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Rénover est une priorité : La compétitivité de la filière bretonne est en jeu
 
Les outils de production porcine bretons sont vieillissants. Le cri d'alarme poussé par les responsables de la filière n'est pas récent. Lors des dernières assemblées générales du CRP et de l'Arip en juillet à Ploufragan, Georges Douguet chargé d'études au CER 22 illustrait cet état de fait par quelques chiffres. "412 euros d'investissements par truie et par an dans les années 1990/1995 et seulement 178 euros en 2005". Soulignant que les investissements récents avaient surtout concerné l'environnement et dans une moindre mesure le bien-être.
Cette situation inquiète d'autant plus les responsables qu'ils voient dans la performance des outils l'une des clés essentielles de la compétitivité de la filière bretonne et française. Alors que la finalisation d'un plan bâtiment tarde. "Des annonces sont faites."
Un projet global de rationalisation
Marcel Corman, le président de l'UGPVB et de l'Arip, revient sur le sujet avec insistance. "Economiquement et même socialement, c'est prioritaire pour la Bretagne. Un parc de bâtiments rénové et donc au top doit nous permettre une meilleure maîtrise des coûts de revient, un bon niveau sanitaire, des outils de travail répondant à l'ensemble des normes environnementales. Il donne par ailleurs de meilleures conditions de travail à tous ceux qui y travaillent et véhicule de ce fait une image positive des métiers. Ils deviennent de ce fait plus attrayants pour les jeunes, les salariés. Sans oublier la transmission qui ne sera possible que pour les outils performants".
Cette rénovation va s'imposer de fait avec l'entrée en vigueur dès 2013 des normes "Bien-être" . "90 % des places de truies gestantes doivent faire l'objet de modifications pour répondre à ces normes", note le président. Souhaitant que, pour les éleveurs, les conditions soient réunies afin que cette mise aux normes ne soit pas vécue comme une contrainte mais entre bien dans un projet global de rationalisation des outils.
Nécessaire coup de pouce
Le nouveau contexte résultant de la hausse de toutes les énergies ne peut d'ailleurs que donner du crédit à cette nécessaire rénovation. "Il est évident que la compétition sera encore rude dans les toutes prochaines années, poursuit Marcel Corman. Le parc bâtiment devra donc être adapté pour répondre à l'ensemble des défis". Considérant que la recherche doit aussi s'accélérer dans ce domaine pour apporter des solutions aux éleveurs. Et ceci à tous les niveaux : qualité et performance des bâtiments, économies d'énergies, valorisation des déjections … Il le compare à un parc automobile qui avec un carburant de plus en plus cher doit sans cesse offrir de meilleures performances pour demeurer compétitif.
Le challenge est de taille à la fois pour les éleveurs et les salariés de la production, mais aussi collectivement pour la filière et tous les acteurs économiques. "Car ou la production s'inscrit assez massivement dans une rénovation structurée, ou elle vit sur l'existant avec une accélération du vieillissement du parc au risque de devenir très rapidement inopérant pour rester compétitif, et de surcroît non transmissible", conclut le président qui attend aussi le coup de pouce des pouvoirs publics.

Pierre Dénès

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Date de l'article : semaine du N° du 1 au 7 Décembre 2006
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