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Gagner du temps, mais surtout du confort de travail étaient les deux objectifs principaux de Patrick Richard, éleveur de porcs à La Mézière (35), quand il a installé en 2004, une chaîne d'alimentation automatisée pour ses 20 cases de post-sevrage. "Auparavant, j'amenais l'aliment à la main dans des sacs. Une opération quotidienne de 20 minutes. Le jour où je me suis déplacé une vertèbre, l'investissement dans cette chaîne est devenu prioritaire", explique l'éleveur qui a conservé la distribution manuelle 1er âge en post-sevrage . Les porcelets entrent en post-sevrage à 28 jours (7,5 – 8 kg) pour en sortir à 66 jours (25 kg). Ils sont pesés à l'entrée, à 8 jours et à 15 jours.
Installée sur des locaux datant de 1997, la chaîne (marque Roxell, distribué par Sodimel) a représenté un coût de 3300 euros HT comprenant une vis du silo au multiflex, un circuit multiflex avec spirale et 20 descentes plastique vers les nourrisseurs en béton (qui ont été gardés). Les porcelets en 2e âge étant nourris à volonté, un palpeur mécanique permet de gérer le remplissage des nourrisseurs. L'éleveur a réalisé le montage lui-même sur deux jours. Par souci d'être aux normes, il a fait faire l'électricité.
L'implication de Patrick Richard dans les constructions de son élevage ne s'arrête pas là. En 1997, il a réalisé la charpente et l'aménagement intérieur des post-sevrages (pose des caillebotis béton, montage des cases…). En gestantes, il a monté les cases et les réfectoires, posé les caillebotis, les doseurs, les ventilateurs. Il n'a par contre pas réalisé les préfosses présentes sur tous les bâtiments.
Des doseurs en gestantes
Dans l'élevage, les animaux sont tous nourris en sec. Les gestantes disposent d'une chaîne d'alimentation avec doseurs, permettant à Patrick Richard d'adapter l'aliment à la truie. "Elles reçoivent 2,8 à 3 kg d'aliment par jour en deux repas". Le circuit d'eau dans ce bâtiment s'enclenche et se coupe manuellement. Les gestantes, qui étaient auparavant en Dac et sur paille, sont passées sur caillebotis et truies bloquées en 1997.
En maternité, les granulés sont distribués manuellement avec une brouette. Les truies reçoivent un aliment gestantes jusqu'à 4-5 jours après la mise bas, stade où elles changent pour un aliment allaitantes. L'alimentation en eau se fait au tuyau. "J'ai plutôt fait le choix d'automatiser en gestantes car il y plus d'animaux. Je préfère par ailleurs passer plus de temps en maternité pour surveiller".
Le gain de temps est aussi de mise pour la phase d'engraissement qui fonctionne avec un système Turbomat (marque Roxell) avec une vis centrale et des assiettes. "Actuellement, je teste l'influence de 3 ou 4 repas sur les porcs (en conservant un temps total de repas par jour de 400 minutes)", remarque l'éleveur. L'eau est distribuée à volonté via des pipettes.
Une maternité collective
L'éleveur réfléchit depuis deux ans à la mise en place d'une maternité collective. Un projet qui devrait être concrétisé avant la fin d'année. "Embaucher un salarié ne serait pas rentable sur l'exploitation. Je préfère décentraliser toute la partie maternité sur un site extérieur (pas forcément dans le département) en me regroupant avec d'autres éleveurs. Quatre salariés peuvent par exemple s'occuper de 800 truies. Une SCEA serait créée", note Patrick Richard qui souligne aussi qu'il n'aura pas à transformer ses locaux de gestantes pour la mise aux normes bien-être.
"Je garderai le post-sevrage et l'engraissement où il est plus facile de se faire remplacer", ajoute l'agriculteur qui gère seul les 70 ha de sa SAU. Il possède tout le matériel pour la mise en place et la récolte des cultures (tracteurs, enfouisseur de lisier + tonne, moissonneuse) et utilise juste des remorques en Cuma. Grâce à cette nouvelle organisation, Patrick Richard souhaite se libérer du temps libre.
Agnès Cussonneau
L'élevage de Patrick Richard en bref
- EARL avec un UTH
- SAU de 70 ha dont 32 ha de blé, 30 ha de maïs, 6 ha de colza. Toutes ces cultures sont vendues.
- 150 truies naisseur engraisseur.
- 1 bâtiment gestantes de 130 places, 2 salles de 16 places en maternité, 2 X 200 places en post-sevrage, 3 salles de 120 places et 3 salles de 150 places en engraissement, 1 local d'embarquement et 200 places en prestation.
- Conduite 3 semaines en 7 bandes
- 22 – 23 charcutiers par truie - 89 kg de viande de carcasse froide par charcutier.
- Prix d'équilibre de 1,02 euro/kg.
- L'éleveur s'est installé en 1992 après 6 ans de salariat dans une salaison. Avant de s'installer, il a pris un Cif (Congé individuel de formation) pour passer un CCTAR (Certificat de capacité technique agricole et rurale) pendant 1 an et demi. Il avait en formation initiale acquis un CAP-BEP en agriculture.
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