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Sur gaillet
Le gaillet est caractérisé par des levées échelonnées, il est donc illusoire d’assurer sa destruction totale en post-levée précoce d’automne. Les produits à base de bifenox (Foxpro D+) ou DFF (First) ont une action limitée. Ils peuvent détruire les premiers gaillets levés, mais ne suffiront pas pour détruire les levées ultérieures. La destruction du gaillet sera donc complétée avec Starane 200 0,4 à 0,5 l/ha au printemps par temps poussant souvent en mélange avec le Cycocel ou le premier fongicide, ou avec Primus à 0.07 l/ha en fin d’hiver. A noter que ce dernier apporte également une très bonne efficacité sur matricaire, stellaire, seneçon.
Sur folle avoine
La forte nuisibilité de la folle avoine et sa levée printanière obligent à réaliser une intervention spécifique. Les antigraminées foliaires procurent de bonnes efficacités. Ainsi Puma LS 0,4 à 0,6 l/ha + 1 L huile minérale ou Celio 0,2 à 0,3 L/ha + 1 L huile minérale permettent une bonne destruction de folles avoines aux stades 1 feuille à mi-tallage. Hussar OF, Atlantis, Archipel ont également de bonnes efficacités, en revanche, s’ils sont positionnés courant tallage du blé, ils peuvent nécessiter des interventions complémentaires, compte tenu de l’échelonnement des levées de folle avoine.
L’utilisation de l’Assert 300 est désormais interdite sur blé. Il est encore possible de l’utiliser uniquement sur orge d’hiver et de printemps jusqu’en juin 2007. Son utilisation est également interdite si un produit à base de iodosulfuron ou de mesosulfuron a déja été réalisé (cf § réglementation ci-dessus). L’Assert 300 ( 1,5 à 2 l/ha) est efficace pour une application réalisée sur orge d’hiver entre 3 feuilles et fin tallage. Le produit présente une efficacité sur les folles avoines, avant leur levée et jusqu’au stade 3 feuilles. Cependant l’Assert 300 doit être utilisé en fin d’hiver quand les risques de grands froids sont écartés.
En s’appuyant sur des nombreuses expérimentations réalisées dans l’Ouest, on a pu constater que les folles avoines ne provoquent pas de chutes de rendement quand elles sont détruites avant le stade « épi 1 cm » du blé. Par ailleurs, on a constaté que l’apport d’Isoproturon en hiver permet de décaler la période de début de concurrence de la folle avoine jusqu’au stade 2 nœuds du blé. A ce stade, il est toutefois difficile d’atteindre les folles avoines avec des produits foliaires et il est donc préférable de traiter au plus tard au stade 1 nœud du blé.
Sur ray grass
Le ray-grass lève prioritairement en automne et sa destruction n’est réellement aisée que si l’on intervient avant le début de son tallage. En situation très infestée, il faut absolument détruire tous les repiquages avant semis en utilisant un herbicide non sélectif à l’interculture. Des solutions herbicides sont également utilisables, par exemple Celio 0,4 l/ha +1 l huile minérale, Atlantis/Absolu à 0.5l + 1l huile, Archipel/Aloes à 0.25l + 1l huile.
Contre les ray-grass qui ont atteint le stade tallage, le désherbage devient beaucoup plus difficile voire aléatoire : de fortes doses d’antigraminées foliaires peuvent s’envisager, avec cette fois-ci des coûts élevés : Celio 0,6 l/ha + 1 l huile minérale, ou Illoxan CE à 2,5l. Hussar OF permet de contrôler les ray grass développés à la dose 1,25l +1l d’huile.
Sur chardons
Le chardon est une adventice vivace dont la destruction doit s’envisager dans le cadre de la rotation. Il faut adopter une stratégie d’usure qui consiste à intervenir sur toutes les cultures, à différentes époques quand c’est possible, et également pendant les intercultures. Pour limiter les coûts, il est possible de n’intervenir que sur les foyers infestés.
Sur céréales, un premier traitement est possible avant le stade 2 nœuds sur forte infestation avec une spécialité à base d’hormones (2,4 D ; MCPA formulation sel à 800 g de matière active/ha associé ou non au clopyralid) ou avec Allie 25 à 30 g/ha. Au delà du stade 2 nœuds, les hormones ne sont plus utilisables, les produits à base de metsulfuron (Allie 25 à 30 g/ha) sont utilisables du stade 2 nœuds au stade sortie de la dernière feuille, ainsi que Chardex / Effigo (1,5 l/ha) sur blé et orge d’hiver à l’exception de la production de semences.
Si nécessaire, une application en post épiaison, au stade chute des étamines peut être réalisée avec Chardex / Effigo (1,5 l/ha). sur blé d’hiver uniquement, à l’exception de la production de semences.
Pendant l’interculture, la lutte chimique permet de compléter la destruction du chardon. Parmi les produits autorisés, les glyphosates sont également utilisables (ROUND UP 3 l/ha + adjuvant) en respectant un délai minimum de 8 jours pour obtenir une bonne efficacité.
Sur rumex
L’Allie à 30 g/ha constitue la meilleure solution. D’autres solutions à base d’hormone Bofix (3 ;4 l/ha), Starane (1l/ha), peuvent également être appliqués en fonction de la culture suivante.
Georges Ingoat
Eric Masson
Arvalis
Prévenir les résistances aux anti-graminées
Certaines régions sont confrontées à des problèmes de résistance de graminées aux herbicides.
La Bretagne n’est pas concernée par ces problèmes. Elle le restera, si elle continue de respecter un minimum de règles de base en matière de lutte contre les adventices. Ces principales règles de base (classées par ordre d’importance) sont rappelées ci-dessous :
- raisonner globalement le désherbage au sein de l’exploitation agricole et considérer la lutte chimique comme un levier parmi d’autres,
- utiliser la succession culturale pour « casser » le cycle des adventices et éviter une spécialisation de la flore, (par ex :alterner des cultures d’hiver et des cultures de printemps sur une même parcelle),
Dans les rotations à base de culture d’hiver alterner les céréales et les cultures de dicotylédones (colza, protéagineux d’hiver. Ces cultures permettent d’introduire des antigraminées racinaires qui appartiennent à des groupes peu mis en oeuvre dans les céréales (Ex propyzamide (Kerb) groupe K1)
- profiter du travail du sol et de l’interculture pour détruire le maximum d’adventices, l’emploi eventuel d’un herbicide total à l’interculture participe à la prévention /gestion de la résistance ; ces herbicides appartiennent à des groupes de mode d’action absent des cultures.
- prendre en compte les caractéristiques des cultures dans la mesure du possible (ex : certaines cultures ou même certaines variétés sont plus compétitives que d’autres vis à vis des adventices ou se prêtent plus facilement au binage…)
- envisager le désherbage chimique en complément des leviers précédents et en respectant les règles élémentaires évoquées ci-contre dans un autre encart ( viser un stade jeune, alterner les modes d’action…).
Privilégier les programmes de traitement (pré puis post ou mieux post précoce puis post sortie hiver) qui permettent d’alterner les groupes de mode d’action dans la culture (ex à l’automne une urée (groupe C2) puis si nécessaire au printemps retour avec Célio (groupe A) ou Archipel (Groupe B).
Alain Morel - Arvalis
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