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Créée par la Fédération départementale des cuma pour évaluer l'intérêt de matériels innovants, Innov 35 compte désormais deux matériels : le Terragator, un épandeur automoteur de lisier et une presse à huile mobile. Cette dernière a été présentée lors de la dernière assemblée d'Innov 35. Elle va être opérationnelle dans les semaines à venir, dès que les derniers détails techniques auront été revus.
"L'idée est d'avoir une presse performante, facile d'utilisation, demandant peu de main-d'œuvre et transportable d'une exploitation à l'autre", indique Joseph Chabin, le président de la FDcuma qui s'est largement investi dans ce projet. Sur un plateau porte-charge qui se déplace avec un tracteur agricole, il a été installé une trémie de réception, un dispositif de nettoyage du colza (grille et cyclone), et une petite cellule (environ 3 tonnes) qui permet d'alimenter en continu la presse à barreaux. L'huile est récupérée dans un petit tank à lait et une vis permet de diriger le tourteau vers une remorque, un big-bag, mais pas directement dans une cellule (prise en masse)… en vue du stockage. Le choix a été fait de procéder à une décantation de l'huile avant un double filtrage (50 microns puis 1 micron). Le prototype aura coûté 60 000 euros à la cuma.
Les utilisateurs devront prévoir une puissance électrique d'au moins 25 ampères. Ils devront aussi être précis sur le taux d'humidité du colza : 7 % est l'idéal. Quant à la facturation, elle se fera probablement en tenant compte de la quantité d'huile et du temps d'utilisation. Les mois qui viennent vont servir de période de rodage avant la prochaine campagne. "On sait qu'avec les surfaces en colza mises en place, le potentiel existe. Le développement sera fonction du rapport de prix entre le fioul et l'huile ainsi que du prix du tourteau de soja", précise le président. Mais déjà les quelques éleveurs qui ont utilisé le tourteau de colza obtenu par ce type de pressage ont été satisfaits. "On aurait aimé en avoir davantage". On peut supposer que la presse devrait donc être très sollicitée (1).
Manque de volumes
Quant au Terragator, il a manqué de volume de lisier à épandre au cours de la dernière saison. 24 000 m3 c'est mieux que la première année (15 000) mais encore insuffisant pour arriver à l'équilibre financier, lequel se situerait autour de 40 000 m3. Les volumes épandus ont baissé sur céréales (résultats obtenus en retrait par rapport à ce qui était attendu en raison des terres soufflées ou sur petites parcelles). En revanche, ils ont bien progressé sur cultures et prairies. Les performances de l'automoteur sont aujourd'hui mieux connues : elles oscillent en moyenne entre 57 et 66 m3/heure suivant qu'il s'agit de cultures ou de prairies avec, bien entendu, des écarts suivant les chantiers. Le prix de revient est alors de 2,66 euros. À comparer avec d'autres systèmes tout en n'oubliant pas la qualité du travail mise en avant par les utilisateurs.
Une modification de la réglementation, qui se traduira par une réduction des frais de convoyage, facilitera l'utilisation. La cuma Innov 35 attend surtout une augmentation des volumes grâce au GIE Terre-eau qui met en relation des éleveurs excédentaires en lisier avec des agriculteurs (hors zones d'excédents structurels) désireux de limiter leurs achats d'engrais. Mais avant que cela soit effectif, il faut l'accord du préfet. Or l'enquête publique a suscité des questions successives auxquelles le GIE a répondu. "Le dossier est devenu plus politique que technique", constatent les responsables. Et, sauf décision rapide, les volumes, qui auraient pu être épandu sur céréales dans les semaines à venir, vont se transformer en azote minéral acheté. Tout le monde sera perdant, les agriculteurs et l'environnement.
Paul Chauvin
(1) Contact : FDcuma au 02 23 48 29 70.
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