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La baisse des
effectifs de l’enseignement agricole engagée en 1999-2000, confirmée en
2000-2001 se poursuit cette année. En effet, on enregistrait à nouveau une
diminution de l’ordre de 3 % en octobre 2001. «C’est une tendance forte
depuis 3 ans en raison de la baisse de la démographie. Elle touche toutes
les filières de formation. L’enseignement agricole breton conserve
toutefois une grande place avec 18 200 élèves soit environ 10,5 % des
effectifs nationaux», note Jacques Gallon, chef du service régional de
formation à la DRAF.
Si l’on examine de plus près chaque filière, on observe une baisse plus
sensible dans le secteur de la production agricole et horticole (-5,7 %).
La transformation est également touchée avec une chute des effectifs de
13,2 %, notamment dans l’agro-alimentaire. «Cette évolution est un peu la
conséquence de l’image qu’ont les jeunes de ces métiers. Pourtant, cette
filière continue à créer des emplois et de nombreuses entreprises
n’arrivent pas à trouver le personnel nécessaire pour assurer le bon
fonctionnement de leurs chaînes de production».
La filière agro-équipement voit ses effectifs augmenter. Les emplois
existent, notamment dans les Cuma et entreprises de travaux agricoles de
plus en plus sollicitées dans les exploitations où la main d’oeuvre
diminue.
La filière travaux paysagers (niveau 4) et celle de la gestion et de
l’aménagement de l’espace (tous niveaux) renforcent leur attractivité
auprès des jeunes (+ 3,2 %). Pour faire face à une demande croissante, les
entreprises de ce secteur montrent un certain dynamisme.
Avec le veillissement de la population, la demande est également soutenue
dans les métiers des services. Bien que les besoins soient en expansion,
le secteur des services aux entreprises et personnes (niveau 5) ainsi que
la filière commerce (niveau 3 et 4) connaît une baisse de ses effectifs
(-4,2 %).
L’enseignement agricole propose également des formations de niveau 3 et 4
orientées vers le développement local et les services de proximité en
espace rural. «Ces nouveaux métiers s’appuient sur le dispositif «nouveaux
services-emplois jeunes» et font aujourd’hui la preuve de leur utilité
sociale. Une réflexion est actuellement conduite par le Ministère de
l’Agriculture sur les formations de la filière services, elle permettra
une déclinaison régionale et une évolution de l’offre dans ce domaine».
Des défis à relever
Le 14 mai 2001 a été signée la Charte de développement pérenne de
l’agriculture et de l’agro-alimentaire en Bretagne. Les actions
collectives proposées doivent répondre aux enjeux de la restructuration de
l’agriculture bretonne. «L’idée forte est de reconquérir la qualité de
l’eau tout en maintenant le potentiel agricole et agro-alimentaire de la
région. Il s’agit également d’améliorer les conditions de vie et de
travail des agriculteurs et des salariés. La formation a un rôle majeur à
jouer et l’enseignement agricole s’inscrit dans ces préoccupations”,
déclare J. Gallon.
Le dispositif de formation doit apporter des réponses en développant une
communication positive sur les métiers et en adaptant ses contenus de
formation aux défis à relever en matière de sécurité alimentaire, de
développement durable et de réponse aux besoins du marché du travail.
Concertation régionale
En collaboration avec les partenaires professionnels, la politique
régionale s’attache à maintenir une offre cohérente pour répondre aux
besoins des élèves et des familles. «Grâce à la concertation avec les
instances professionnelles, la région Bretagne est l’une des premières en
matière de contrats d’objectifs emplois-formation qui réunissent l’Etat,
la Région et les branches professionnelles».
«L’offre de formation doit tenir compte des données territoriales
(structuration du réseau des établissements par famille d’enseignement),
des effectifs des classes, des perspectives d’emplois par secteur»,
poursuit J. Gallon. «Elle s’élabore en concertation avec les partenaires
institutionnels. Si certaines classes n’ont pas été ouvertes cette année,
le choix a été fait de maintenir la diversité en régulant l’offre de
formation sur l’ensemble du territoire. Des fermetures de classes ont été
réalisées par manque d’effectifs mais l’option ou la spécialité dans la
classe ont été préservées».
Un plan permettant de rénover les 22 exploitations agricoles intégrées
dans les lycées a été mis en place par le Conseil régional de bretagne, en
collaboration avec le Service Formation de la DRAF pour mieux former les
futurs agriculteurs aux enjeux de l’agriculture bretonne.
La formation agricole s’adapte donc aux réalités du marché du travail.
«Les rénovations pédagogiques permettent de prendre en compte les réalités
du terrain, notamment dans les modules spécifiques et les activités
pluridisciplinaires. L’ouverture de licences professionnelles en
agro-alimentaire est un autre exemple de la capacité d’adaptation et
d’innovation des établissements».
Certains lycées ont été des précurseurs dans la signature des CTE. La
réforme du développement inscrite dans la loi d’orientation de 1999 a
d’ailleurs conforté les établissements comme acteurs du développement.
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