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Construit en 1981, l'engraissement de type Camborough montrait ses limites. Les opérations de raclage et de paillage, pratiquées à raison de deux fois par semaine, étaient considérées comme pénibles par Louis Menguy, naisseur-engraisseur à Ploudalmézeau. Sans compter que les résultats étaient, de l'avis de l'éleveur, "moyens". Et cet adhérent à Porfimad d'ajouter : "Je rencontrais également quelques problèmes sanitaires, notamment d'ordre pulmonaire. Sans parler des variations de température : en été les porcs avaient trop chaud et, en hiver, les températures chutaient brutalement".
210 places transformées en 500 places
Le projet de rénover cet engraissement de 210 places sur paille en 500 places sur caillebotis a été réfléchi dans le cadre de la mise aux normes de l'élevage et du souhait de rapatrier tout l'engraissement vers le cœur de l'élevage. "Sur le plan du travail, c'est plus facile", acquiesce l'éleveur qui gère seul son élevage de 110 truies et la suite.
De structure traditionnelle, le bâtiment de type hangar (35 m de long sur 12 m de large) présentait une bonne carcasse après 25 ans de service. "La charpente en chêne et châtaignier n'a pas bougé", fait observer Pierre Flageul, technicien bâtiment du groupement, en montrant la rectitude des fibros sur les deux pans du toit. "Cela fait partie des différents points à diagnostiquer avant de décider si une rénovation est possible" (lire encadré).
Diagnostic préalable réalisé, P. Flageul a élaboré la nouvelle répartition des surfaces. "Des cases profondes disposées de part et d'autre d'un couloir central de 82 cm sur toute la longueur du bâtiment a permis de tirer au mieux partie de la surface bâtie". En pratique cela donne des cases de 2,07 m de large sur une profondeur de 6,10 m côté ouest et de 4,70 m côté est, soit respectivement 18 et 14 porcs par case. Cette conception, qui permet de rester aux alentours de 1 m2 de surface totale par porc, autorise également de bonnes longueurs d'auge. "Le système soupe existait déjà. Il a simplement fallu l'adapter", explique l'éleveur.
Objectif : IC de 2,8
En service depuis 6 mois, ce bâtiment devrait permettre d'atteindre les objectifs fixés au départ. "Question travail, il n'y a pas de comparaison", dit l'éleveur. "Je trouve également que l'ambiance est bonne. Les problèmes pulmonaires ne sont plus présents comme avant, même s'il y a aussi l'effet vaccination mycoplasme". Et Pierre Flageul de compléter : "Ce constat est également à mettre au crédit de l'isolation et la ventilation du bâtiment".
"Dans ce bâtiment, nous avons réussi à garder suffisamment de hauteur sous les rampants (2 m). Ce qui a, entre autres, permis de rester dans la norme de 2,2 m3 d'air/porc", indique le technicien. Et de poursuivre : "Le plafond "bac alu" perforé – les micro-trous représentent 10 % de la surface –, recouvert de 65 mm de laine de roche, assure également une bonne diffusion de l'air froid dans la salle. Il n'y a pas de coulée d'air froid susceptible de créer des zones d'inconfort. Ce concept évite les écarts de température. Par ailleurs, j'estime que l'on gagne 5-6 ° en hiver et, en été, la salle est moins perméable aux coups de chaleur".
Surface, volumes, ventilation : les ingrédients de base ont été respectés dans cette rénovation. Une rigueur qui vise à offrir un confort optimal aux animaux pour qu'ils expriment au mieux leur potentiel. "L'objectif est de sortir un indice de 2,8", chiffre l'éleveur. "Déjà avec la première bande, la durée d'engraissement a diminué. Aujourd'hui, je trouve mes cochons plus ronds. À l'issue de la deuxième bande, je verrai plus précisément si l'objectif est atteint". Réponse dans quelques semaines…
Didier Le Du
Tirer parti de l’existant
À l'origine, ce bâtiment longitudinal était partiellement bardé de briques sur trois faces. La pose de deux rangs supplémentaires a suffi pour obtenir une hauteur suffisante dans les cases. L'autre face était totalement ouverte (filet brise-vent). La construction d'un mur banché à mi-hauteur a été nécessaire. Le dallage a pu être conservé malgré le double niveau (15-20 cm) dû aux niches à cochons. La canalisation centrale d'évacuation du purin a été utilisée pour encastrer la tuyauterie de vidange des préfosses.
L'isolation des parois a été réalisée avec du Styrodur (50 mm) recouvert de tôles plastifiées. L'isolation des rampants a été conservée en l'état (Styrodur).
Des fenêtres PVC montées sur vérin pneumatique assurent en partie l'éclairage exigé par la norme bien-être (40 lux/porc pendant 8 h).
Au total, l'investissement s'est élevé à 81 000 euros, soit 165 euros par place. À noter encore que cette rénovation doit bénéficier des derniers crédits du plan Rénobat (14 000 euros dans ce cas).
L'AVIS DE... Pierre Flageul, technicien bâtiment
"Commencer par une expertise"
« Quand on ne garde que la coque du bâtiment, le prix moyen d'une rénovation monte en moyenne à 200 euros/place. Un prix intéressant au regard du neuf qui grimpe facilement à 350 euros et même plus aujourd'hui.
Mais, mener une bonne rénovation suppose commencer par une expertise du bâtiment existant. Sans oublier de vérifier sa cohérence dans la chaîne bâtiments. Les circuits des animaux et des personnes en dépendent.
L'étape suivante consiste à diagnostiquer la structure et l'état du bâtiment : le type de construction, la robustesse du soubassement, l'état de la charpente et de la couverture, etc.
Enfin, l'étude de faisabilité passe évidemment par la vérification des volumes, des surfaces. L'objectif étant de respecter les fondamentaux pour assurer un confort de l'animal et donc permettre une croissance optimale en lien avec une situation sanitaire préservée. Sans oublier, l'isolation et la ventilation qui permettront de s'affranchir des saisons. En respectant tous ces paramètres on parvient à offrir au cochon ce que j'appelle un "index de confort". Un index que l'on pourrait comparer aux étoiles de nos hôtels…
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