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L'isolation et la ventilation constituent la base incontournable pour éviter les variations thermiques d'un bâtiment, faciliter la gestion de l'ambiance et obtenir des résultats techniques satisfaisants. Selon une étude CER-Chambre d'Agriculture 29, auprès de 350 naisseurs-engraisseurs spécialisés, le coût de l'énergie représente en moyenne 2,2 % du coût de revient d'un porc. Hors fabrique d'aliment et station de traitement, il représente entre 1,76 et 2,5 euros par porc.
Dans un contexte de hausse du coût de l'énergie, il est important de maîtriser le couple chauffage-ventilation. "L'état de l'isolation et celui des équipements jouent un rôle important. L'isolation est souvent d'une faible épaisseur, dans les bâtiments anciens, avec parfois des fuites au niveau des joints", souligne Gérard Teillant, technicien bâtiment de "l'Armorique".
Avant de s'engager dans la rénovation, il est souhaitable de cerner les incidences que peuvent avoir la rénovation ou la construction neuve, sur la cohérence future de l'élevage, sur les investissements nécessaires et les charges qui en découlent, sur le fonctionnement de l'atelier en cours de chantier… Il faut prendre le temps de comparer le coût de la rénovation et celui de la reconstruction à neuf. Une étape nécessaire pour éviter toute désillusion.
Une isolation aux normes
Les isolants sont classés selon les normes européennes en Euroclasses, vis à vis du risque incendie. Les premières classes, A et B, correspondent aux isolants non combustibles ou peu combustibles. "Pour les rampants, il est conseillé de choisir au minimum, des isolants classés C ou D. Pour les locaux techniques, où sont regroupés les boîtiers électriques, les régulations, des isolants A ou B sont indispensables", explique G. Teillant. En choisissant ce type d'isolant, l'éleveur ne subit pas de surcoût, en assurance.
En post sevrage et maternité, un isolant de 50 mm de polyuréthane de classe D offrira le même pouvoir isolant qu'un styrodur de 60 mm. En engraissement, on utilisera 40 mm de polyuréthane ou 50 mm de styrodur. "L'isolation doit être considérée comme un investissement à ne pas minimiser, notamment la qualité et l'épaisseur de l'isolant, ainsi que l'étanchéité des joints. En prévoyant une bonne isolation, on peut évoluer, par la suite vers plus de polyvalence dans les bâtiments", déclare Pascal Hamon, technicien bâtiment de "l'Armorique". On veillera également à protéger l'isolant contre les rongeurs, par un contrat de dératisation.
Quelles sont les énergies les plus appropriées ? Le passage au gaz peut offrir une alternative au chauffage électrique. Le générateur d'air chaud pulsé est positionné dans le couloir. Ce type de chauffage ne dessèche pas l'ambiance et offre une hygrométrie normale. La récupération de la chaleur par recyclage est également un atout mais avant de l'installer, on analysera précisément les débits minimums et la coordination entre le chauffage et la ventilation.
Une ventilation bien adaptée
La méthode d'élevage "Wean to finish" permet d'économiser de la main d'œuvre, de réduire le stress animal et de préserver le sanitaire. On rentre les porcelets fraîchement sevrés dans une case d'engraissement pour ne les sortir qu'au moment du départ à l'abattoir. Les cases sont conçues avec une séparation mobile pour contenir les porcelets jusqu'à 25 kg sur une moitié de la case équipée de caillebotis adaptés au petit gabarit, l'autre moitié de la case étant aménagée avec caillebotis charcutiers. Les porcelets rentrent dans une salle chaude et sèche. "Dans cette conduite d'élevage, la capacité minimum de ventilation se situe entre 3 et 20 m3 en sortie d'engraissement pour aller jusqu'à un maximum de 60 à 70 m3", précise G. Teillant.
Au niveau des entrées d'air, le plafond perforé est encore très utilisé, souvent avec des cloisons dans les combles. Le plafond bac alu avec laine de verre et comble unique prend peu à peu sa place. Il permet de prévoir une ventilation centralisée et d'être prêt, par la suite, à traiter l'air et à récupérer la chaleur. Le bac alu correspond bien au cahier des charges assurances. Le plafond alu avec laine de verre de 60 mm et comble unique coûterait environ 7 % de plus que le plafond perforé classique avec cloisons.
Un bâtiment moins cher
Compte tenu de l'augmentation du coût des places, diverses pistes ont été étudiées pour maîtriser les investissements. "La réduction du nombre de bandes de truies et l'agrandissement de leur taille, permettent, par exemple, d'avoir des salles plus grandes et de minimiser les coûts d'isolation et de ventilation. Le choix d'une ventilation statique régulée permet aussi d'avoir un bâtiment plus économique, tout en offrant de la polyvalence et de bons résultats techniques".
Avant de s'engager dans un projet, il est souhaitable d'examiner plusieurs questions : Y a-t-il intérêt à s’associer avec d’autres, à adhérer à une maternité collective dans le cas d’atelier de taille modeste ? Doit-on rénover ou refaire du neuf ? Quelle taille d'atelier à échéance de 10 ans ? Les réponses détermineront les choix d'investissements en isolation et ventilation ainsi que l'avenir et la cohérence de l'élevage.
Patrick Bégos
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