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Coïncidence. Le jour même où la presse régionale et nationale faisait un bilan assez déplorable de l'aide apportée aux sinistrés du Sri Lanka, la FDSEA 29 présentait le bilan de "son action de cœur" initiée suite au tsunami.
Un bilan autrement positif puisque sur les 98 000 ? collectés, 98 000 ? ont été investis dans la construction de 20 maisons et d'un orphelinat pour 50 petites filles. "C'est l'efficacité paysanne", commente Gilles Tanguy, trésorier de la Fédération, en comparant ce résultat à celui des ONG.
Un producteur pris au cœur
"J'avais été pris au cœur", raconte Jean-Jacques Rozec, producteur de tomates à Mespaul dans le Nord-Finistère, instigateur de l'opération. "Il y a 13 ans, j'ai noué des relations commerciales devenues amicales avec un certain Dinesh Fernando à la tête d'une entreprise de production de fibre de noix de coco qui sert de substrat aux plants de nos tomates bretonnes", raconte-t-il, pour expliquer comment il en est venu à solliciter la FDSEA pour organiser une collecte.
Sitôt lancée, la collecte de dons remporte un succès total dans les campagnes finistériennes. Les syndicats cantonaux se montrent un relais efficace. Sous la houlette de Gilbert Drouder, les producteurs de légumes des Côtes d'Armor s'associent également à la démarche. Ainsi que l'association des anciens légumiers du Trégor qui sème 50 ares de cocos. Cette culture engendrera 2 000 ? de recettes.
Les 50 000 ? espérés se transforment très vite en 98 000 euros, grâce aux dons des paysans, mais aussi grâce aux manifestations organisées dans de nombreuses communes rurales du Finistère. Fest-noz, repas, vente de ferraille, don d'un cabinet vétérinaire, participation du centre pour handicapés de Ploudaniel, etc., se succèdent pour venir en aide aux sinistrés.
Le bon sens paysan
Puis vient le moment d'utiliser les fonds. D'abord en lien avec l'association "Les Amis de Ceylan", la FDSEA, qui doute de la bonne utilisation de l'argent, fait marche-arrière. Elle décidera finalement d'agir en direct avec Dinesh Fernando.
"L'administration Sri lankaise nous proposait des terrains pour construire des maisons de paysans-pêcheurs dans la brousse", se rappelle encore Thierry Merret, président de la FDSEA, en mettant en évidence l'absurdité du projet. "Un constructeur proposait des maisons à 6 000 ? ce qui correspond à un quinze pièces sans utilité. Et en plus, il nous demandait de verser immédiatement la moitié de l'argent", relate pour sa part J.J. Rozec.
Ces projets douteux vaudront un retour à la case départ : "En mars 2005, la petite délégation qui m'accompagnait rentre d'un déplacement sans avoir concrétisé quelque projet", poursuit le serriste, tenant à préciser que "ces déplacements ont été à leurs frais".
Puis de fil en aiguille, la FDSEA entre en relation avec une association pour laquelle travaillent bénévolement, pendant quelques semaines ou quelques mois, des artisans dont certains bretons. C'est ainsi que 20 maisons à 1 500 ? sortent de terre. En parallèle, un orphelinat de petites filles est construit grâce à l'autre partie des dons. En octobre dernier, il a été inauguré en grandes pompes avec moult remerciements des dignitaires religieux et politiques du pays. Lors du bilan présenté à la presse et destiné "à rendre des comptes aux donateurs", il régnait comme une ambiance de devoir accompli chez les responsables qui ont mené le projet jusqu'au bout. "Une belle histoire humaine", comme le résume pudiquement Jean-Jacques Rozec.
Didier Le Du
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