Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
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Efficacité du désherbage : Rester vigilant sur les pratiques
 
Une seule année de relâchement, avec un salissement important de la parcelle et ce seront des problèmes de désherbage à gérer les années suivantes du fait de la reconstitution d’un stock semencier, avec des coûts bien supérieurs. Le désherbage doit être considéré comme un patrimoine « propreté » de la parcelle. Il est préférable d’investir quelques euros en plus par campagne que de faire cette économie sur quelques années et devoir gérer des adventices avec des programmes à 75 euros/ha.
Des règles élémentaires
- Semer sur un sol propre, par destruction mécanique ou chimique, cette précaution simple à mettre en œuvre évite tout repiquage et développement précoce d’adventices.

- Viser un stade jeune des adventices, alors qu’elles sont plus sensibles aux herbicides. Des économies sont donc envisageables en alliant diminution d'intrants dans la culture et diminution d'impact sur l'environnement.

- Alterner les modes d’action. Cette précaution doit être prise sur la culture et dans la rotation pour éviter tout risque d’apparition de graminées résistantes. Les graminées restent la principale préoccupation. Le vulpin est l’adventice la plus souvent mentionnée (73% des réponses), le ray grass, les coquelicots et la folle avoine viennent ensuite. En Bretagne, le risque est faible et aucun cas de résistance avérée ne s’est encore déclaré.

- Tenir compte des conditions climatiques. Ce paramètre intervient aussi bien sur l’efficacité que la sélectivité des produits. Les conditions froides de l’hiver 2006 ont bien montré les limites des produits. Au-delà du spectre d’efficacité intrinsèque d’un produit, il est nécessaire de prendre en compte un certain nombre de critères. Pour les racinaires par exemple, il est nécessaire de tenir compte du type de sol, de l’humidité du sol, du stade des adventices… Le nouvel arrêté du 21 septembre 2006 interdit de traiter une parcelle si le vent est supérieur à 3 sur l’échelle de Beaufort (19 km/h maxi).
Tenir compte de l’interculture
Une stratégie de désherbage cohérente repose sur les herbicides en culture et surtout sur les moyens mis en œuvre à l’interculture. Le désherbage en culture doit être considéré uniquement comme un moyen complémentaire de lutte. L’interculture est ainsi le moment idéal de lutte contre les vivaces (à l’aide d’un désherbage chimique par exemple) et les annuelles (avec des travaux superficiels). La combinaison des 2 techniques est intéressante, sachant que les objectifs des travaux à l’interculture seront multiples (gestion des adventices, gestion des résidus de la récolte précédente, préparation du sol pour la culture suivante, etc…). En ce qui concerne le strict point de vue désherbage, les travaux à l’interculture ont pour but de :
- diminuer le stock semencier d’adventices (par la technique du faux semis puis destruction),
- éviter la montée à graine d’adventices (risquant de reconstituer le stock semencier),
- préparer le sol en vue de semer sur une parcelle propre et exempte de toute repousse,
- gérer les problèmes de vivaces.
En général, le déchaumage mis en œuvre à l’interculture est particulièrement favorable pour épuiser le stock semencier et empêcher la production de graine.
Observer les adventices
L'observation de la parcelle et les bonnes pratiques d'application sont les clés de la réussite. Beaucoup d’échecs sont dus à des applications sur adventices trop développées. Le risque de phytotoxicité du à une application précoce (stade 1-2 feuilles de la céréale par exemple) est négligeable dans la mesure où la céréale a une bonne capacité de récupération à ce stade et si l’on respecte quelques règles de base. Il est déconseillé de traiter si des gelées ou de fortes amplitudes thermiques sont annoncées, ou sur céréale en mauvais état végétatif.
Les désherbages précoces sont à réserver en priorité aux urées. Les anti-graminées de type « fop » (Celio,…) ou « sulfos » (Atlantis…) sont à appliquer plus tardivement du fait de leur action uniquement sur adventices présentes lors du traitement.
Gérard Citron
Michel Moquet
Arvalis


Respecter la réglementation

Utilisation des sulfonylurées :
La réglementation impose désormais la restriction à 1 application par campagne d'herbi-cide les substances suivantes : mesosulfuron, iodosulfuron, imazaméthabenz, propoxy-carbazone, sulfosulfuron, flupyrsulfuron. Concrètement, le comité interdit les utilisations successives, au cours de la même campagne, sur la même parcelle de sulfonylurées anti-graminées (Atlantis WG, Archipel, Lexus XPE, Hussar OF, Assert 300, Attribut, Moni-tor…).

Mélanges autorisés
L’arrêté est basé sur le classement toxicologique des produits. Sont ainsi interdits, tous les mélanges :
1) contenant au moins un produit classé T+ (très toxique) ou T (toxique)
2) comprenant les doublons de phrases de risque suivantes :
- R 40 (effet cancérogène suspecté : preuves insuffisantes),
- R 48 (risque d’effets graves pour la santé en cas d’exposition prolongée),
- R 62 (risque possible d’altération de la fertilité),
- R 63 (risque possible pendant la grossesse d’effets néfastes pour l’enfant),
- R 64 (risque possible pour les bébés nourris au lait maternel),
- R 68 (possibilité d’effets irréversibles).
3) cumulant les phrases de risques suivants :
- R 40 + R 68
- R 62 + R 63
- R 62 + R 64
- R 63 + R 64
4) contenant au moins un produit dont l'utilisation nécessite de respecter une zone non traitée (ZNT) supérieure ou égale à 100 m
5) contenant à la fois un produit de la famille des pyréthrinoïdes et un produit de la famille des triazoles ou imidazoles pour une application pendant la période de floraison ou de production d'exsudats de la culture.

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Date de l'article : semaine du N° du 8 au 14 Décembre 2006
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