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Le rendement en viande, le poids, la finesse d'os, le vêlage facile, voilà les points qui ont compté pour Jean-François Gapihan de Cesson-Sévigné (nord de Rennes) dans le choix de la Blonde d'Aquitaine. De six broutardes Blonde d'Aquitaine achetées en 1986, le troupeau compte maintenant 35 vaches. L'accroissement s'est fait en interne, au détriment de l'atelier taurillons passé de 80 animaux sortis par an à 30 aujourd'hui. "Au niveau du Gaec, la production laitière reste la production principale. La production de viande a été introduite pour faire face à l'absence de référence laitière sur une exploitation reprise", tient à préciser l'éleveur. C'est ce qu'il ne manquera pas de souligner aux éleveurs de Blondes d'Aquitaine d'Ille-et-Vilaine qui lui rendent visite ce jour.
Un vêlage de printemps à l'extérieur et concentré sur avril-mai est la solution retenue : il évite les diarrhées sur les veaux avec un vêlage d'hiver et permet une conduite en lot avec des animaux du même âge. Le vêlage au champ n'exclut pas la surveillance, notamment des génisses qui restent près de la stabulation. Ce choix a quelques conséquences sur le travail avec des vêlages qui ont lieu pendant le semis de maïs ou sur la complémentation nécessaire des veaux en été. La mise à la reproduction à partir de juin exclut pour des raisons pratiques le recours à l'insémination. L'éleveur y pense cependant pour des génisses avec un groupage des chaleurs.
Choisir le taureau
"Il faut savoir investir dans un taureau. Pour moi, il constitue la base du troupeau". Jean-François Gapihan recherche des mâles inscrits ou inscriptibles avec des papiers, il regarde la lignée, le choisit avec un squelette assez fin, de la viande, de la taille, du lait, un vêlage facile et également avec un caractère doux. Aujourd'hui, il évite les taureaux âgés (mais confirmés) en raison du nombre de saillies à réaliser sur une durée limitée. Et puis trois ans est une durée maximale d'utilisation, il faut changer de sang surtout si le taureau présente quelques défauts. L'intérêt pour les animaux de qualité ne pousse cependant pas l'éleveur à participer aux concours. "Ce n'est pas ma passion, il faut du temps et le lait reste prioritaire". Il se limite à la lecture des palmarès.
Le cheptel présent permet d'obtenir de 40 à 45 veaux chaque année. Certaines vaches font de longue carrière, "elles me permettent d'éliminer celles qui ne me conviennent pas ou lorsqu'il y a perte du veau". Une pratique systématique de l'échographie permet de repérer les femelles vides et de préciser les dates probables de vêlage. Les éleveurs ont aussi repéré dans leur troupeau de laitières une Normande qui adopte facilement un ou deux veaux. Elle supplée les Blondes défaillantes en lait. Pratique et facile.
Valoriser
Quant à l'alimentation, l'herbe reste la base avec une mise à l'herbe dès que le terrain porte sur de prairies à base de fétuque élevée et divisées en paddocks. Le foin peut venir en complémentation pendant l'été. Simplification aussi pendant l'hiver avec trois lots d'animaux. Tous les animaux ont du foin, ce qui varie, c'est la quantité et la proportion d'ensilage d'herbe et de maïs : les gestantes ont environ 3 kg de matière sèche d'ensilage "pour maintenir l'état". La quantité monte à 8 kg pour les vaches avec veaux. Pour les femelles à l'engraissement, les deux tiers de l'ensilage sont constitués de maïs complémenté avec du tourteau de lin et du blé aplati. Le maïs est à volonté pour les jeunes bovins avec des tourteaux de soja et de colza et du blé.
Avec ces rations, les animaux sortis sont plutôt lourds, "on me le reproche parfois", 480-500 kg avec un classement U=, U+ pour les jeunes bovins vers 19-20 mois. Le classement descend avec les vaches de réforme, souvent âgées. Les plus jeunes (6 à 8 par an) sont valorisées en vente directe après conditionnement par un prestataire. La valorisation est supérieure (4,50 à 4,70 euros le kg de carcasse), mais il faut trouver des clients (environ 25 par animal) qui soient prêts à acheter 12 kg ou plus de viande. Et malgré la proximité immédiate de Rennes, les acheteurs sont plutôt des ruraux.
Paul Chauvin
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