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Parmi les herbicides, on distingue 3 modes d’action différents. Les produits à action racinaire, foliaire de contact ou foliaire pénétrants.
Racinaires : Tenir compte du sol
Dans l’utilisation des produits racinaires, on tiendra compte des caractéristiques du sol. Dissous dans l’eau du sol, ces herbicides sont absorbés par les racines des adventices. Les facteurs à prendre en compte sont principalement liés aux caractéristiques du sol et à son humidité. En effet, le complexe argilo-humique est capable de piéger les molécules de matière active, les rendant non absorbables par les plantes.
Ainsi, les sols riches en matière organique (MO > 3 %) réduisent l’efficacité des urées substituées (isoproturon…). Mieux vaut alors privilégier l’utilisation d’herbicides à action foliaire. Entre 2 à 3 % de matière organique, on augmentera les doses, sans dépasser la dose homologuée. Parallèlement, un sol sec va limiter l’absorption par les racines de l’eau et des matières actives qui y sont dissoutes.
La température a peu d’impact sur l’efficacité des produits racinaires ; il est notamment possible de traiter sur sol gelé. Par contre, des amplitudes thermiques enregistrées entre le jour et la nuit supérieures à 15°C risquent d’entraîner des problèmes de sélectivité. Enfin, ils sont d’autant plus efficaces qu’ils sont employés sur plantules jeunes. À des stades plus développés, mieux vaut privilégier les produits foliaires.
Foliaires de contact : bien couvrir la cible
Pour les produits foliaires, il faut atteindre et bien couvrir la cible. Les produits à base de ioxynil, bromoxynil (comme, First ou Mextra), de carfentrazone (Aurora) ou encore de bifenox (Forxpro D+), ne pénètrent pas dans les végétaux (ou très peu), mais agissent par contact des gouttes sur le feuillage. L’important est donc de rechercher une bonne répartition du produit sur la cible, en veillant à la qualité de pulvérisation et notamment en ne réduisant pas trop le volume de bouillie.
L’utilisation de buses à injection d’air qui favorisent la formation de grosses gouttes, réduit le nombre d’impacts sur la végétation par rapport à une buse à fente classique. Pour que la couverture soit suffisante et garantir l’efficacité du traitement, il est recommandé de ne pas descendre en dessous de 80 L /ha avec ce type de buses, contre 50 L /ha minimum avec des buses à fente classique. D’autre part, une petite rosée non ruisselante favorisant la redistribution du produit sur le végétal augmente l’efficacité.
Sur céréales, il est possible de traiter quelle que soit la température (même par temps froid), à condition que les amplitudes thermiques journalières restent modérées (< 15°C). La dose de produit utilisée doit être adaptée en fonction du stade des adventices. Attention à ne pas traiter trop tard, sur des mauvaises herbes très développées et lorsque la végétation de la culture trop dense empêche les gouttes de bouillie d’atteindre leur cible à cause de son effet parapluie. Eviter tout mélange de produit à base de carfentrazone et de bifenox avec de l’huile sous peine de manque de sélectivité.
Systémiques pénétrants : humidité et temps poussant
Pour les produits foliaires pénétrants systémiques, il faut de l'humidité et du temps poussant. Les antigraminées de la famille des fops (Célio, Puma LS, Vip…), et les hormones appartiennent à la catégorie des herbicides foliaires pénétrants. Leur efficacité est conditionnée par des conditions poussantes (sol humide, températures douces dans les 8-10 jours encadrant le traitement, atteignant au moins 9-10°C dans la journée et < 20°C) qui favorisent la circulation de la sève véhiculant le produit dans la plante. Au préalable, le produit doit pénétrer dans la plante. Une hygrométrie supérieure à 60 % favorisant la dilatation de la cuticule est alors nécessaire.
Si les feuilles de la plupart des dicotylédones montrent une bonne affinité avec les gouttes de bouillie, ce n’est pas le cas des graminées dont la cuticule laisse difficilement passer les produits. L’adjonction d’huile aux antigraminées foliaires apparaît nécessaire pour améliorer le franchissement de cette barrière naturelle affichant une affinité naturelle pour les corps gras. Par contre, elle ne présente aucun intérêt avec les herbicides antidicotylédones pour améliorer leur efficacité, mais peut au contraire augmenter les risques de phytotoxicité.
Attention aux antagonismes : les mélanges d’hormones sous forme de sels ou de bifenox avec des antigraminés foliaires créent des antagonismes qui diminuent l’efficacité de chaque produit sur certaines mauvaises herbes. D’autre part, l’ajout d’huile pour améliorer la performance de l’antigraminée provoquerait des phytotoxicités avec certains anti-dicotes (bifénox, carfentrazone …). Dans tous les cas, il convient de s’assurer que le mélange est bien autorisé (et aussi de s’assurer qu’il est agronomiquement intéressant).
Alain Morel
Gérard Citron
Arvalis
Humidité de l’air et du sol pour les sulfonylurées
Les sulfonylurées sont des herbicides qui pénètrent principalement par le feuillage mais également par les racines, pour certaines d’entre elles. Assez peu exigeantes en température, elles nécessitent une hygrométrie supérieure à 60% pour favoriser la pénétration foliaire et un sol humide pour garantir l’absorption racinaire et la bonne circulation du produit dans la plante.
Pour les sulfonylurées à action anti-graminées (méso et iodosulfuron), éviter d’intervenir si une période de froid est annoncée (mini à -5°C et températures moyennes journalières basses pendant plusieurs jours) et attention aux amplitudes thermiques élevées à l’origine de phytotoxycités .Pour ces produits, les doses sont à ajuster à la flore adventice présente. (Cf Tableau 2)
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