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Le scénario s'est répété 72 fois de la même façon. Les candidats de la liste "Finistère d'avenir" invitaient les agriculteurs à venir parler de leurs préoccupations et de leur vision de l'avenir, sous le toit d'une stabulation, d'un hangar de conditionnement de légumes ou au pied d'un silo. La formule marche puisque les organsiateurs ont comptabilisé une participation de plus de 2 000 agriculteurs à ces réunions. Une façon pour Jacques Jaouen, la tête de liste, de rappeler une formule qui lui est chère : "Proche des paysans, je le suis et je le resterai".
"Une Chambre d'agriculture également proche de vos problèmes et qui accompagne vos projets", a-t-il répété en déroulant "les 7 clés pour ensemble aller plus loin" : baisse ou mutualisation des coûts, accompagner les paysans face à l'ouverture des marchés, encourager les initiatives et favoriser la diversité des projets, renforcer la compétitivité des exploitations, accompagner le renouvellement des générations, conforter la place de l'agriculture dans les politiques locales, aller plus loin pour faire respecter et aimer notre métier. Voilà condensé le programme.
Grille porcine, DPU…
Lors de la dernière réunion, qui s'est déroulée chez Jacques Jaouen à Milizac, les sujets ont été abordés librement par les agriculteurs rassemblés sous la stabulation laitière. Chacun y allant de sa question.
"Il faut s'intéresser à ce qui se passe sur les marchés, essayer de se projeter dans le long terme", a ainsi dit le président à un agriculteur qui s'inquiétait sur l'orientation que devait prendre son exploitation. "La Chambre d'agriculture est là pour vous donner la boîte à outils, mais pas pour vous dire ce qu'il faut faire chez vous. La Chambre peut vous donner les éléments mais le choix final de développement dans une direction ou une autre vous appartient". C'est ce que l'on appelle la libre entreprise, une expression chère à la liste Finistère d'avenir.
La nouvelle grille porcine revient également souvent dans les débats entre agriculteurs et responsables. "Nous avons été roulés car la grille a été mise en place en période baissière", a justifié André Paul, candidat de la liste et producteur de porc à Scrignac. "Nous avons beaucoup d'appels sur le sujet. Certains éleveurs touchent plus qu'avant, d'autres moins. La FDSEA demande une remise à plat de la nouvelle grille".
Pas de rencontre non plus sans interpellation sur les DPU. "Dans le Finistère, nous avions proposé un découplage total. Avec à la clé, une simplification administrative. Nous avons reçu des coups. Aujourd'hui, venir pleurer c'est trop tard", répond Finistère d'avenir aux syndicats d'opposition.
Le prix des denrées
Les prix des denrées agricoles est également un sujet de préoccupation qui revient souvent. Et pour cause, il est essentiel dans la constitution du revenu de l'exploitation. "Quand on fait seulement la production, on n'a pas de prise sur le marché. La coopération et la mutualité sont des maillons essentiels", argumente un agriculteur présent à Milizac. "On ne peut pas se passer de l'établissement du prix public par les marchés, que ce soit en porc, bovin ou légume", répond un autre. Un vieux débat qui reste bien ouvert… "Une chose est sûre, on a intérêt à s'organiser", répond Jacques Jaouen qui cite des exemples dans les différentes productions.
Didier Le Du
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