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En début de la journée laitière de la FDSEA, Marcel Denieul a annoncé une bonne nouvelle : le prix du lait pour le premier trimestre va augmenter de 3,71 euros pour 1000 litres. Une des raisons réside dans la probable sous-réalisation du quota français pour la campagne en cours. Et également par la modification de la politique laitière de l'Allemagne avec une baisse de la collecte qui pèse sur le marché. On notera aussi une défaillance de l'Océanie suite à la sécheresse. Résultat : le prix de la poudre est supérieur au prix d'intervention et les stocks de beurre se sont réduits. Bernard Airieau, premier vice-président de la Fédération nationale des producteurs de lait rajoute : "La maîtrise finit par payer, même s'il faut du temps pour voir les effets".
Comment évoluent les marchés dans l'Union européenne (à 15) ? Yaourts et fromages continuent leur progression pendant que le lait liquide stagne, le beurre et la poudre reculent. Les nouveaux pays de l'Union peuvent augmenter sensiblement leur consommation pour rejoindre la moyenne, un point positif. Au plan mondial, l'Afrique avec le Maghreb, le Proche-Orient, l'Asie du Sud-est, l'Amérique centrale constituent des zones de faible consommation, laquelle n'est pas couverte par la production locale. "Avec une consommation mondiale qui progresse, les fondamentaux de la production laitière sont plutôt positifs", estime Frédéric Chausson le directeur de la FNPL.
Garder un modèle européen
Tout va-t-il bien pour autant ? "Les clients sont de plus en plus mondialisés, il y a un besoin de concentration à l'Ouest". Pour s'en rendre compte, trois groupes (danois, néerlandais et allemand) ont axé sur leur stratégie récente sur la rationalisation des outils de production, le glissement vers des produits plus élaborés et la consolidation de leurs positions commerciales notamment sur les pays tiers. Quelques gros groupes, le plus souvent privés (Nestlé…), font la course en tête.
"Et ici, quels sont les freins ?" a demandé un éleveur. "La prise de conscience existe, mais il y a des problèmes de structures, d'hommes qui hésitent à prendre des risques ensemble", résume le directeur. "Il faut dépasser les portefeuilles d'idées, de finances, de personnes, ajoute Bernard Airieau, pour avoir une coopération forte avec une stratégie". En clair, un pôle coopératif de taille européenne.
Outres ces aspects de structures, un certain nombre de pays (nord de l'Europe) veulent libéraliser le secteur laitier pour attaquer davantage le marché mondial (actuellement 6,5 % de la production). "La France n'a pas intérêt à modifier les règles. Il faut garder un vrai modèle laitier européen", affirme le vice-président de la FNPL. Rien n'est gagné à ce niveau avec l'élargissement de l'Union à 27. "Il nous faut convaincre nos partenaires. C'est aux Français d'être les moteurs", estime-t-on à la FNPL. Les responsables laitiers ont besoin du poids des producteurs.
Paul Chauvin
Le bilan d'une année laitière
2006 aura été marquée par l'adoption d'un nouveau projet agricole départemental qui vient d'entrer en application. Ses objectifs selon la FDSEA et les JA : atteindre un revenu minimum (18000 euros par actif), aider l'installation et conforter les exploitants en place, revaloriser les actifs supplémentaires et tendre vers une harmonisation régionale. Concrètement pour un actif, le plafond en lait passe de 200 à 240 000 litres, de 330 à 408 000 litres pour deux exploitants. L'évolution est significative.
L'actualité, c'est aussi 123 demandeurs de la cessation d'activité laitière, mais seulement 95 éligibles. Des transferts spécifiques sans terre (TSST) ont été demandés par 3201 producteurs. Les dossiers sont en cours d'étude, la méthode de répartition reste à définir. Pour les syndicats, les TSST complètent les cessations laitières sans avoir une logique de marché puisque le prix est fixé par l'État.
Ils rappellent aussi les actions menées pour une évolution du prix du lait dans un cadre interprofessionnel strict. "Nous avons évité une baisse excessive. Avec l'aide directe laitière, la recette lait a été globalement maintenue". Cependant la flexibilité a creusé des écarts entre laiteries. Autre exemple d'action : la collecte de tous les producteurs de l'ex-Nazart avec le déblocage d'aides, y compris le soutien des producteurs.
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