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Ils avaient promis de perturber l'ordre établi dans le département. Force est de constater que les propos tenus par les leaders de la liste Coordination sentent le bois vert. À toute volée…
Tout d'abord il y a le bilan de l'équipe sortante. Jean-Michel Favennec n'y va pas par quatre chemins pour abattre la mandature de Jacques Jaouen. Licenciement "fort coûteux" du directeur de la Chambre, "transfert de quota sans terre qui arrive trop tard", "redistribution laitière retardée pour cause d'élections", "indépendance des comités de développement remise en cause", etc. Le catalogue des critiques est lourd. La barque est également au moins aussi chargée à l'encontre de la FNSEA que la Coordination rurale nationale a en ligne de mire. "Il est quand même surprenant que la FNPL annonce une augmentation du prix du lait de 3,72 euros/1 000 L juste avant le suffrage alors que nous n'avons connu que des baisses pendant plusieurs années", s'étonne le leader du syndicat.
Les critiques sont aussi vives sur le "système" appliqué en production porcine. "Le TMP, qui remplace le TVM, signifie très mal pensé et très mal payé", ironise Hervé Guillerm qui chiffre, sur la zone Uniporc, à 70 millions d'euros les pertes générées par ce nouveau calcul de plus-value.
L'administration en prend également pour son grade. "Trop de réglementation tue la réglementation", s'insurgent les colistiers qui réclament "une simplification administrative pour ne pas freiner l'initiative et la créativité en agriculture". Une sentence identique est appliquée "aux coopératives et aux structures qui gravitent autour de l'agriculture".
Bref, la critique "du système" est aiguisée. Mais que propose la Coordination rurale ? "Nous redonnerons plus d'indépendance aux comités de développement. Nous ferons en sorte que la Chambre d'agriculture soit neutre. La Chambre ne doit pas être considérée comme l'antichambre d'un syndicat".
Le "premier dossier à régler" sera de mettre en place "une simplification administrative", poursuit la tête de liste qui parle aussi "d'informer les agriculteurs sur ce qui les attend. Qui, aujourd'hui, dit aux paysans que la fin des quotas laitiers est programmée pour les années à venir ? En conséquence, les achats de quotas par l'intermédiaire du dispositif de TSST ne sont pas sûrs d'être rentables. D'autant que les laiteries voient là que des agriculteurs ont les moyens d'acheter du lait ; ce sera un prétexte supplémentaire pour baisser le prix. De même, nous proposons un prélèvement de 10 % maximum en cas de reprise de foncier avec quotas car nous avons déjà perdu 6,2 % de l'ADL par le biais de la modulation".
Didier Le Du
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