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Thierry Thomas, tête de liste résume en une phrase le programme de la campagne de la Confédération, fidèle à sa philosophie "Maîtrise et répartition de la production". C'est selon la Confédération le seul moyen d'éviter la surproduction qui entraîne les prix bas. "Ce qui nécessite par ailleurs des mécanismes de régulation et des règles de commerce international justes". Refusant le modèle qui consisterait à toujours produire plus pour assurer un revenu. "La vie pour certains semble être exclusivement celle du travail, niant le volet personnel ou familial".
Pour autant le syndicat ne rejette pas le principe des aides selon lui "indispensables pour certaines productions" compte tenu de la réalité des prix. Là aussi il réclame plus de justice dans la répartition, en rappelant l'action conduite par les jeûneurs. "Quelques améliorations ont été obtenues, mais pas suffisantes. C'est un dossier que nous allons continuer à porter notamment pendant la campagne électorale (politique) en demandant aux candidats de s'engager", souligne Jean-Marc Thomas, l'un des jeûneurs.
Autre priorité de la Confédération, l'installation. "Le rapport de - une installation pour cinq départ- n'est plus acceptable. Il faut stopper l'hémorragie". Thierry Thomas veut faire sauter un certain nombre de verrous, freins à l'installation. Il cite la demi-SMI, le revenu de référence. "Nous devons accompagner chaque jeune et son projet à son rythme, comme il l'entend, avec l'appui des conseillers techniques et de gestion de la Chambre".
Souveraineté alimentaire
Au cours de cette campagne, le syndicat a aussi voulu replacer l'agriculture dans un contexte de mondialisation. François Dufour, ancien porte parole de la Confédération nationale, a ainsi rappelé lors de ce meeting les positions sur l'OMC. "L'agriculture n'a rien a faire dans l'OMC. Il faut donc en sortir et garantir à tous les peuples du monde leur souveraineté alimentaire". Il plaide pour le développement d'une agriculture paysanne à l'échelle de la planète.
De son côté René Louail, membre de la Confédération paysanne européenne (CPE) a fustigé les propos de Marianne Fischer Boël sur une pluriactivité qui deviendrait la règle. Persuadé que pour tenir de tels propos elle avait l'aval de la Commission. Egalement très inquiet sur l'évolution de la politique agricole commune, notamment sur le volet organisation des marchés, il estime que , "l'Union ne veut plus intervenir que sur les accidents". Il voit la plupart des aides s'orienter vers le 2e pilier, c'est-à-dire vers le développement rural. Et souligne la déficience du Parlement européen à s'intéresser aux problèmes agricoles. "Le poids politique de l'agriculture ne cesse de diminuer en Europe".
Pas question pour autant pour la CP de baisser les bras. "Un paysan sur trois se reconnaît dans nos analyses et notre programme. Le représenter est donc une responsabilité qui nous a poussés à nous investir dans la campagne", conclut Thierry Thomas pour qui il n'est pas encore trop tard pour convaincre, bien sûr avant le 31 janvier, date limite pour le vote.
Pierre Dénès
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