont également à la charge de l'éleveur. "Les effets de ces nouvelles dispositions devront être visibles dès l'année prochaine", espère Jean-François Tréguer, président du GDS, et gardien de l'équilibre du budget de la structure mutualiste.
"Les résultats ne sont donc pas véritablement à la hauteur des attentes", en convient le président. "La paratuberculose reste latente dans nos cheptels et ce, quels que soient les protocoles et les efforts techniques et financiers engagés".
La méthode "dépistage-élimination" n'est pas une voie efficace pour diminuer la prévalence de la paratuberculose. C'est dans ce dessein de s'ouvrir à d'autres voies d'assainissement que l'Union bretonne des GDS a rencontré ses homologues aux Pays-Bas.
Maîtriser la dissémination de la maladie
Dans ce pays, les éleveurs ont développé, en 5 ans et à l'aide d'un budget conséquent de 13,5 millions d'euros, un programme novateur. "Il est basé sur la tolérance hygiénique de la qualité du lait et non sur l'éradication de la maladie dans les élevages. L'idée très médiatique est de garantir un lait "sain" aux consommateurs. Les troupeaux ayant un statut "paratub" selon la qualité de leur lait".
Pour autant ce plan n'est pas entièrement satisfaisant puisque le coût élevé du protocole, entièrement à la charge de l'éleveur néerlandais, suscite une certaine réticence dans les campagnes. Aujourd'hui, seulement 6 % des producteurs laitiers se sont engagés. "L'intérêt véritable de ce plan est l'obligation faite aux producteurs de n'acheter des animaux que dans un cheptel de statut équivalent ou supérieur. Avec cet objectif de faire baisser la prévalence de la maladie".
Si ce programme néerlandais ne convient pas à la Bretagne, il met néanmoins en lumière la nécessité de faire évoluer les plans actuels. "Les plans ne seront plus utilisés pour détecter et éliminer les animaux déjà atteints mais, au contraire, ils seront axés sur la maîtrise de la dissémination de la Map (Mycobactérien avium subsp, l'agent de la paratuberculose). Avec cet objectif d'éviter que de nouveaux cheptels soient atteints et de limiter sa diffusion au sein même de l'élevage".
Didier Le Du
Pour maîtriser la maladie
Qualifiée de "maladie qui s'achète", la paratuberculose est une maladie contagieuse qui se transmet par contact (bouses). Elle provoque une entérite chronique (diarrhée).
Pour parvenir à une bonne maîtrise de la maladie au cours des plans d'assainissements, il est nécessaire de traiter conjointement différents paramètres :
- Préférer l'achat d'animaux dans des élevages qualifiés et respecter les règles d'introduction (quarantaine).
- Respecter les conditions d'hygiène générale et de distribution du lait au veau (la contamination des jeunes animaux se fait essentiellement par la mamelle).
- Remettre en cause l'utilisation du lait ou du colostrum dans certaines conditions sanitaires défavorables (en système laitier, séparer le veau de sa mère après la naissance).
- Veiller au bon nettoyage des aires d'exercice.
- Faire attention à l'épandage de fumier et de lisier sur pâture.
- La douve peut être porteuse de paratuberculose (facteur favorisant).
- Réformer les bovins, en tenant compte des filiations de positifs.
- Vérifier l'impact génétique (sensibilité de certaines familles).
- Croiser les différentes analyses qui répondent différemment en fonction des stades de l'infection.
- Réaliser une véritable enquête épidémiologique.
- Isoler les animaux malades, etc.
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