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Le marché de la fabrication d'aliments est en recul en Bretagne, la Coopérative du Garun n'échappe pas à la tendance. Sur le dernier exercice (2005-2006), la production est en régression de 2,6 %, soit 158 921 tonnes. Elle se maintenait entre 161 000 et 163 000 tonnes sur les 4 années précédentes après avoir atteint un plafond à plus de 170 000 tonnes. C'est surtout l'aliment porc, 80 % des tonnages, qui est en recul de 5 %. La stagnation de la production porcine, l'amélioration des indices, la conservation par les éleveurs de leurs céréales constituent les explications principales. En revanche, les prix de vente aux adhérents ont baissé (3,2 % pour le charcutier croissance par exemple). Toujours au niveau des chiffres, la collecte de céréales (56 490 tonnes) a reculé de près de 6 000 tonnes. C'est le maïs le principal responsable.
Dans ce contexte de recul d'activité, Pierre Ménard le président est revenu sur la convention signée avec le groupe Cooperl-Hunaudaye. "Il n'est pas question de fusion, car 80 % des adhérents du Garun ne sont pas adhérents de la Cooperl. Il s'agit d'un choix économique où tout le monde sera gagnant". Rappelons que l'accord prévoit d'optimiser les outils de fabrication, le Garun étant en surcapacité avec des possibilités en aliments hygiénisés et extrudés. Avec 1,7 million de tonnes, la convention permettra de peser plus lourd dans les achats de matières premières et donc de gagner sur les prix facturés aux éleveurs. Avantage pour les adhérents communs des deux structures, les plus-values Cooperl leur sont désormais accessibles.
Ces gains seront sans doute insuffisants pour faire face aux augmentations des prix d'aliments qui ont eu lieu et celles qui risquent de se produire. Pacifique Denoual, le directeur, a souligné la faiblesse des stocks mondiaux de blé et de maïs (les plus bas depuis une vingtaine d'années). Elle fait suite à des baisses de production et également à l'accélération de l'utilisation du maïs pour la fabrication d'éthanol aux Etats-Unis. La situation est plus satisfaisante au niveau du soja, l'offre est supérieure à la demande. "Je reste persuadé que l'utilisation de blé, de maïs à des fins énergétiques reste un non-sens économique, aux effets non maîtrisés sur nos productions animales", rajoute le président. La coopérative envisage, avec d'autres partenaires, de triturer des graines de colza, le tourteau obtenu constituant une matière première intéressante.
Paul Chauvin
L'agriculture sera productrice d'énergie
Chacun sait que les réserves de pétrole ne sont pas inépuisables et que les prix augmenteront. D'autre part, le domaine des transports routiers ne peut s'affranchir de cette énergie et le gouvernement affiche la volonté d'avoir 7 % de biocarburants dès 2010. Pas de doute pour Georges Vermeersch, directeur Innovations et Prospective à Sofiprotéol et invité de la Coopérative du Garun, les cultures énergétiques vont se développer. Et fournir des sous-produits qui intéressent les fabricants d'aliments : les drèches et les tourteaux.
Ainsi un hectare de colza avec un rendement de 3,7 t/ha fournit 2 tonnes de tourteau et 1,6 tonne d'huile. Sofiprotéol voit le développement du diester dans des unités de grande taille, proche des dépôts de carburants, à l'exemple du site de Montoir près de Saint-Nazaire qui aura une capacité de 250 000 tonnes. Quant à l'éthanol, il faudra aussi des unités compétitives pour faire face à l'appétit du Brésil qui envisage produire dans 15 ans la moitié de l'éthanol mondial.
"Nous aurons la capacité à absorber les co-produits des cultures énergétiques", affirme pour sa part Gilles Langeoire responsable porcs à Centralys. Trois aspects sont à prendre en compte : la disponibilité, le prix et la connaissance des produits concernés. D'ores et déjà, les drêches apparaissent plus intéressantes pour les bovins que pour les porcs. Mais la pulpe de betterave, le tourteau de colza peuvent entrer dans les formulations porcs. Les formulations sont à affiner en fonction des résultats d'essais et de la qualité de ces nouvelles matières premières. Un challenge pour les fabricants d'aliments.
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