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Finistère (29)
(29)Regroupement de troupeaux : Réfléchir avant de mélanger les animaux
 
Il est plus facile de regrouper 100 vaches que de réunir deux éleveurs", entend-on souvent dans la campagne. "C'est sans compter le risque sanitaire", répondent les éleveurs qui ont vécu un regroupement de troupeaux de laitières. Témoignages recueillis lors du débat organisé dans le cadre de l'assemblée générale du GDS.
Parfois acheter plutôt que regrouper
Eleveur à Plouédern, Maurice Le Goff s'est associé à Michel Morvan, installé à Milizac. "De mon côté, j'avais déjà vécu un regroupement de troupeaux complètement raté", raconte Michel Morvan. "Une clause de reprise du cheptel m'avait obligé à reprendre des bêtes avec les terres. Résultat, mon troupeau qui affichait un niveau de production avoisinant les 10 000 kg a été plombé par la BVD. Douze années de sélection ont ainsi été anéanties".
Fort de cette expérience malheureuse, pas question de recommencer la même erreur. "Lors de notre association, nous avons préféré ne pas regrouper les deux troupeaux. En conséquence, nous avons acheté une quarantaine de génisses de huit jours. À leur arrivée, nous leur avons appliqué une quarantaine stricte", explique Maurice Le Goff. Reste que ce pré-troupeau n'a pas été suffisant pour produire le quota. "L'objectif est de 120 vaches. Aujourd'hui, nous sommes à 103". D'où aussi un achat de 12 vaches en lait. Un compromis sanitaire décidé pour des raisons économiques…
S'appuyer sur les spécialistes
Après plusieurs années d'entraide, notamment pour des remplacements mutuels durant les congés, Jean-Marc Rivoalan, de Saint-Pol-de-Léon, et Eric Milin, de Plouvorn, ont eux aussi regroupé les vaches laitières sur un seul site, à Plouvorn. "Pour éviter de construire un bâtiment neuf, nous avons installé un robot pour 70 laitières. Les génisses ont été regroupées sur le site de St-Pol", explique J.M. Rivoalan en appuyant sur la réflexion sanitaire en amont qui s'est prolongée sur une année. "Nous nous sommes appuyés sur notre vétérinaire et le GDS". Sur cette exploitation, les deux troupeaux ont été rassemblés en pâture. "Pour limiter les bagarres nous avons utilisé un répulsif. De même, pour une transition en deux temps, les vaches ont été traites pendant deux mois en salle de traite, avant le passage au robot".
De son côté, Jean Hall, en Gaec à 5 associés à Saint-Renan, a commencé par dresser, avec le GDS, un diagnostic d'un troupeau à rapatrier. "Lors d'un précédent agrandissement, nous n'avions pris aucune mesure particulière. Par chance, nous n'avons pas eu de problèmes. Lors d'une deuxième reprise, nous avons été beaucoup plus vigilants : les prises de sang ont été effectuées sur le site d'où provenaient les animaux", a détaillé J. Hall, indiquant que "pendant 15 jours, les deux troupeaux – 96 vaches et 24 vaches achetées– ont été conduits en parallèle, y compris pour la traite". Lors du mélange, la baisse de production a été de "5 litres pendant 3-4 jours", poursuit l'éleveur en faisant remarquer que bien souvent, "l'éleveur est plus stressé que les vaches".


Didier Le Du

Quelques observations

- Préférer un mélange en été car la pression sanitaire est moins importante qu'en période de stabulation.
- Éviter la surcharge des bâtiments. Un éleveur souligne également que jusqu'à 40-45 VL, la stabulation paillée convient. Au-delà, c'est plus délicat (problèmes de ventilation et de litière, donc risque de leucocytes). Il faut donc tenir compte d'un éventuel passage au système logettes sans négliger la période d'apprentissage qui peut se prolonger 3-4 mois. Avec un impact possible sur la production laitière.
- Le "choix" de la laiterie : "Les laiteries ne sont pas forcément intéressées par du lait supplémentaire. On ne choisit pas sa coopérative, c'est la coopérative qui vous choisit", commente un éleveur. D'où cette invitation à réfléchir le projet suffisamment en amont.
- Par rapport à l'administration : prendre contact 3 mois auparavant. Veiller à respecter la réglementation environnementale.
- Évaluer le risque parasitaire.
- Transport des animaux : choisir des transporteurs agréés.
- Un regard particulier doit être porté sur la BVD, la paratuberculose. Mais aussi sur les maladies abortives. Toujours dans un souci de transparence, "le vendeur doit déclarer les avortements".








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Date de l'article : semaine du N° du 26 Janvier au 1 Février 2007
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