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La Cuma Innov'22 vient de concrétiser l'engagement d'une vingtaine de producteurs en inaugurant la première presse à huile de colza sur le département. Si cette inauguration s'est déroulée dans le Mené, non loin du siège de la future huilerie du projet Ménergol, elle ne se veut surtout pas en opposition. "C'est une démarche différente et notre objectif est d'abord de retrouver de l'autonomie au niveau de nos exploitations", explique Yannick Le Bars, président de la Cuma Innov'22 et de la Fédération départementale des Cuma.
Autonomie
Concrètement la Cuma a fait le choix de l'acquisition d'un équipement mobile (sur un camion) permettant de presser 100 kg de graine à l'heure. Elle va donc tourner chez les adhérents. La graine entre 7 et 9 % d'humidité est triée pour ramener le degré d'impureté en-dessous de 2 %, puis acheminée par une vis dans la trémie de la presse (Reinartz). Après pressage, l'huile est mise dans un bac de décantation pendant 6 à 8 semaines avant d'être filtrée (filtre cartouche d'1 micron). Le tourteau est stocké à l'abri de l'humidité et peut se conserver dans de bonnes conditions pendant plusieurs mois.
Le montant de l'investissement s'élève à 67 000 euros HT hors subventions. Le projet a en effet reçu le soutien du Conseil régional et du Conseil général sur le plan financier, de la Chambre d'agriculture et du Cedapa sur le plan technique pour les aspects culture,valorisation de l'huile et du tourteau.
Serge Robin , producteur de lait à Laurenan sur 65 ha avec un quota de 265 000 litres de lait, s'est engagé dans la Cuma avec cette optique d'autonomie. Il est aussi dans une démarche Cedapa, système à base d’herbe avec réduction d’intrants. Son objectif est de produire 4 à 5 ha de colza sur une partie éloignée de son siège d'exploitation et d'utiliser le tourteau pour la complémentation de la ration de son troupeau (2kg de tourteau de colza en mélange avec du lin et des céréales). L'huile sera d'abord utilisée pour le tracteur en mélange à 30 % et dans une deuxième étape pour le chauffage de la maison.
"Mon engagement dans un petit groupe tient à la fois de cette volonté d'autonomie, mais aussi, précise t-il, parce que le circuit court apporte plus de proximité, et par conséquent un bilan énergétique plus favorable. Il permet en outre de prévenir d'éventuelles dérives comme le risque de mélanges avec des graines de colza OGM".
Quelques obstacles
Sur un plan technique, l'utilisation du tourteau de colza par les bovins ne semble pas poser de problèmes. "La quantité est cependant à moduler en fonction du taux de matière grasse qui peut varier selon la qualité du pressage de 12 à 20 %. L'objectif est de ne pas dépasser 5 % de matière grasse dans la ration. En pratique les éleveurs apportent 2 kg de tourteau de colza par vache avec un correcteur. Au niveau des performances, les éleveurs annoncent une légère progression de la quantité de lait produite, un peu moins de MG et une stabilité du taux protéique".
"L'utilisation de l'huile possible sans modification des moteurs jusqu'à 30 % se heurte pour le moment au refus de la garantie par les constructeurs" regrette Yannick Le Bars. Ce qui n'empêche pas un certain nombre d'agriculteurs d'utiliser l'huile comme carburant, en général sur des moteurs d'anciennes générations. Les responsables politiques présents ont été interpellés sur le sujet.
Pierre Dénès
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