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Gaec de la Hautière à Pleslin-Trigavou (22) : Un élevage et une exploitation en cohérence
 
Fallait-il investir près de 600 000 euros en 2005 dans la refonte de l'élevage ? Les associés du Gaec de la Hautière à Pleslin-Trigavou (à proximité de Dinan), Jean-Sébastien et Marie-Thérèse Denos, ne le regrettent pas. Quelques chiffres confirment la progression des résultats techniques. L'indice global de consommation qui restait stable avant investissement autour de 2,98 est passé à 2,89 sur le dernier exercice clos en juin dernier. Le poids de porc par truie (2526 kg) a augmenté de 130 kg par rapport aux performances d'avant travaux. Le nombre de sevrés par truie est passé de 22,72 à 24,37, toujours sur la même période. Le coût alimentaire sevrage-vente par kg de croît a augmenté du fait de la conjoncture, mais aujourd'hui il est de 88 % du coût moyen départemental alors qu'il était de 96 % auparavant. Recul aussi des frais vétérinaires de 171 à 133 euros par truie. Si toute cette évolution n'est pas uniquement due aux seuls bâtiments, ils y ont contribué.
Un nombre de places adapté
Retour en arrière sur l'histoire d'un projet lié à l'installation de Jean-Sébastien Denos. Il commence en 2002 avec l'étude du rapatriement de l'engraissement. Il faudra attendre début 2005 pour obtenir l'autorisation d'exploiter. Elle permet une petite augmentation de l'effectif truies de 190 à 213. Jusqu'alors, l'engraissement comportait un bâtiment de 576 places de 1992 aux performances correctes. À celui-ci s'ajoutaient 250 places avec alimentation au sol et gisoir, exigeantes en travail (alimentation manuelle en granulés et nettoyage) et avec, au final, des porcs légers, une croissance et un indice insuffisants. Elles ont été démolies. En plus, le manque de places nécessitait qu'une bande de porcelets sur trois parte au sevrage chez un éleveur à façon à 70 km. D'où un coût.
Aux 576 places d'engraissement existantes ont été adjointes 1008 places supplémentaires et 576 places de post-sevrage. Le tout en un seul bloc, avec machine à soupe, un stockage extérieur du lisier, une extraction centralisée de l'air. Un lavage de l'air sera installé assez rapidement pour faire baisser le niveau des odeurs. Aujourd'hui pour un objectif de 300 porcelets toutes les trois semaines, l'élevage dispose d'une nursery, de deux salles de post-sevrage de 300 places chacune, de 10 salles d'engraissement de 144 places et de 2 salles de 72 places. La cohérence des bâtiments est retrouvée. Précisons également qu'une gestante neuve sur paille de 175 places avait été construite en 2000. Avec l'idée d'intégrer l'aspect bien-être des truies.
"L'effectif a grossi, mais pas le temps de travail. Et pourtant il sort 800 porcs de plus, précise Jean-Sébastien. Le travail est devenu plus facile et la surveillance meilleure". Les deux associés apprécient également de ne plus avoir à rémunérer le travail à façon (environ 20 000 euros annuels).
La surface conforte l'élevage
Le projet incluait aussi l'extension de la fabrication d'aliments à la ferme avec la construction d'un silo-tour. Les 125 ha dont la moitié en maïs, offrent un volume de matières premières pratiquement suffisant pour assurer l'alimentation sur l'année des truies et des charcutiers. Le maïs est conservé par inertage, broyé chaque jour avant d'être mélangé à un complémentaire dans la machine à soupe. Pas de main-d'œuvre supplémentaire, tout est automatisé. Il reste cependant la fabrication de l'alimentation des truies qui demande un peu de temps. Elle a permis de maîtriser ce volet du travail et d'aborder plus sereinement la totalité de la fabrication. Il est prévu de l'améliorer en ajoutant la fabrication de l'aliment post-sevrage. "Nous avons toujours eu la volonté de disposer d'une certaine surface. Ainsi nous connaissons le coût de production des céréales, seul le soja est source de variation du prix de revient de l'aliment", ajoutent les associés. Le gage d'une certaine stabilité du coût alimentaire.
Avoir de la surface a aussi d'autres avantages pour l'élevage situé en Zes (zone d'excédents structurels). Elle assure une bonne partie du plan d'épandage (avec le concours de prêteurs) et a évité la mise en place d'une station de traitement. Et puis, elle réduit très fortement la charge en engrais sur les cultures. Cohérence toujours.
"Il n'a pas été facile de convaincre le banquier de l'intérêt d'investir autant. Mais l'arrêt de remboursement sur l'engraissement de 1992 et de la rémunération du travail à façon, des taux d'intérêt assez bas ont rendu supportable le remboursement des nouveaux emprunts", analyse Jean-Luc Letout de Cogédis. L'avenir de l'élevage paraît assuré. Jean-Sébastien a un frère qui pourrait venir s'installer dans quelques années.

Paul Chauvin


Le Gaec de la Hautière en bref

3 UTH. Marie-Thérèse et Jean-Sébastien Denos sont associés depuis juin 2005.
125 ha avec 60 ha de maïs, 29 ha de blé, 20 ha d'orge, 3 ha d'avoine, 10 ha de colza (jachère énergétique), 3 ha de bandes enherbées. Le Gaec dispose d'une moissonneuse-batteuse personnelle.
213 truies naisseur-engraisseur avec la Cooperl. Particularités : gestantes en groupe sur paille, curage au télescopique. Ventilation de l'engraissement avec extraction centralisée. Fabrication à la ferme avec un silo-tour pour le stockage du maïs par inertage.

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Date de l'article : semaine du N° du 1 au 7 Décembre 2006
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Musée de l’école rurale de Trégarvan (29) / Au porte-plume et à l’encre violette





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