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SOMMAIRE Fertilisation : Tirer parti des déjections animales et des reliquats du sol Préparation de sol : Créer un profil favorable à l'enracinement Semoirs : L'alliance de l'efficacité et de la souplesse Ravageurs : Un choix limité de solutions Helminthosporiose : Priorité aux mesures agronomiques VariétéS : Tableaux maïs fourrage et maïs grain Variétés : Des comparaisons entre variétés Qualité du maïs fourrage : De bons résultats, variables en cas de déficit hydrique Désherbage : Plus d'efficacité avec deux passages Désherbage : Le désherbage mécanique tient la route à condition… Gaec des Primevères Guipavas (29) : Place prépondérante du maïs dans un système sécurisé Couverture des sols : Semer du ray-grass au stade 10 feuilles Vaches laitières : Donner au maïs la place qu'il mérite Finition des gros bovins : Utiliser le maïs nécessite un certain savoir-faire Porcs : Réussir son maïs grain humide Préparation du sol Le maïs doit avoir une levée rapide et régulière Labour ou simplification : il n'y a pas de préparation idéale mais un compromis en fonction du type de sol et de la culture. Créer un profil favorable à l'enracinement Dans un contexte d'agrandissement des surfaces d'exploitation, de réduction de la main d'œuvre disponible et de volonté de maîtrise des charges de mécanisation, beaucoup d'agriculteurs s'interrogent sur l'opportunité de remplacer le labour par une préparation plus simplifiée du sol. Sur le terrain, cohabitent des expériences très diverses utilisant des outils existants ou plus spécifiques. Les résultats varient mais des tendances se dessinent. Les Chambres d'agriculture de Bretagne ont mis en place des essais à la station de Kerguéhennec, Bignan (56), pour mesurer l'impact agronomique et environnemental du travail du sol. Les essais conduits depuis 2000, ont permis d'évaluer, sur 5 ans, trois types de conduite : le labour, le travail superficiel sur toute la surface (profondeur de 5 à 7 cm) et le travail minimum sur la ligne de semis. Ces modalités ont été étudiées dans une rotation maïs grain, blé, colza, blé en analysant aussi les conséquences au plan agronomique. Les résultats ont été complétés par des observations dans un réseau de 11 couples de parcelles réparties dans toute la Bretagne. Djilali Heddadj, ingénieur au pôle agronomie des Chambres d'Agriculture de Bretagne nous détaille les premières tendances. Plus de matière organique, moins de porosité "Dans les deux modalités de non-labour, on concentre la matière organique en surface, dans la couche 0-5 cm, ce qui entraîne une amélioration de la stabilité de la structure du sol. En surface, les agrégats sont moins sensibles à la désagrégation et le risque de battance est plus limité qu'en labour, en situation de pluie orageuse". Le non-labour améliore également l'activité lombricienne, tant au niveau de l'abondance que de la biomasse. Cet effet est plus marqué quand on remplace la fumure minérale par du fumier de volailles. Les observations ont également porté sur les conséquences sur la porosité. Dans la couche 0-5 cm, on peut noter que la porosité est plus faible de 6 %, en semis direct. Dans la couche 10-25 cm, la porosité est supérieure de l'ordre de 10 % en labour par rapport aux deux autres modalités. "La meilleure activité lombricienne en non-labour ne compense pas la perte de porosité due à l'arrêt du labour. La macroporosité est plus importante dans le sol après passage de la charrue", explique D. Heddadj. La préparation du sol a également un effet sur la rétention d'eau. "Des mesures ont montré que le labour retient moins d'eau que les modalités simplifiées. Ce constat reste à valider mais il est important dans des zones comme le sud de l'Ille-et-Vilaine ou du Morbihan, où le maïs peut être handicapé par un déficit hydrique". Moins de ruissellement au printemps Le volet environnemental a été analysé dans une rotation maïs-grain-blé en étudiant le ruissellement, la présence de charges solides ou d'herbicides, principalement à partir de pluies d'orage sur maïs. En période hivernale, sur blé, où la saturation en eau des sols est responsable du ruissellement, le labour, grâce à la macroporosité créée sur 25 cm de profondeur, permet de mieux infiltrer l'eau. Le labour apparaît comme la solution la plus favorable pour limiter les pertes d'herbicides par ruissellement. "Par contre, en période printanière, sur maïs, où le ruissellement est provoqué par la formation d'une croûte de battance, le non-labour en augmentant le recouvrement par les résidus et en améliorant la stabilité structurale en surface, limite le ruissellement. Les résultats d'essais ont montré que le non-labour est donc favorable à une réduction des fuites d'herbicides, dans les cultures de printemps", souligne D. Heddadj. Le semis à la volée peut apporter un avantage supplémentaire. Un semis en ligne dans le sens de la pente accroit en effet les chemins préférentiels de l'eau. Globalement, la simplification du travail du sol a donc un effet positif sur la matière organique, sur la stabilité structurale, sur l'activité lombricienne, sur la rétention et l'infiltration de l'eau en situation printanière. Par contre, elle a un effet négatif sur la macroporosité et favorise de ce fait le ruissellement en période hivernale. Des essais vont être menés pour étudier l'impact sur le ruissellement hivernal d'une fissuration du sol en non-labour (réalisée avant l'implantation du maïs). Une autre piste est explorée à Kerguéhennec, c'est celle de l'incidence d'un labour superficiel à 12 cm. "Avec cet outil, la matière organique ne serait plus diluée comme dans un labour profond et les résidus seraient par contre enfouis. On se rapprocherait d'un compromis en bouleversant moins le sol". Le risque mycotoxines La simplification de la préparation peut également augmenter les risques de fusariose en culture et donc la présence de mycotoxines. Certes, ces risques sont d'abord liés aux conditions climatiques : température supérieure à 16°C et humidité. Mais les facteurs agronomiques sont également déterminants : le choix de la variété, le type de travail de sol, le précédent cultural et les résidus qu'il entraîne. En effet, selon la date et les conditions de récolte du maïs, il y aura dans le sol une présence plus ou moins forte d'inoculum. "C'est surtout le cumul de ces différents facteurs (système de culture, rotation basée sur céréales à paille et maïs grain, simplification du travail du sol et sensibilité variétale) qui accroît les risques. Le non-labour ne semble pas constituer à lui seul un facteur de risque plus prépondérant que les autres", estime D. Heddadj. Des précautions au niveau de la rotation, le broyage des résidus et leur incorporation, le choix de variétés résistantes… permettront de limiter les risques. Réduction des coûts Il reste enfin l'aspect temps de travaux et coût d'implantation. Le tableau ci-contre donne les comparaisons de consommation de fuel, de coût d'implantation, et de temps de travail, en labour, en technique simplifiée et en semis direct avec des écarts allant du simple au double. Des comparaisons de rendements ont été effectuées sur très longue période (30 ans) par Arvalis à Boigneville. Ils ont montré que les écarts liés aux conditions climatiques étaient supérieurs aux écarts liées au type de préparation du sol. S'engager dans une pratique de simplification du travail du sol doit donc se faire progressivement en étant vigilant à la cohérence globale de son système en fonction du type de sol, de la rotation, de la date de récolte du précédent et en maîtrisant bien l'enfouissement des résidus, le choix de la variété,…. Patrick Bégos
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